Interview Entretien avec Rob Caggiano (Volbeat)

17 Juillet 2013
Entretien avec Rob Caggiano (Volbeat)

J’attendais depuis très longtemps de pouvoir m’entretenir avec un membre de Volbeat, je dois bien l’avouer, je suis un véritable fan de la musique du groupe et ce depuis 2009. Quand j’ai appris l’arrivée de Rob Caggiano au sein du groupe après son départ d’Anthrax, mon sang n’a fait qu’un tour. Il faut dire ce qui est, Rob est un sacré guitariste, qui ne semble pas avoir de limites et qui donnera toujours deux-cents pour cent de ses capacités afin de faire briller le groupe dans lequel il joue en lieu et place de se faire briller lui-même. C’est ce qu’on appelle le respect je crois, ouais, je crois que Rob fait partie de ces musiciens que je respecte vraiment et qui respectent leurs fans que ce soit sur scène ou sur albums, alors vous comprendrez aisément que quand cette interview a été confirmée, j’ai littéralement pété un câble et essayé de faire en sorte que Rob passe un bon moment, ce qui je dois l’avouer a probablement été réussi. Un petit problème de son durant l’interview causera deux, trois petits soucis techniques, mais rien de bien grave et n’altérant en rien le rendu général de cette entrevue. Chaussez vos plus beaux yeux, mesdames et messieurs, je vous offre Rob Caggiano.

Rob Caggiano voit toujours plus loin ! 

Comment se passe votre tournée ? Je vous ai vus foutre le feu au Hellfest en tant que tête d’affiche, comment as-tu vécu ce moment ?

Rob Caggiano : Salut mec, content de m’entretenir avec toi ! Ecoute, la tournée se passe tout simplement très bien, je ne saurais pas te dire autre chose, tous les concerts que nous avons donnés se sont avérés, j’ose l’espérer, réussis. Le public semblait répondre favorablement à notre musique et c’est le plus important. Concernant le Hellfest, c’était vraiment très bien, incroyable même ! J’aime l’esprit de ce festival, l’ambiance qui s’en dégage et surtout, j’aime le fait de constater qu’à chaque fois que je viens, ça devait être la quatrième ou cinquième fois cette année, il y a toujours plusieurs groupes que je veux voir ! Je n’ai jamais vraiment le temps de m’ennuyer quand je suis là-bas. Etre tête d’affiche rajoute encore plus de sensations, c’était un super concert et un sacré moment. Comme je te le disais, ça devait être la quatrième ou cinquième fois que je venais.

Et c’est toujours une super expérience.

Exactement !

Je te propose qu’on retrace un peu tous les évènements survenus dans ta carrière ces derniers temps. Comme tout le monde le sait, tu as quitté Anthrax car tu ne t’y sentais pas assez libre en tant que musicien. Mais même en sachant ce que tu voulais à ce moment précis, je suppose que ça n’a pas été facile pour toi de quitter ces mecs ?

En effet (il marque une pause). C’était un moment riche en émotions, vraiment. Une décision difficile certes, mais il y avait des choses que j’avais besoin de faire et que je ne pouvais pas faire. Et même si Anthrax était à ce moment-là et reste aujourd’hui ma seconde famille, il fallait que je le fasse. Il n’y a aucun froid entre nous, c’est le principal. Je sais qu’ils comprennent ma décision, qu’ils comprennent pourquoi ça s’est passé comme ça. Ce qui est fait est fait, les choses se sont passées ainsi pour une raison et je suis très heureux aujourd’hui.

Après ce départ, si je ne dis pas de bêtises, tu as dit vouloir te concentrer plus sur le travail de producteur. C’était bien entendu avant de rejoindre Volbeat, penses-tu quand même que tu seras en mesure de pouvoir te concentrer un peu sur la production malgré le fait d’avoir rejoint le groupe ?

J’aimerais bien, mais malheureusement ça risque d’être compliqué sachant que nous sommes déjà en tournée, que le planning prévu est chargé comme pas possible, donc je crois que je n’aurais vraiment pas le temps. J’ai joué un peu de guitare avec le groupe country Angel Mary And The Tennessee Werewolves récemment, mais c’est la seule chose que j’ai eu le temps de faire en dehors de Volbeat depuis que j'ai pris part à l'aventure. Nous tournons trop (rires).

Quand as-tu entendu parler de Volbeat pour la première fois et quelles sont les principales qualités que tu leur trouvais lorsque tu n’étais encore qu’un « fan » ?

J’ai dû les rencontrer en 2010, j’étais avec The Damned Things qui est mon autre groupe (ndlr : dans lequel joue Scott Ian d’Anthrax pour ne citer que lui) et Volbeat nous invita sur leur tournée. Dès que j’ai entendu leur musique, je dois avouer avoir accroché tout de suite. Pour moi, leur force s’est toujours située dans le fait que leur son est rempli d’influences classiques qui mixées à la musique de Volbeat offrent un résultat puissant et unique. Même si le tout est inspiré, on arrive à garder à l’esprit que ça reste du Rock N’ Roll à la fun et c’est ce que j’aimais déjà chez eux à l’époque.

Ils ont fini par te contacter pour produire Outlaw Gentlemen And Shady Ladies, leur dernier album. Puis, Volbeat était de retour à quatre membres dès la sortie du studio. Comment s’est déroulé le début de votre collaboration ?

De manière très simple et naturelle, sûrement grâce au fait qu’on se connaissait avant. L’album s’est terminé assez rapidement, nous avons vraiment eu une dynamique d’équipe parfaite et saine, ce qui a permis de réaliser les choses bien, mais aussi de les réaliser rapidement. C’était déjà un excellent point. Je suis très fier de cet album et de la façon dont nous avons travaillé autour.

Tu as été amené à collaborer avec Jacob Hansen, l’investigateur du son Volbeat depuis leurs débuts en quelques sortes, puisqu’il les produit depuis le début !

Tout s’est très bien passé avec lui également, c’est un type super. Certes, il a sa façon de faire et j’ai ma façon de faire, mais ça marchait parfaitement entre nous. Un de mes potes ingénieur du son est venu de New-York avec moi à ma demande également. Il sait comment travailler avec moi, mais nous avons vraiment tous réussis à nous inclure dans une certaine dynamique qui faisait qu’on se respectait, qu’on respectait la manière qu’avait l’autre pour travailler, le résultat de tout ça : un travail rapide et bien léché. Aucun stress, seulement du bonheur.

Michael t’a aussi offert le droit d’ajouter tes idées sur des blancs qui pouvaient subsister sur certaines chansons, t’offrant ainsi l’occasion de poster ta patte. Quelles idées as-tu eu et lesquelles ont finies sur l’album ?

Pour te remettre dans le contexte, dès que je suis arrivé à Copenhague, Michael et moi nous sommes assis et il m’a présenté les morceaux, les nouvelles idées etc… La plupart des chansons étaient déjà presque terminées, mais Michael m’a demandé mon avis et mes idées pour combler certains blancs : « Qu’est-ce que tu mettrais dans cette section ? Qu’est-ce que tu rajouterais pour allonger ce solo ? » Tu vois le truc ?

Oui ! C’est quand même bluffant qu’il t’ait fait confiance à ce point et si rapidement.

Il y avait une certaine alchimie qui se formait déjà entre le groupe et moi, ce qui a surement mené les mecs à me demander de les rejoindre. Ce sont ses premières sessions qui ont tout déterminé probablement, car déjà, il y avait quelque chose.

Désolé d’insister (rires), mais je reste impressionné par le fait qu’il t’ait fait confiance si rapidement. Tu n’étais pas encore la seconde guitare du groupe à ce moment-là, mais il te demandait déjà ton avis, te laissait exprimer tes idées, comme si tu étais déjà un membre de Volbeat. Comment tu expliques ça ?

Je crois que j’avais un background assez conséquent par rapport aux choses que j’ai pu réaliser dans le passé. Ça l’a peut-être mis en confiance, je ne sais pas. Il faut dire qu’ils étaient fans de la manière dont sonnait l’album Worship Music (ndlr : dernier album d’Anthrax, sorti en Octobre 2009) et je suis vraiment fier de cet album également, c’est une véritable tuerie. Le groupe m’avait fait partager son enthousiasme à l’époque et déjà, nous parlions de travailler ensemble, que je vienne produire un de leurs albums. Je ne pensais pas que ça arriverait un jour pour être sincère, j’avais déjà un planning de fou à l’époque (rires). Mais après l’aventure Anthrax, je pouvais faire ce que je voulais, et je suis arrivé pour les produire. Comme je te le disais, je pense que mon expérience en tant que producteur a été le déclencheur quant à leur demande de m’avoir en studio avec eux pour produire, il y avait déjà une grosse confiance établie.

Qu’as-tu eu en tête au moment où ils ont décidé de se jeter à l’eau et de te demander officiellement ta main pour tenir la seconde guitare ?

J’étais surpris, car même après cette collaboration parfaite dans le studio, où j’ai même pu amener mes propres idées comme tu le disais, je n’ai pas pensé, ni même envisagé une seule fois qu’ils pourraient me demander de devenir partie intégrante du groupe. Je leur ai dit que c’était cool je crois (rires).

Le mec blasé (rires).

Voilà (rires) ! Non plus sérieusement, je leur ai demandé du temps pour y réfléchir, mais bon, ça ne m’a pas pris longtemps pour réaliser que c’était une sacrée proposition, à force d’en parler avec mes proches etc... C’était énorme tout simplement. J’adore ces mecs, leur musique, c’est plein de créativité,  comment dire non ?

En effet. Je me trompe peut-être mais, nous parlions du manque de liberté créatrice que tu ressentais au sein d’Anthrax. Le fait que Michael t’ait laissé poser quelques idées sur l’album a également du te convaincre d’accepter la proposition ? Car je suppose que ça va être différent et qu’à l’avenir, tes idées seront prises en compte pour un probable futur album.

Totalement ! Et je crois que la proposition a dû être formulée deux semaines après mon arrivée au studio. Ce qui est intéressant c’est que ça a tout chamboulé, à commencer par mes projets. J’envisageais la suite en tant que producteur et tout d’un coup je me retrouve membre d’un nouveau groupe. Ça m’a ouvert une porte vers de nouvelles choses, de nouveaux challenges. Puis, avec l’arrivée du nouvel album, nous nous sommes vraiment présentés comme un groupe, j’étais crédité sur le site-web officiel etc…

On sait que King Diamond intervient sur le titre Room 24, peux-tu nous en dire plus sur cette collaboration ?

Alors déjà, tu vas être déçu, il n’est pas venu au studio, il a enregistré ses parties chant de chez lui. Mais ça s’est super bien passé, nous sommes tous de grands fans de King Diamond comme tu le dois t’en douter, c’est une grosse influence. Je dois avouer être encore honoré d’avoir pu travailler sur un morceau sur lequel il chante, c’est une étrange sensation. Cette façon qu’il a de chanter, il apporte vraiment quelque chose à la chanson, un univers. C’est impressionnant tout simplement.

As-tu changé certaines choses à ta façon d’interagir sur scène avec la foule lors de tes premiers shows ? Est-ce une expérience complètement différente de tes autres collaborations ? Ou ça reste assez similaire ?

Ça reste assez similaire pour être honnête, je dois avouer être plutôt multi-fonctions quant à mon jeu de guitare. Je peux m’adapter à tout, donc déjà de ce point de vue, je n’ai pas vraiment eu à faire un travail sur moi-même pour apprendre leurs morceaux, j’entends par là que je n’ai pas eu à développer de nouvelles manières de jouer. C’est d’ailleurs un autre aspect que j’apprécie quant à mon arrivée au sein de Volbeat, je peux montrer une autre facette de mon jeu aux fans qui me connaissent depuis longtemps, ainsi que d’autres choses que je ne pouvais pas exprimer au sein d’Anthrax ! Mais déjà au sein de The Damned Things, je savais me faire surprenant (on imagine un sourire), c’est une suite logique en quelques sortes ! Je fais ce que je fais et ça marche avec Volbeat.

D’ailleurs, une question me trotte dans la tête : Qu’est-ce qu’on ressent quand on se retrouve sur scène à jouer des morceaux qu’on avait plus l’habitude d’appréhender en tant qu’auditeur il y a encore un an de ça ?

(rires) Je ne sais pas, tu fais bien de demander ! C’était étrange avec Anthrax au début, ça je m’en souviens. Quand j’ai commencé avec eux, ce n’est pas un secret je pense, c’était déjà un groupe que j’adorais et dont j’avais déjà l’habitude de jouer les morceaux pour mon plaisir, et ce, depuis très longtemps. J’étais déjà un peu habitué à ce sentiment donc, puis comme je te l’ai dit, je connaissais déjà assez bien la musique de Volbeat depuis 2010. J’aimais déjà entendre, alors jouer leur musique avec la passion que j’avais déjà quand je l’entendais, c’est vraiment super, car d’un côté je transmets aux fans quelque chose que j’avais déjà l’habitude de ressentir.

Est-ce que tu ne vois pas certaines chansons de leur répertoire différemment depuis que tu les joues ?

Pas vraiment, en fait, je les aime encore plus (rires) ! Jouer les chansons de Volbeat, c’est rendre honneur à quelque chose que je trouvais déjà top avant de faire en sorte que ce soit mon rôle d'être assez bon pour que les gens puissent être capables de penser ça à leur tour.

Volbeat a invité Barney de Napalm Death sur scène pour jouer la chanson Evelyn qui était présente sur le précédent album (Beyond Hell / Above Heaven) et qui avait vu le groupe collaborer avec lui. C’était la première fois que tu jouais cette chanson en live avec eux ? Et donc avec Barney ?

Ouais mec ! C’était la première fois de ma vie que je jouais cette chanson ! C’était au Hellfest comme tu l’as dit. On n’avait pas le choix de toute manière, ça ne pouvait arriver que si Napalm Death était présent sur l’affiche en même temps que nous et si Barney était disponible pour venir chanter. C’était la première fois pour moi et c’était énorme, ce mec, Barney, est incroyable !

Que peut-t-on attendre de la tournée en salles qui débutera cet Automne en Europe avant d’aller un peu partout ?

Le plan est d’être aussi énormes que possible, comme d’habitude ! On est en pleine promotion du nouvel album et on veut pouvoir le défendre aussi ardemment qu’il sera possible de le faire. Ce qui est marrant, c’est que Volbeat va aller jouer dans des endroits où il n’est jamais allé, ils sont tous excités par cette perspective et je les comprends, mais moi j’y suis déjà allé (rires). Je pense que par rapport à ça, la réponse des autres pourrait être différente si tu leur demandais. Il faut dire qu’avec The Damned Things et Anthrax, j’ai déjà pas mal bourlingué, que ce soit en Australie ou au Japon et je suis super excité quant à la perspective d’y retourner.

La plupart des fans sont ravis que tu ais rejoins le groupe en tant que seconde guitare. Les critiques faites à l’encontre du dernier album sont bonnes. Il semblerait que tout soit parfait dans la vie de Rob Caggiano non ?

(Eclats de rires) Ouais ! Je suis vraiment tout près de la perfection à ce niveau-là ! J’adore ça !

Tout près seulement ? Il manque quoi (rires) ?

Oh, rien du tout, j’aime me plaindre (rires). Mais d’un côté, tout ne peut pas être parfait en général, même si au fond ça l’est. Regarde, là nous sommes en tournée, avec un planning chargé et je t’avouerais que nos familles commencent vraiment à beaucoup nous manquer. Mais c’est le jeu comme tu dois t’en douter. Je me permets de rebondir sur ce que tu décris comme « la vie parfaite de Rob Caggiano » (rires), tu sais, quand je regarde en arrière, quand je repense aux choix que j’ai fait, je suis vraiment excité par tout ce que j’ai pu entreprendre, je n’ai pas de regrets et je crois que c’est bien ça le plus important.

Parlant de tes projets, de tes choix, The Damned Things est en pause en ce moment, peut-t-on attendre quelque chose dans le futur ?

Hmmm, je pense que quelque chose finira par arriver oui ! Le problème est évident, The Damned Things est une association de mecs qui ont un autre groupe à côté, donc il faut vraiment trouver la période parfaite pour pouvoir nous réunir et faire quelque chose. Actuellement, c’est compliqué vu que je tourne avec Volbeat, qu’on va probablement être sur la route encore longtemps, qu’il faut qu’on mette l’album encore plus en avant qu’il ne l’est déjà. Après, il faudra voir ce qui se passe du côté d’Anthrax, voir si Scott sera disponible, tout comme les autres membres du groupe. C’est compliqué. The Damned Things fait partie de cette catégorie de choses que tu démarres pour t’éclater, tu fais un album pour t’éclater, tu tournes pour t’éclater, et après tu reviens aux « choses sérieuses ». Je pense que ça redémarrera quand on n’aura pas grand-chose à faire, ce qui peut arriver vite ou non, et surtout quand on en aura envie ! 

J’aime bien finir les entrevues en laissant mon interlocuteur dire ce qu’il veut, à propos de ce qu’il veut, souvent des choses dont nous n’avons pas parlé durant l’entretien justement. Bref, tu es libre, dis ce que tu veux, quelque chose qui te tient à cœur.

Et bien, on a tout dit je crois (rires) ! Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter (il marque une courte pause). Tu auras qu’à dire aux gens de suivre mon actualité, toutes mes mises à jour, sur Twitter et Instagram, j’adore ces trucs, je suis tout le temps dessus !


Déja disponible !

Volbeat sera en tournée en France en Octobre: 

Samedi 12 octobre - Strasbourg / Zénith

Lundi 14 octobre - Lille / Aéronef

Vendredi  25 octobre - Paris / Bataclan

2255 vuesPar Jimmy Jetsam

Articles

Volbeat

Volbeat

Volbeat est un groupe de metal danois formé en 2001 à Copenhague et connu dans un premier temps sous le...

+ d'infos

Derniers articles

Live-Report » Volbeat + Iced Earth, Paris,...
Interview » Entretien avec Rob Caggiano...