Live-Report The Darkness + Ginger Wildheart @ Paris, Bataclan, 09/03/2013

14 Mars 2013
The Darkness + Ginger Wildheart @ Paris, Bataclan, 09/03/2013

Tout bon fan de Rock N’ Roll savait où se rendre le 09 Mars. Dans un Bataclan accueillant ni plus ni moins que The Darkness, le fameux combo à l’origine des deux chefs-d’œuvre que sont Permission To Land et One Way Ticket To Hell, premiers opus studio du combo avant la sortie d’un Hot Cakes, plus commun et plus pop (n’en déplaise à Justin Hawkins). C’est justement pour défendre cette dernière galette que les Anglais investissent un Bataclan à la fosse bien remplie, après un passage au Sonisphère Français en 2012. Au programme, pas mal de titres du premier album, encore assumé aujourd’hui à l’inverse de son successeur qui ne verra que son titre éponyme être interprété, laissant la place aux titres d’Hot Cakes, qui ne se contentant pas d’être communs sur galette, viendront à mon goût apporter matière à discuter quant à la performance des frères Hawkins et de leurs compagnons de jeux ce soir.

Mais, n’allons pas trop vite en besogne je vous prie ! La soirée s’ouvre tout d’abord avec les personnes les plus joyeuses ce soir, Ginger Wildheart. Je crois que je n’ai que rarement vu un groupe aussi positif sur scène. Cependant, il y a être positif et être positif à en devenir lourd, mais vraiment lourd. Des riffs hard-rock, une grosse influence pop dans les chansons, une chanteuse blonde qui ne sert pas à grand-chose si ce n’est mettre en valeur le chant du guitariste grâce à l’apport du sien. Vas y que je me tortille dans tous les sens avec un gros sourire bien forcé en poussant bien ma voix pour être sûre que les gens m’entendent, me voient et sachent que je suis là. Ce n’est qu’un détail je vous l’accorde, donc rentrons dans le vif : c’est quoi ce truc sérieusement ? Le groupe nous sert un festival de riffs intéressants gâchés par une rythmique qui tente tant bien que mal d’avoir du sens bien qu’évoluant dans un style un peu différent. On se retrouve donc avec un hard-rock enjoué (trop, mais je l’ai déjà dit) qui d’un coup subit une césure brutale pour arriver à un chanteur qui hurle limite comme un chanteur de death sur un riff qui n’a plus rien à voir avec le début de la chanson, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres ! Je m’explique un peu plus, plusieurs fois durant cette prestation, je me suis retrouvé à sourire sur le début des morceaux, qui pour la plupart étaient très sympas ! Très vite pourtant, je me retrouve à tirer la gueule car on part vers quelque chose de totalement différent et qui ne plaît pas forcément à ceux qui allaient apprécier comment pouvait être amené le morceau au début. Ce style peut plaire, mais très sérieusement, à vouloir créer une musique riche, ne faut-il pas savoir garder une certaine cohérence ? Je veux bien qu’on fasse plein de choses, mais le tout me paraît plus brouillon qu’autre chose et ne me transporte pas, l’attitude sur-exagérée n’aidant pas. Un groupe de gourmands, pour les gourmands, personnellement, manger du chocolat avec des endives très peu pour moi, j’aime les mélanges qui ont du sens, ce qui ne semble pas être le cas ici. Néanmoins, cette musique est passe-partout, je vous conseille donc d’y jeter une oreille afin de vous faire un avis.

 

Il est l’heure pour The Darkness d’investir la scène juste après que la sono ait fait retentir The Boys Are Back In Town de Thin Lizzy. Le groupe arrive sur scène au son d’une autre chanson que je ne connais pas (si l’un de vous peut me donner le titre, n’hésitez pas à me contacter), se pose devant la scène, les quatre membres se prennent la main et regardent vers « le ciel » durant un long moment (une ouverture de show très gonflée, classe, quelque peu prétentieuse peut-être ?) avant de se lancer dans l’interprétation d’Every Inch Of You, premier titre du dernier album. Le public semble ravit de ce choix et hurle avec Justin Hawkins le fameux « suck my cock » mettant fin à l’introduction du morceau. Le son n’est malheureusement pas terrible et Justin semble avoir du mal à se lancer ce soir, tant sa voix que ce soit en passages clairs ou sur-aigus s’avère presque fausse. L’hymne qu’est Black Shuck débarque, mettant l’audience dans un état de folie furieuse relativement appréciable, malgré le son et l’interprétation approximative du chanteur. Dan Hawkins (frère de Justin, guitariste) semble avoir du mal également puisque quelques minis pains viennent se glisser dans son solo (et ce ne sera pas la dernière fois ce soir, loin de la !) Growing On Me, autre brûlot provenant tout droit de l’album Permission To Land fait son boulot, malgré les défauts cités plus hauts. Ce sera la même chose pendant plus de la moitié du show, ce qui est bien regrettable tant l’énergie déployée est appréciable, d’ailleurs, le public ne s’y trompe pas et s’éclate vraiment durant l’intégralité du concert. Je déplore tout de même la présence de morceaux comme She’s Just A Girl Eddie ou Concrete, issus du troisième album et qui s’avèrent encore moins convaincants que leurs penchants studio. Ce qui est totalement l’inverse d’un Nothing Gonna Stop Us, aussi issu d’Hot Cakes, qui m’aura bien plus convaincu lors de ce concert par exemple. One Way Ticket, seul rescapé de l’album du même nom, sera l’un des temps forts de la soirée, au même titre qu’un Friday Night ou un Givin’ Up.

Malheureusement, trop de morceaux pâtiront du son et des difficultés de Justin et Dan lors de cette première moitié de concert, Get Your Hands Off My Woman en sera la principale victime. C’est à partir d’une sublime interprétation d’How Dare You Call This Love que le groupe réussit pour moi à enfin émerger et livrer une excellente prestation. Stuck In A Rut sera jouée juste avant le hit interplanétaire qu’est I Believe In A Thing Called Love, ce qui est je pense une erreur tant ce titre est une invitation à s’endormir, un Makin’ Out aurait eu plus d’impact, Stuck In A Rut étant sûrement à mes yeux le titre le plus faible de Permission To Land. Néanmoins, cela ne refroidit pas l’audience qui s’époumone sur une interprétation sans faille et puissante d’I Believe In A Thing Called Love, un sacré moment !

Le groupe sort de scène durant quelques minutes et revient au son du single The Best Of Me, excellente interprétation malgré un choix peu judicieux tant ce morceau, à l’instar de Stuck In A Rut, à des airs de somnifère. Ce n’est pas la reprise de Street Spirit (Radiohead), issue du troisième album qui arrivera à relever le niveau malheureusement. Il faudra attendre ce qui était censé être le dernier morceau, à savoir Love On The Rocks With No Ice apparemment. Justin nous gratifie d’un joli solo de guitare, aux relents de funk, ultra plaisant ! Le dernier titre déboule, grosse puissance, beaucoup d’improvisations de la part de tous, une audience comblée, tout semblait être sur la bonne voie pour finir en beauté. Pourtant, et c’est la toute la force de The Darkness, il y a des moments comme ça où le groupe arrive à surprendre son monde. Justin invite un jeune fan (Jacques le bien nommé) à jouer I Believe In A Thing Called Love avec eux (Jacques avait brandi une pancarte sur laquelle était inscrite cette demande durant tout le show), pour une seconde interprétation du feu de Dieu ! Le jeune homme ne démérite pas et offre une prestation remarquable malgré un stress évident je suppose ! Dan lui laisse l’honneur de jouer les soli, ce qu’il fera à merveille, arpentant la scène sous les encouragements d’un public définitivement de son côté ! Veinard va ! J’en connais un qui doit encore être sur son nuage. Une initiative à saluer ! Chapeau messieurs !

Alors oui, je souligne énormément de points négatifs, mais qu’on se mette d’accord les amis, je n’ai pas passé une si mauvaise soirée que ça, avec le recul. The Darkness est un groupe réellement généreux qui a su donner au-delà de la performance, chose que beaucoup de combos ne sont pas capables de faire. Les sauts de gymnaste de Justin, la classe naturelle de Dan, ces morceaux qu’on a envie d’hurler pendant des heures sous la douche. Et bien, mine de rien, on ne peut pas rester longtemps de marbre face à tout ça ! On regrettera cependant une set-list qui aurait pu être assurément plus intéressante, un son vraiment moyen et surtout, un batteur à la frappe très « Simon Wright » qui je trouve rend la musique du groupe moins pêchue qu’elle devrait l’être. Pour le reste, ce fut une excellente soirée, passée en compagnie de mecs généreux qui jouent de la musique généreuse. Vivement la prochaine, dans de meilleures conditions !

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