Chronique Le Révisionnisme a parfois du bon.

17 Décembre 2012
Le Révisionnisme a parfois du bon.

Le nouveau méfait des enfants terribles de la scène metal française. Si à la nouvelle qu'il s'agissait d'un album de covers, les ploucs y sont allés de leurs cris d'orfraie, hurlant à la perte de créativité, les gens distingués et de bon goût savaient. En effet, de Nina Hagen à Laibach, la reprise a toujours été un art certes périlleux mais toujours créatif, hormis chez les bouseux métaloïdes. Même les infâmes bobos de Nouvelle Vague arrivent à proposer quelque chose de nouveau, quoique tellement confit dans une branchitude parisienne que ça en devient insupportable.

Bref, revenons-en au disque. Enregistré comme ses prédécesseurs au Drudenhaus, la production est comme à l'accoutumée irréprochable. Au niveau du personnel, on retrouve les membres de la formation live de CNK depuis 2010 (Hreidmarr, Heinrich von B, Zoé von Herrschaft et Fabrizio Volponi) agrémentés de divers invités. Inutile d'écrire en capitales que Snowy Shaw (Therion, Notre Dame) se retrouve sur la plupart des chansons, la majorité des chroniques traitent déjà de cela comme s'il s'agissait d'un album de Snowy Shaw featuring The CNK. Bis repetita non placent, et c'est en outre faux. L'on retrouve aussi Swan (BlackRain) et Pills (Prime Sinister) en divers endroits.

Au niveau du choix des reprises, rien de surprenant : CNK fait dans l'inattendu. Si certains grands classiques du metal permettront au fan basique de ne pas se sentir trop perdu, le reste des morceaux oscille entre glam peroxydé, poésie pessimiste et romantisme habité. La sélection pourrait paraître foutraque, mais comme à son habitude, le quatuor privilégie le sens des chansons à l'étiquette qui leur est accolée.

Le ton est donnée par l'entame, un sympathique et entrainant medley des chansons les plus philopèdes de l'ami des enfants Gary Glitter. "Rock'n'Roll Part 1", et l'on entre dans la danse, dans un barnum d'une exquise décadence. "Do You Wanna Touch ?" scandent-ils. Pas sûr que mes parents soient d'accord. Enfin. Hors de question de faire une chronique morceau par morceau.

Tout ce qu'il y a à savoir est que le disque oscille entre hits dancefloor outrageusement groovy ("Sabotage" et "Too Fast For Love"), lentes et déprimantes réflexions sur la société et l'amour ("Everybody Knows", "Blood Is Thicker Than Snow (alternate)", "Where The Wild Roses Grow", sur laquelle Hreidmarr excelle en Kylie Minogue).
Les métalleux s'y retrouveront sur "Weißes Fleisch" et "You Could Be Mine"  toutes deux assez fidèles aux versions originales, mais ne manqueront pas de hurler sur le traitement infligé à "I Am The Black Wizards" assorti ici de chœurs kitchos résolument efficaces, et surtout à l'intouchable (pardon ?) "Seasons In The Abyss", considérablement alourdie et martiale, radicalement éloignée des guitares brouillonnes de Slayer (mais c'est aussi ce qui fait leur charme).
Les réactions ne se sont d'ailleurs pas fait attendre sur la toile, le terme "massacre" revenant régulièrement.
N'est-il possible de ne reprendre les grands classiques qu'à condition de les rejouer note à note ? Certainement pas, le procédé manque cruellement d'imagination. Les idoles sont faites pour être brûlées, et les admirateurs du veau d'or engloutis dans les entrailles de la terre.

On peut donc conclure que The CNK est ici globalement fidèle à sa réputation de provocateur. Libre à chacun d'adhérer ou non à la musique, mais la démarche est irréprochable dans son exécution.

2054 vuesPar Jo

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Groupe de "French military glamcore" fondé en 1996 par Rose Hreidmarr et Heinrich von B

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