Interview Entretien avec Cormac Neeson (The Answer) Video + Texte

13 Novembre 2013
Entretien avec Cormac Neeson (The Answer) Video + Texte

Nouveauté Louder: Dans le but de toujours améliorer votre visite sur LOUDER! Magazine, et surtout il faut bien l'avouer, pour nous permettre de vous offrir du contenu plus rapidement et sans aucune attente, nous vous proposerons désormais la plupart des interviews réalisées sur le site sous deux formes. La première forme prendra celle d'une vidéo, vous permettant de regarder notre entretien avec l'artiste, le tout sera proposé en anglais. Sachant que tout le monde n'est pas forcément à l'aise avec l'anglais, vous vous doutez bien que nous n'allons pas vous exclure, il ne manquerait plus que ça, surtout pour un site français ! L'interview sera aussi proposée en format texte, vous donnant ainsi l'occasion de lire l'entrevue traduite en français, tout en, pourquoi pas, suivant la vidéo d'un oeil si le coeur vous en dit ! En espérant que vous apprécierez cette initiative, nous vous souhaitons une excellente visite sur Louder !

The Answer

"Cormac Neeson speaks now !"

C'est à la fin Septembre que New Horizon, le nouvel album de The Answer, a fait son entrée dans les bacs. Au menu: du changement ! Il faut dire que le tout porte très bien son nom. Nous nous sommes entretenus avec Cormac, chanteur du groupe, afin de découvrir avec lui les quelques nouveaux horizons proposés par le groupe avec cette nouvelle sortie. Cormac nous expliquera peu avant le début de l'interview que la méthode de travail du groupe avait changé, c'est en effet assis autour d'une table que The Answer a pensé cet album, tranchant radicalement avec leur précédente méthode qui consistait tout simplement à taper un boeuf jusqu'à ce qu'un riff se distingue d'un autre. Bref, ce n'est qu'un changement parmi tant d'autres, mais je laisse Cormac vous expliquer tout ça. 

VIDEO

TEXTE

Que penses-tu avoir accompli avec Revival, votre precedent album ?

Je pense que c’était l’album que nous devions faire à ce moment-là. Il permet de se sentir bien, et propose une large palette d’influences.  Nous gardons d’excellents souvenirs de nos sessions d’enregistrements autour de Revival.  Ça a été un véritable petit succès pour nous, mais c’était il y a deux ans maintenant et je crois qu’après notre grosse tournée avec AC/DC, nous avions appris à avoir confiance en nous en tant que tête d’affiche, à avoir confiance en nos capacités et notre identité.

Revival était signé chez Spinefarm Records tandis que New Horizon sort chez Napalm Records. Que s’est-t-il passé avec Spinefarm ? Et êtes vous contents du travail fait par Napalm jusqu’ici ?

Je crois qu’il est important de garder certaines choses fraîches, de garder le momentum et d’aller dans la bonne direction. Tu peux très vite tomber sans être sûr de pouvoir te relever un jour. Nous sentions qu’après un an et demi, il était temps pour nous de faire de sérieux changements. D’amener un nouveau souffle au groupe, à l’album que nous étions en train de préparer. Nous avons tout changé, de la maison de disques, au management, ainsi qu'à notre approche en terme d’écriture. C’étaient des choix compliqués, mais ça devait être fait, car il y avait un peu de frustration de notre côté. D’ailleurs, toutes ces choses font partie intégrante du nouvel album. Il y a une certaine agressivité dans New Horizon, mêlée à une certaine intensité. Tout cela provient directement de ces changements dont je te parlais, et de ce challenge consistant à placer nos émotions dans notre musique.

Vous êtes de retour avec New Horizon, tu nous parlais de votre état d’esprit au moment de la composition et de l’enregistrement, mais peux-tu nous en dire plus ?

Il y en a eu beaucoup ! De l’excitation, de la frustration, de l’agressivité,  de la colère, un peu d’espoir, d’optimisme. Toute la palette d’émotions possible en fait ! Mais tu sais, tout ça a un sens, en tant qu’album, en tant que travail accompli. La raison qui fait que quelque chose marche est tout simplement lié au fait qu’il faut que ce soit « vrai ». Je chante les expériences de la vie, de vraies personnes. Et, c’est sûrement là, la plus grande force de New Horizon.

Choisir la chanson “Spectacular” pour premier single était plutôt surprenant de votre part, sachant qu’elle dévoile un côté définitivement pop auquel vous ne nous aviez pas habitués !

Cette chanson délivre une grande partie du message transposé sur l’album. Nous sommes toujours là, diffusant à notre niveau une certaine dose d’optimisme, et comme beaucoup, nous pensons que tout est possible. C’est sûrement l’une de nos compositions les plus "pop", mais c’est aussi la raison pour laquelle elle est devenue le single principal de l’album. Elle a un côté commercial évident, et dans la réalité, il n’y a pas de meilleurs moyens pour promouvoir un album, et de faire en sorte qu’une chanson soit diffusée à la radio. Mais en même temps, je ne pense pas qu’on s’éloigne tant que ça de ce qui nous caractérise ! Ça reste une chanson puissante, et nous la considérons comme importante pour l’album.

Peut-on dire qu’il était temps pour The Answer de montrer une nouvelle facette du groupe ?

Oui, je pense. Encore une fois, je crois que le tout reste très “nous”. Il présente des choses qui vont de notre premier album « Rise », à aujourd’hui.  Mais je crois que New Horizon est notre album le plus direct. Beaucoup de journalistes nous parlent d’influences de Rage Against The Machine et Soundgarden, et d’autres groupes des années 90. J’aime leur répondre que nos influences ne s’arrêtent pas à la fin des années 70. Je pense vraiment que la force de l’album réside également dans le fait qu’il capture et utilise le meilleur de nos influences. De nos débuts à aujourd’hui. Oui, tu entendras une influence de Rage Against The Machine ou Soundgarden sur l’album. Tu auras également toujours des gens qui nous compareront à Led Zeppelin ou Free. Mais j’aime penser que cet album est moins à propos de ces influences, et qu’il faut se dire en l’écoutant qu’on fait ce qu’on fait, et qu’on le fait bien.

Quelle chanson fut la première composée pour l’album ?

Je crois que c’était “Leave With Nothin’”. C’est une chanson née d’un jam dans notre salle de répétitions. On jammait, et puis ce riff est arrivé, suivi de cette ligne de basse à la Michael Jackson tout au long du couplet. Donc oui, c’est la première chanson née pour l’album, et c’est pour ça que je pense qu’elle est très importante. Dans ce genre de processus (ndlr : processus de composition), tu ne sais jamais à quoi « la prochaine chanson » va ressembler. Mais dès que tu as fini le premier titre, c’est banco, tu trouves ta ligne directrice et tu peux arriver à écrire deux à trois chansons par jour. En cela, « Leave With Nothin’ » était importante.

Peux t’on voir le titre Leave With Nothin comme un clin d’oeil à une vie durant laquelle on laisse tout derrière soit, on part sans rien avec l’idée de faire du Rock N’ Roll ?

Cette chanson permet de casser un peu une idée. Tu vois, si je parle de mon expérience personnelle dans le milieu musical. J’ai appris que tu devais y aller non pas pour l’argent, mais bel et bien, par passion, et par amour pour ce que tu fais. Tu dois être préparé à faire des sacrifices, y aller à 100%. Tu dois te dire que tu es là pour jouer de la musique tous les soirs et faire quelque chose que tu adores. C’est ça le plus important. Malheureusement, j’ai pu remarquer que ce n’était pas le cas de tout le monde…

Le son de l’album est puissant, clair et lourd, ça sent le Mike Fraser ça !

Mike avait déjà mixé une grosse partie d’Everyday Demons, notre second album. Nous sommes restés en contact avec lui. Il est venu nous voir jouer à Vancouver. Et, que ce soit de notre côté, ou de celui du producteur, Mike était notre premier choix pour mixer l’album. Durant la première session de mixage, il n’y a pas vraiment eu de stress. Pourtant, ton travail peut sonner différemment après le mixage, et ne pas te convenir. Mais dès que nous avons entendu la première chanson mixée, 24h après que Mike soit passé derrière, nous nous sommes dit : « Oui, c’est exactement ça. ». C’était l’homme de la situation ! Il n’en a pas trop fait quand on y pense, il a juste pris notre travail et s’est chargé de le faire briller. En y ajoutant de la clarté par exemple ! Il a vraiment fait un boulot fantastique.

Trois chansons bonus seront disponibles en plus de l’album, pourquoi avoir spécialement choisi ces dernières pour bonus ?

Ces chansons ont été enregistrées en studio au même moment que l’album. Notre intention a toujours été d’enregistrer douze titres, pour faire un album de dix chansons. Par le passé, nous avions enregistré dix-huit titres pour Revival. Après, tu ne fais que choisir le « meilleur » de ton travail. Il faut toujours trouver le bon équilibre de chansons à placer. Pour cet album, au final, nous avions treize chansons au lieu des douze prévues, puisque Speak Now est venue se greffer au dernier moment (ndlr : Speak Now est née lors d’un jam du groupe juste à la fin du processus de composition).  Ces trois chansons bonus, ont demandées tout autant d’efforts et sont tout aussi intenses que le reste de l’album, c’était donc difficiles de les laisser de côté. Donc, comme nous le faisons toujours, il était hors de question de les garder pour le futur. Car, un nouvel album est un autre chapitre, commencer un nouvel album, c’est se poser devant une page blanche. Donc, ces trois chansons sont devenues les bonus-tracks, et j’espère que les fans les apprécieront.

Peux-tu nous dire quelques mots à propos du travail de Storm Thorgerson autour de la pochette de New Horizon ? Et bien sûr, nous parler de l’homme, décédé il y a quelques mois…

C’était un privilège pour nous que Storm ait accepté le projet. Surtout lorsque l’on sait qu’il était très malade à ce moment-là. Jusqu’à la fin, il est resté concentré sur son art et continuait à aller de l’avant. Il pratiquait ce don que Dieu lui avait donné. Nous n’avions pas encore reçue la pochette terminée quand nous avons appris qu’il venait de mourir. C’était un véritable choc. Mais son équipe a senti qu’ils devaient finir ce qu’ils avaient commencés. Et s’il peut nous voir de là-haut, je pense qu’il est vraiment content de sa dernière contribution à la culture populaire. Il a été un élément essentiel de cette dernière depuis 35 ans. Et son travail a été exemplaire pour de nombreux, iconiques et brillants albums. Donc pour nous, qu’il ait accepté notre demande, était un vrai privilège. Tu sais, il n’y avait pas juste cette pochette, il nous avait envoyé plusieurs schémas avant, tous différents. Nous devions décider quel « prototype » serait la pochette. Tous les membres du groupe, ainsi que deux personnes du management, ont passés la nuit à essayer de se décider, et le lendemain chacun est revenu avec sa préférée, elle était différente pour tout le monde. Il faut dire que ces dix idées étaient vraiment excellentes. Mais nous devions choisir. Puis, la cage à oiseau s’est imposée, elle représentait vraiment ce dont parle l’album. C’est une façon brillante de présenter notre musique à un fan. Si j’étais à la place du fan, je m’attarderais vraiment dessus.

Si tu devais choisir trois mots pour decrire cet album, lesquels choisirais-tu ?

INTENSE.
GROOVY.
PUR.

Peux-tu nous donner ton avis sur le fait de voir de jeunes groupes émerger et avoir du succès en pratiquant un style proche des influences des années 70. Comme vous par exemple, ou encore Rival Sons et Orchid.

C’est de là qu’on vient tous en quelque sorte. Mais quand j’étais gamin, j’aimais aussi écouter Rage Against The Machine, Smashing Pumpkins, Soundgarden. Et je me disais constamment que ces groupes n’étaient pas apparus par magie. Il y avait déjà ces influences de leur côté. Je me souviens d’interviews durant lesquelles Chris Cornell mentionnait Jimmy Page et Robert Plant comme des influences majeures pour lui. Il y avait aussi Tom Morello, qui parlait souvent de Paul Kossoff. Rien ne s’est arrêté aux seventies, tu peux même retourner plus loin en arrière, vers des groupes de soul ou de blues. Et je pense que pour nous, je parle pour les autres mais, nous apprécions ces guitares, ces sons, qui délivrent une certaine passion. Une certaine émotion. Nous ne nous arrêtons pas en 1978 comme je te disais.

Penses-tu que toi et le groupe irez encore plus loin à l’avenir dans l’expérimentation de nouvelles sonorités ?

Bien sûr ! Nous n’avons jamais vraiment fait deux fois le même album. Même si c’est une accusation qu’on nous a souvent fait. Mais ce n’est pas pour rien que nous changeons de producteur à chaque fois. Nous aimons être tirés en dehors de notre zone de confort.  Je crois que c’est là que nous sommes vraiment en mesure de nous surpasser, où nous pouvons nous donner ce challenge d’innover, et de faire en sorte que l’album qui en naîtra sera différent. Notre cinquième album sera différent. Mais pour le moment, je n’ai pas encore d’idée précise quant à ce que ce sera comme tu peux t’en douter. Je peux simplement promettre, qu’il y aura un vent de fraîcheur qui en sortira. Et qu’il sera bien évidemment différent de New Horizon.

BONUS: Cormac exprime son ressenti en musique, armé de son harmonica.

Tu te rappelles des trois mots que tu as utilisé pour décrire l'album (ndlr: intense, groovy, pur) ? J'aimerais beaucoup que tu essaies de jouer une mélodie à l'harmonica par rapport à ce qu'ils t'inspirent. 

New Horizon, d'ores et déjà disponible ! 

The Answer sera en concert à Paris (Trabendo) le 29 Novembre !

 

769 vuesPar Jimmy Jetsam

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The Answer est un groupe de hard rock et de blues rock en provenance de Newcastle et Downpatrick en Irlande du Nord....

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