Live-Report Sonisphère France - 8 et 9 Juin 2013

13 Juin 2013
Sonisphère France - 8 et 9 Juin 2013

Après une édition 2011 de folie marquée par la venue de mastodontes tels que Slipknot, Metallica, Megadeth, Slayer ou encore Airbourne, nous étions en droit d’attendre quelque chose de similaire pour l’affiche qui allait poser ses pattes à Amnéville en 2012. Malheureusement, les choses ne s’étaient pas passées comme prévues. Entre une affiche décevante en dehors de quelques poids-lourds tels que Faith No More, The Darkness ou encore Soulfly et des annulations à tout-va avant et pendant le festival, il semblait évident que l’équipe du Sonisphere ne souhaitait qu’une chose pour 2013 : rectifier le tir. C’est dans cet optique qu’Iron Maiden, Limp Bizkit, Megadeth, Airbourne, Children Of Bodom, Motörhead ou encore Slayer ont été appelés afin de mettre à feu et à sang les terres d’Amnéville pour une nouvelle édition placée sous le signe de la rédemption.

Quid de l'accueil ? 

Comment redonner confiance aux festivaliers ? Tout cela n’est possible qu’à la condition de savoir rameuter les groupes qui feront venir les gens de partout en France et dans le monde. De ce point de vue, c’est relativement réussi avec la venue des poids-lourds cités plus hauts, exclusifs au Sonisphère et ayants le mérite d’avoir une fan-base établie, fidèle et conséquente. Qui dit fan-base conséquente, dit beaucoup de monde. Le camping a de ce fait été déplacé vers un espace plus grand et éloigné d’environ un ou deux kilomètres du festival, les séparant sous la forme d’un chemin passant à travers les bois et s’avérant relativement joli à partir du moment qu’on ne quitte pas le bois justement. Malheureusement, les allers retours peuvent s’avérer assez longs, mais aucune alternative ne semble être possible à moins de changer complètement le lieu du festival. Parlons-en d’ailleurs, à quoi ça ressemble le Sonisphère ? Et bien, c’est tout bête à vrai dire. Le sol, c’est du goudron, donc c’est dur et le mal de jambes vient à se manifester assez rapidement. Les deux scènes se font face, tandis que des buvettes et un market spécial Metal ornent les alentours du site. C’est sympathique et ça a le mérite d’être simple. Rejoindre les deux scènes est d’une facilité déconcertante, puisqu’il suffit de se retourner et de faire quelques pas pour voir la prestation des groupes. On regrettera cependant de ne pas avoir un sol plus doux pour nos petits pieds et nos petites fesses, rien de bien grave cependant.

 

La ronde des ménestrels aux instruments saturés – Day One

Le Sonisphère a tout joué sur l’affiche cette année et ils ont bien raison ! C’est avec un énorme plaisir qu’on se rend face à la Scène Apollo pour voir les petits français d’Headcharger ouvrir ce festival, avec timidité certes, mais surtout avec une énergie et une joie non dissimulées, forts de leur dernier et excellent album, Slow Motion Disease. Le son sans être excellent rempli sa part du boulot et nous sommes partis pour une demi-heure de bon son, de chant anglais avec accent français, une excellente ouverture servie par un excellent groupe qu’on espère voué au succès ! Il en va de même pour les français de Dagoba, chargés de prendre d’assaut la scène Saturn avec leur death-metal puissant et planant, fourni par de gros riffs et par la voix de Shawter. Le public ne s’y trompe pas malgré un début de set aux allures de pétard mouillé (seuls le chant et la batterie seront audibles pendant un petit moment) et offre toute sa présence à un Dagoba convaincant. Malgré un wall of death frileux, les français quittent la scène avec le sourire aux lèvres, comme des gosses contents de leur connerie, et ils peuvent l’être ! On ne pourra malheureusement pas en dire autant des Crucified Barbara, qui malgré de bonnes intentions, servent un show fade et sans beaucoup de saveur. On se surprend à headbanguer ici et là, mais c'est tout. On saluera tout de même l’énergie féline de ces quatre tigresses, mais passer directement à Karnivool semble être la meilleure idée possible, à ce moment-là en tout cas. Loin de moi l’envie de critiquer ces garçons, et leur projet musical sûrement plus complexe que tout le reste des groupes présents au Sonisphere cette année. Mais disons que le Stoner Progressif Atmosphérique qu’ils nous servent me laisse de glace, d’une part parce que ce style devrait se savourer en salle, avec peu de lumières, et non pas en plein jour, en extérieur et entouré de milliers de métalleux probablement venus pour des choses plus extrêmes (ndlr : qui a dit Slayer ?). J’aime l’éclectisme, aucun problème avec ça, mais il aurait peut-être été plus judicieux de réclamer les services d’une formation un peu plus violente et avec un peu plus de charisme. Car, on ne va pas se mentir, le chanteur de Karnivool, qui je le crois doit avoir un jeu de scène réglé pour ressembler à un truc méga torturé et détaché, est simplement ennuyeux à en mourir. Bref, où est Behemoth ? Ah ! Mais les voilà ! Grimés comme à leur habitude, évoluant sur la scène avec leur démarche monstrueuse, distribuant des gnions à coups de riffs tranchants et violents à en tomber au sol, la bave pendante au coin de la bouche. Bon sang, mais quel groupe ! Malgré un son discutable, on ne peut que saluer la performance, lourde à souhait, vous transportant dans ce monde de douleur qui semble ressasser les pires moments qu’on peut vivre dans une vie. Mention spéciale au batteur de remplacement qui, malgré une frappe très scolaire, assure le show et permet à ces douloureux sons de faire leur job. C’est un aspect de la musique jouée par Nergal et sa bande (charismatique à souhait) que j’ai toujours apprécié, car au final, lorsque la musique s’arrête, on se sent renaître à la vie, comme si on venait de prendre une leçon et cette sensation restera ultra-plaisante quoiqu’il arrive, malgré ces compositions transpirant la douleur musicalement. Tout l’inverse d’un Sabaton qui débarque sur scène, fou de joie comme à son habitude. Le groupe nous sert son power-metal de la manière la plus simple du monde, avec le sourire. C’est comme si vous veniez à croiser le Joker, ennemi juré de Batman, vous seriez comme un gosse, heureux, alors que ce dernier vous tabasserait en se marrant comme un damné. C’est un peu ça Sabaton, ça tape et on est content, eux aussi il faut dire. Le show passe rapidement, on ne s’ennuie pas une seconde et on ne rate pas une miette tant le son est correct (sans être parfait). Malheureusement, on ne pourra pas en dire autant du show de Bring Me The Horizon, qui malgré des efforts évidents de la part du groupe pour offrir un show carré et puissant, se perd dans une bouillie sonore imbuvable, à notre plus grand regret. Heureusement, la situation s’améliore au milieu du concert, sans que ce soit transcendant, nous permettant de reconnaître que ces petits gars ont fait de sacrés progrès scéniques, offrant un concert généreux, technique et carré. Mention spéciale au chanteur Oliver Sykes qui semble se bonifier d’années en années. A revoir au plus vite pour mieux juger de ces progrès aperçus !

Il est temps de passer aux choses sérieuses alors qu’Amon Amarth envahit la scène avec son drakkar, oui son drakkar. Qu’est-ce qu’il y’a ? Vous n’aimez pas les drakkars ? Chaque refrain est l’occasion rêvée pour le public de gueuler le plus fort possible, sans que le groupe ait forcément besoin de quémander l’apport de ce dernier. Les riffs puissants d’Amon Amarth font naître en nous une certaine nature super-héroïque qui se voudrait presque plaisante. Tout le monde lève le bras et secoue la tête jusqu’à presque s’en briser le cou. Nous aussi on veut faire un tour de drakkar avec le groupe bon sang, c’est limite si nous ne sommes pas jaloux de voir Hegg perché dessus ! Veinard va ! On sent vraiment qu’un assaut viking vient d’être lancé contre nous, et c’est ce qui compte. On se marre, on s’éclate et on apprécie le moment comme on apprécierait un bon verre de vin…lancé dans la tronche de son voisin ! Quelle belle mise en jambe avant l’entrée en scène des terribles Motörhead, menés par Lemmy Kilmister, j’ai vraiment besoin de faire les présentations ? Même si le bonhomme a l’air en meilleur état qu’il y a un an au Sonisphère d’Yverdon-Les-Bains, on ne peut s’empêcher de constater qu’il arbore une sale trogne, fatiguée, usée mais néanmoins souriante. Il ne faut pas oublier qu’il reste quand même le mec le plus classe du monde ! Quant au show, et bien, c’est du Motörhead pur jus, carré, droit dans ta gueule. Le groupe n’usurpe pas sa réputation et nous offre un véritable spectacle, mis en valeur par des morceaux comme Over The Top, Stay Clean, ou encore le rare Rock It, avant de finir sur les classiques que sont Ace Of Spades et Overkill. Simple, efficace, puissant, Motörhead. Toujours un honneur de côtoyer les légendes quand elles sont sur scène. Motörhead quitte la scène en laissant un larsen derrière eux, saluant une dernière fois la foule, et nous donnant rendez-vous à Paris en Novembre prochain ! Nous séchons malheureusement le concert d’InFlames pour aller nous ravitailler et ne garderons qu’une oreille sur le concert des gaillards qui il faut l’avouer, sonne foutrement bien. Nous retrouvons notre place pour un concert de Slayer attendu comme le messie, puisque Dave Lombardo fut remercié quelques semaines auparavant, nous étions impatients de voir de quelle manière Paul Bostaph allait assurer pour ce retour derrière les fûts de la bande à King et Araya. Nous sommes vites rassurés, car il faut le reconnaître, tandis que Motörhead a fait du Motörhead, et bien, Slayer a fait du Slayer, offrant au public ce qu’il attendait. Un chant agressif provenant tout droit d’une catacombe, des riffs de guitare acérés, donnant l’impression d’hurler de douleur lors des soli d’un Gary Holt remplissant le job comme il faut. Kerry King impose rien qu’en étant présent sur scène, grâce à une carrure hors du commun et à un jeu sauvage, réduisant vos tympans en une bonne vieille brandade. Un backdrop spécial se met en place fin de concert afin de rendre hommage à un Jeff Hanneman parti bien trop tôt, emportant probablement avec lui l’âme d’un Slayer qui même si il survit scéniquement aura surement du mal à être aussi intéressant en studio que par le passé. Une pointe de mélancolie ne nous quitte pas durant l’intégralité du concert qui voit des hymnes comme Mandatory Suicide, Raining Blood ou Angel Of Death être accueillis à bras ouverts. Un grand moment assurément. Malgré un groupe au visage fermé et un Paul Bostaph plus scolaire qu’un, hmmm, au hasard, Dave Lombardo, qui manque beaucoup pour apporter à Slayer cette petite touche qui le rend si irrésistible. Korn ne va pas tarder à investir la scène, attendu par un très grand nombre de fans, la raison ? Ce bon vieux Head est de retour, tenant la guitare, comme dans l’temps ! Le concert s’ouvre avec Blind, puissant, ravageant tout sur son passage, ce qui a pour effet de rendre les gens présents heureux et impatients de voir si la suite sera du même calibre que cette entrée en matière des plus plaisantes. Ce sera le cas. Le groupe enchaîne les hits, ayant derrière lui un très bon son, permettant de tataner plus que de raison. On remarque bien évidemment la forme vocale de Jonathan Davis qui n’était plus vraiment capable de proposer des performances intéressantes depuis trop longtemps et qui semble enfin avoir retrouvé cette petite flamme qui lui manquait. Le show est extra, offrant les classiques de Korn en pâture à un public prêt à se laisser bercer. Par contre, quand les influences dubstep montrent le bout de leur nez, c’est un festival entier qui tire une tronche de six pieds de long ! Pas étonnant. Le résultat n’est pas très intéressant, le groupe le sent bien et retourne rapidement à ses origines, le concert se termine sur le fameux « Freak On A Leash » qui met tout le monde d’accord une dernière fois. Malgré un détour des plus inintéressants, il faut être fou pour ne pas remarquer la sincérité de Korn sur scène, sachant pertinemment qui il est et comment faire plaisir à ce public, toujours là pour lui. Il faut tout de même souligner que le groupe sombrait de plus en plus depuis quelques années avant d’arriver à revenir tout doucement vers le chemin de la reconnaissance et du succès, chemin emprunté ce soir. En espérant que ça continue.

La soirée se poursuit et va se terminer avec la prestation d’un Limp Bizkit en grande forme et semblant être en mesure de surprendre l’audience déplacée ce soir. Le groupe se complaît dans cette attitude scénique bizarre dont il a le secret et déploie son arsenal de titres dont l’objectif est simple : faire jumper le public le plus possible. Les bras se lèvent, les petits corps se brassent, les gens crient : l’ambiance est tout simplement démente. La faute à des titres comme « Rollin’ » qui ont le mérite d’être des brûlots en puissance. On s’étonne de l’attitude d’un Fred Durst presque bipolaire, en effet, le mec semble être à fond dans son truc tandis qu’à certains moments il stoppe tout simplement son activité pour faire chanter La Marseillaise à un public bien ravi de donner de la voix. On ne comprend pas trop ce qui se passe, Limp Bizkit se laisse aller, ne propose pas un show forcément carré du point de vue de la communication et découvre comment les choses vont se dérouler tout au long du show, comme son public. Public qui d’ailleurs, même si il est plus que conquit aurait peut-être pu espérer un show un poil plus long et proposant plus de classiques. Rien de bien grave cependant, Limp Bizkit a assuré le spectacle, qu’on apprécie la musique du combo ou non. Le show se termine sur le Stayin’ Alive des Bee Gees, il est temps d’aller dormir, on ne va pas s’en plaindre !

La ronde des ménestrels aux instruments saturés – Day Two

Voilà que la deuxième journée du Sonisphère débute. L’impression de ne pas avoir dormi est présente alors qu’une bonne nuit de huit heures vient de s’écouler. Le programme de la journée se compose de groupes tels que Airbourne, Ghost, Children Of Bodom, Stone Sour, Mastodon, Megadeth ou encore les petits gars de Iron Maiden (lol). Mais commençons par le début et par la prestation des jeunes Voodoo Six, première partie d’Iron Maiden sur cette tournée européenne et surtout soutenus par Steve Harris en personne ! On peut comprendre l’enthousiasme du bassiste en voyant la prestation du groupe, simple, efficace, servant ce hard-rock de la manière la plus simple du monde. Malheureusement, un créneau d’une demi-heure ne suffit pas pour dévoiler toutes les cordes à son arc et le groupe quittera la scène n’ayant pu nous surprendre outre-mesure, malgré un concert très sympathique, à revoir au plus vite dans un show où ils seront en tête d’affiche ! Le prochain groupe à venir se nomme Hacktivist et je dois avouer ne pas les connaître. C’est donc avec un bon-sens hors du commun que je décide de feuilleter le programme pour voir à quoi m’attendre : « ovni », « mélange entre Meshuggah et Public Enemy », « show lorgnant plus vers le hip-hop que le Metal ». Et bien, c’est tout un programme ! Les promesses sont tenues, le son est carré, les instruments sont définitivement orientés vers le Metal, pour un son lourd, des riffs entêtants et donnant l’envie de jumper pour un chant plus hip-hop/rap. La recette est surprenante, et ne plaît vraisemblablement pas à tout le monde. Il faut dire que ce côté très musique de rue offre un aspect très (voir trop ?) « ça passe ou ça casse » au son d’Hacktivist. Néanmoins, le groupe arrive à toucher son public même si nous avons plutôt tendance à rester de marbre face au spectacle du groupe. La faute peut-être à une attitude très je m’en foutiste (peut-être trop encore ?) de la part du chanteur : « Vous nous aimez ? Tant mieux ! Vous nous aimez pas tant pis ! » C’est bien de se donner une image de dur qui assume, mais de là à le répéter plusieurs fois, ça passerait presque pour une agression chers amis ! Le fait est que le groupe aura su assurer un show intéressant, servi par un son assez clair, mais aurait clairement du jouer lors de la première journée, puisque plus proche d’un style Limp Bizkitien que d’Iron Maiden. Le tout est une histoire de goûts après ! Ghost suit rapidement et propose un show comme on peut l’attendre. Les mecs arrivent sur scène, grimés, en plein jour (ce qui va peut-être poser un problème pour arriver à s’insérer dans l’univers du combo), on se surprend à sourire de plaisir en voyant Papa Emeritus II investir la scène avec ses goules sans nom (Nameless Ghoul est le nom choisi par les musiciens, identité secrète mec !) pour un show très aérien, sachant quand il faut être un poil plus agressif, un poil plus pop, un poil plus lourd, ou parfois tout ça en même temps, l’influence des 70’s se fait également sentir. Ghost évolue véritablement dans un univers unique, dans lequel il faut se donner la peine d’accéder pour saisir tous les tenants et aboutissants de cette musique. Musicalement riche, doté d’une imagerie surprenante, pour un résultat envoutant, Ghost assure le spectacle malgré un son hasardeux. On salue cette ambiance presque solennelle/religieuse qu’ils arrivent à instaurer, on se laisse happer et on apprécie le spectacle comme il se doit. Je le répète cependant, Ghost n’a rien à faire sur scène en plein jour. Tout l’inverse d’un Mastodon qui confirme son statut de futur grand à chaque concert qu’il joue. Les ricains envahissent la scène et nous envoient leur sludge avec le sourire ! On en prend plein la tronche sans avoir rien demandé, les chansons défilent et les claques dans la tronche aussi ! Que ce soit les riffs acérés du combo ou bien la voix de Brent Hinds, tout est carré et joué fort, très fort. Le groupe met un point d’honneur à nous proposer un set carré, bourré de technique et aux aspects presque aériens sur la première partie du show. Très vite, le groupe se lâche plus et nous offre une fin de show des plus énergiques durant laquelle l’aspect aérien semble avoir complètement disparu au profit de riffs enflammés et autres joyeusetés. Le public ne s’y trompe bien évidemment pas et applaudit comme il se doit cette performance de Mastodon. De notre côté, bien qu’enjoués par ce show, nous ne pouvons pas nous empêcher de souligner à quel point nous avons eu l’impression de voir un groupe différent. En effet, Mastodon en festival semble être sur une dynamique très énergique et plus rentre-dedans qu’en salle, où le groupe se permet d’être plus personnel, de s’offrir plus à son public pour un résultat bien plus impliquant pour le spectateur. Cet aspect ne devrait pas être totalement écarté lorsque le combo foule les grosses scènes des festivals, car c’est peut-être la touche qui a manqué pour faire de ce concert, LE concert du festival. Nous passerons rapidement sur Dragonforce, qui a fait du Dragonforce. On aime ou on n’aime pas, ce n’est pas plus compliqué que ça. Gros riffs épiques, batterie qui va vite, chant lyrique, soli dignes d’une torture pour la plupart des guitaristes qui officient sur cette terre. Dragonforce vous emmène à l’aventure, à vous de voir si vous êtes prêt pour ce genre de choses. Dans tous les cas, le show est carré, technique, généreux, les mecs ont le sourire tout le long et font passer un agréable moment à l’audience venue les applaudir. Dragonforce est une valeur sûre et le prouve encore aujourd’hui.

Mené par Corey Taylor quand il n’est pas grimé sur scène avec ses potes de Slipknot, Stone Sour débarque sur scène, très attendu. Le show commence de façon bien énergique, avec un Corey doté d’une véritable présence scénique, qui sait tenir la scène et faire réagir le public comme il le veut. Appuyé par une excellente sonorisation, Stone Sour n’a de cesse de briller malgré un Taylor peu en forme vocalement mais qui donne tout (il le signalera d’ailleurs à l’audience présente), chaque riff résonne en nous comme un électrochoc et la batterie ne fait qu’enfoncer le clou (dans notre pauvre corps meurtri), techniquement impressionnante, martelant les fûts comme si sa vie en dépendait. La générosité de Stone Sour est à souligner, les mecs impliquent véritablement leurs fans dans le show, on sent qu’ils sont avant tout là pour faire plaisir à leurs supporters et à l’audience présente qui ne les connait pas forcément. La passion du groupe se ressent et cela fait plaisir à voir, tout l’inverse d’un Megadeth qui semble être rendu dans sa période prétentieuse et pourtant peu impliquée. Attention, le show était très sympa et, heureusement, au-dessus de ce que la bande à Mustaine avait pu offrir à ses fans durant le Hellfest 2012 (pas bien compliqué en même temps). Le problème avec Megadeth est assez drôle quand on y pense : soit le groupe est à la ramasse techniquement mais arrive à s’impliquer personnellement dans le show, soit le groupe ne s’implique pas personnellement dans le show mais arrive à offrir un concert à la technique impressionnante. C’était le premier cas au Hellfest et ce sera le second pour ce concert. Mustaine et ses copains nous offrent un show délicieux d’un point de vue musical, dans lequel on retrouve un peu de tout, un peu de toutes les périodes (on trouve même du Risk, c’est pour vous dire !). Fait important : les titres du nouvel album passent comme une lettre à la poste le cap du live, ce qui est une bonne nouvelle. Cependant, on sent Dave aussi heureux d’être là qu’un cinquantenaire au dépistage du cancer du côlon. Le gars tire une gueule d’enterrement tout le long du show ! Un peu d’enthousiasme que diable ! On a beau se laisser happer par des brûlots comme A Tout Le Monde, Symphony Of Destruction ou encore Hangar 18, c’est compliqué d’arriver à rentrer dans le concert justement à cause de cette propension à être froids de la part des membres du groupe. Dommage, car en dehors de ça, le concert s’avère être excellent et rassurant quant au délicat nouvel album de Megadeth, très difficile à appréhender lui aussi. Rien de tout ça ne se produit avec Children Of Bodom je vous rassure ! Le groupe gère une prestation servie par un excellent son et qui retrace une bonne partie de la discographie du combo. La puissance est là, l’Alexi Laiho aussi, vas-y que j’te sers des soli de la mort qui tuent tout sur ta planète. La performance est vraiment impressionnante et sincère, pour tout dire, on ne voudrait pas que ça s’arrête. Malheureusement, Iron Maiden ne saurait tarder et nous ne pouvons pas nous empêcher de remarquer que le public déserte petit à petit la fosse pour se retourner vers la scène où Dickinson et sa bande ne sauraient tarder à débarquer. Pourtant, le fait est que Bodom offre aux gens un show rapide, précis et incisif qui aurait dû mériter plus de considération. On headbangue à n’en pas finir et on rit aux phrases lancées par Laiho entre les morceaux, composées entre autres de « fuck, fuck, fuck, fuck, fuck it, fucking fuck. ». Un excellent concert servi par des musiciens de folie et généreux, à revoir très rapidement sur leur tournée française cet automne !

Le Doctor, Doctor d’UFO résonne dans l’enceinte du festival, signe qu’Iron Maiden est en approche. Le public devient purement et simplement fou, enfin aux premiers rangs en tout cas. Le groupe ouvre son set sur le fameux Moonchild et là, c’est le drame. Alors que le chant de Dickinson et la batterie de McBrain s’avèrent relativement claires, il semble que les trois guitares soient mêlées dans un même mix, pas une bouillie sonore mais presque. De plus, le son n’est pas très fort malheureusement, ce qui vient gâcher un peu le plaisir. Ce sera tout pour les points négatifs de ce show. La set-list est véritablement excellente, entre The Prisoner, Phantom Of The Opera et autres Afraid To Shoot Strangers, il y a tout ce qu’il faut pour faire plaisir aux fans. C’est un véritable bonheur trempé dans de la bonne vieille décibel, presque un honneur que d’avoir droit à de telles perles en live. Et que dire de ce Seventh Son Of A Seventh Son qui nous met des frissons rien qu’aux premières notes ? Maiden est d’humeur généreuse et arrive à nous emporter avec lui malgré ce son très distant qui tiendra le coup durant l’intégralité du concert. Les mecs bougent partout, investissent la scène comme des rois et mettent véritablement le feu à un Sonisphère pourtant fatigué mais donnant tout ce qu’il reste de son énergie sur des titres comme Run To The Hills, Aces High, The Trooper etc… Bruce blague avec un public définitivement acquis à sa cause : « Nous sommes six rosbifs face à vingt mille grenouilles ! Où est la guerre ? » et en français s’il-vous-plaît. Bref, je ne vais pas tourner autour du pot, Iron Maiden a simplement donné un show de folie, retraçant ce fameux Maiden England qui faisait baver tout le monde. Un moment unique, magique et achevant ce qu’il restait d’énergie chez les festivaliers. Quoi de mieux pour finir ces deux jours de concerts que de passer une petite heure avec Airbourne ? Rien du tout en effet ! Forts de leur dernier et excellent album, Black Dog Barking, ce sont des Australiens motivés comme jamais qui montent sur scène, prêts à en découdre avec un public assez massif devant eux. Le set s’ouvre sur le terrible Ready To Rock et ses chœurs de folie repris par une foule d’ores et déjà engagée avec le groupe, que rien ne semble pouvoir arrêter ! Le son est excellent, agressif et mettant en valeur la musique d’Airbourne de manière très efficace. Nous qui connaissions le groupe avec un son peu alléchant en concert, nous sommes surpris de constater qu’ils bénéficient du meilleur son qu’on ait entendu depuis le début du festival. Les têtes bougent, Joel O’ Keeffe maltraite sa guitare et sa voix, tire des tronches de fou furieux qui contribuent à augmenter l’intérêt de l’audience pour le groupe. Les titres s’enchaînent, comme le fameux Raise The Flag voyant Joel descendre dans la foule pour exécuter son solo en étant au plus proche de ses fans. C’est carré, puissant, c’est Airbourne. L’introduction de la branlée qu’est le titre Live It Up redonne un coup de fouet après un Black Dog Barking plus convenu. Un grand moment de Rock N’ Roll tout simplement. O’Keeffe en profite pour remercier la « Fwance », et nous offre, pour la première fois depuis le début de la tournée du groupe, l’hymne Stand Up For Rock N’ Roll pour clôturer ce Sonisphère de la plus belle des manières ! Et dire qu’il fallait véritablement attendre le dernier groupe pour assister au meilleur concert de ce festival, ils sont malins ces organisateurs.

Un très bon festival, alternant les concerts sympas et excellents, peu de mauvaises choses sont à relever. Je tiens tout de même à préciser que vous ne trouverez pas de photos de Limp Bizkit ou d'Iron Maiden dans ce report, tout simplement car nous n'étions pas autorisés à photographier leur prestation. Il ne faut pas oublier également que l'appréciation des concerts que vous venez de lire dépendait aussi de l'endroit où nous étions placés, je précise cela car il se pourrait que vous ayez pu entendre un groupe avec un son excellent à un moment ou il nous semblait mauvais, ainsi que l'inverse. Le Sonisphere vient en tout cas de proposer deux jours de folie et l'on espère que l'affiche proposée l'an prochain vaudra celle dont nous avons pu profiter ce week-end. Ah oui, j'allais oublier, un impératif m'a empêché de regarder le concert d'Epica, donc je propose que nous mettions une photo de la chanteuse, Simone, pour clôturer ce report de la plus belle des manières. 

Toutes les photos en grand format ici (d'autres à venir plus tard):

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