Dossier Shakra présente son nouvel album, notre analyse.

15 Février 2013
Shakra présente son nouvel album, notre analyse.

« Powerplay est notre neuvième album, c’est quand même pas mal. Je sais que nous ne sommes pas trop connus ici en France, nous n’avons pas joué à Paris depuis longtemps, la dernière fois c’était avec Stratovarius et Hammerfall à l’Elysee Montmartre. Par contre, dans notre pays d’origine, la Suisse, notre précédent album, Back On Track avait atteint la septième place dans les charts, ce qui est énorme. Nous aimerions tellement pouvoir nous faire connaître et réaliser de tels scores ailleurs, réussir à introduire d’autres personnes dans notre univers, dans notre musique. Nous nous sommes formés en 1994, après presque 20 ans sur la route, ce serait pas mal. »

C’est ainsi que commença mon entretien avec Thom Blunier et John Prakesh (nouveau chanteur, arrivé avec l’album Back On Track), membres du combo Suisse qui comme vous avez pu le comprendre, galère à se faire connaître en dehors de leur pays. Powerplay, leur dernier album, petite bombe sans prétention est parue il y a peu, proposant un hard-rock mélodique du plus bel effet, sachant comment gâter l’auditeur. Shakra n’a jamais vraiment évolué mais a su s’imposer comme je l’expliquais et comme Thom le fait bien comprendre lorsqu’il fait référence à leurs influences. AC/DC, Accept, il semble qu’on connait la chanson, pourtant ce dernier insiste sur le fait que leur musique reste différente, et souligne par exemple le fait que la chanson The Mask présente sur le dernier opus est plus Power Metal qu’autre chose, on ne peut que confirmer ses dires, tant ce dernier brille par son refrain et ses riffs accrocheurs mis en valeur par une production qui met en valeur le travail de chacun, faisant ressortir toutes les nuances de la musique de Shakra.

Alors, certes, le visage de cette chanson vient confirmer que les influences, ma foi, n’influencent pas tout puisque les claviers viennent par exemple donner toute sa consistance au titre Dream Of Mankind, rien à voir avec AC/DC ou Accept donc comme le dit Thom, juste un Shakra tel qu’on le connait. Quoique, quand on y pense, une certaine évolution a su s’ancrer dans la musique du combo ces quinze dernières années comme l’explique le guitariste : « C’est à cause de mes propres références, j’ai beau être un fan de hard-rock, je suis également un inconditionnel de Dream Theater ou de Rush. C’est donc complètement normal que lorsque tu écoutes notre musique, tu puisses y trouver de nouvelles sonorités. » Vous ne vous étonnerez donc pas, si je viens à désigner ce nouvel opus de Hard-Pop album, je n’irais pas jusqu’à lui donner un petit côté progressif, pourtant on sent sur certains titres, comme un démarrage, vers quelque chose de plus pensé, de plus réfléchi, mais sans que ça n’aboutisse vraiment. Beaucoup de modernité émerge aussi de la musique de Shakra, que ce soit au niveau de la production ou de certains riffs de guitare. Thom avouera être fan du classic-rock moderne et de s’en inspirer quand il compose pour Shakra.

On ne peut que saluer des titres comme Too Good To Be True, ou John brille tout simplement, nous offrant toute l’étendue de sa magnifique voix. On ne peut que féliciter Shakra pour avoir recruté ce garçon, qui a su se faire connaître d’eux grâce à son patron de l’époque qui l’avait prévenu et motivé à envoyer ses démos au groupe. Si ce n’est pas une belle histoire ça. « Dès que mon patron m’a dit que le groupe cherchait un nouveau chanteur, je me suis empressé de raconter ça à ma mère, c’est elle qui a envoyé mes démos ! Deux jours après, je me retrouvais à Berne avec eux, et tu connais la suite. » John avait seulement posé sa voix sur les pistes de Back On Track, il n’avait pas participé à la composition qui était finalisée au moment de son arrivée. Il a donc pu participer bien plus activement à l’élaboration de Powerplay et ça se ressent ! En effet, on note comme une bouffée d’air frais, qui a su renouveler la musique du groupe. Le fait de participer à la compostion a permis à John de se tirer vers le haut, de faire en sorte que tout soit fait afin qu’il puisse utiliser sa voix de la meilleure des manières, ne se contentant pas d’être un chanteur mais bel et bien le chanteur de Shakra. Nous pouvons ressentir ce sentiment à l’écoute de titres comme Life Is Now ou bien encore Dream Of Mankind, qui ne seraient pas aussi puissants sans l’intervention de la voix de John. C’est simple, quand on y pense, Shakra a beau être Suisse, nous sommes sûrement face à l’un des seuls groupes actuels sachant manier le Hard US aussi bien. Vas-y que je te colle un refrain catchy, des riffs simples et efficaces, le tout servi par une production claire et puissante et par une grosse inspiration.

Plusieurs ambiances viennent d’ailleurs pointer le bout de leur nez, orientales pour certaines, plus acoustiques pour d’autres. Nous sommes gâtés, et il semble que les musiciens se sont eux-aussi fait plaisir. « Je ne m’étais que rarement autant amusé à composer un album, on a vraiment tout mis là-dedans, nos inspirations, nos envies, c’est simplement nous. John apporte également énormément au groupe, ce qui nous permet d’encore mieux nous exprimer à travers notre musique. J’ai beaucoup changé, je ne suis plus le jeune fan d’AC/DC qui veut simplement faire du hard-rock, j’aspire à quelque chose de plus inspiré, toujours aussi énergique, mais plus inspiré, plus mature. Je pense qu’on en a les prémices avec ce nouvel album, qui est définitivement l’un des plus riches de Shakra. »

Ces paroles nous ramènent directement à ce dont je parlais précédemment, à savoir que le groupe effleure seulement ce côté plus inspiré, plus profond auquel ils aspirent, cependant il est clair que nous en voyons les prémices comme le dit si bien Thom. Je n’ai certes pas été face à l’album de l’année, mais bon sang, que c’est bon d’entendre des choses aussi fraîches et riches. Le groupe donne une leçon à beaucoup en montrant ce qu’est un riff énergique, ce qu’est une émotion posée dans un riff ou une émotion en générale. On insérera le disque dans le lecteur sans attendre autre chose que du bon hard-rock et au final, on se laissera prendre dans des ambiances plus recherchées, amenant l’auditeur dans des contrées différentes des précédents opus.

Shakra est en train de changer mesdames et messieurs, Shakra aspire à devenir encore plus grand et prouve qu’il sait faire autre chose qu’un hard-rock US simple et efficace. Une bien belle surprise, servie par une évolution peut-être seulement effleurée mais qui promet énormément à l’avenir. On attend de constater tout ça en live très rapidement et pourquoi pas, continuer sur cette lancée sur un prochain album encore plus inspiré ? On l’espère en tout cas ! Chapeau messieurs !

1195 vuesPar Jimmy Jetsam

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