Live-Report Troisième jour au Paris Metal France Festival V

20 Février 2013
Troisième jour au Paris Metal France Festival V

La nuit aura été courte, mais la journée le sera tout autant, déjà la fin, le troisième et dernier jour de cette cinquième édition débute et j’ai l’impression que nous sommes encore vendredi. Le premier concert sera assuré par Butcho Vukovic et ses potes de Showtime qui vont nous servir de la bonne reprise sentant bon le hard-rock comme on le faisait il y a fort longtemps dans des contrées lointaines. On peut dire ce qu’on veut, mais force est de reconnaître la grande classe qui ressort de la prestation du vocaliste qu’est Butcho qui s’en sort et impose sa patte sur tout ce qu’il touche, faisant briller le morceau comme ce dernier est censé briller. Tout y passe, de Maiden à AC/DC en faisant un détour par Mötley Crüe, le moment est agréable, sans grande démonstration de talent, juste un groupe sincère jouant ce qu’il aime de la plus belle manière possible. Une bonne mise en bouche qui a le mérite de mettre les personnes présentes de bonne humeur. Simple mais efficace !

Le propos se corse avec Shoeilager et leur heavy-metal très typé années 80. Armés de leurs instruments et de leur ancien batteur (le nouveau s’étant blessé), ces quatre gus, habillés d’une simple alliance jeans, t-shirt, baskets vont mettre carrément le feu au Divan du Monde à coup de gros riffs, appuyés par une batterie tout aussi violente et un chant en Français qui pue la classe. Le headbang ne s’arrête pas durant 45 minutes de pure musique, on s’émotionne un peu sur le titre Dio traitant de ce bon vieux Ronnie et on s’éclate sur des titres comme Gladiator ou Plein Gaz ou Sombre Pacte. Ceux qui croyaient le Heavy Metal mort auront bien tort, de penser ça et de ne pas être là.

Evil One version 2.0 est le prochain combo à venir mater le public du Divan Du Monde, sous le nom de Thrashback. Une version au propos encore plus tranchant et tenue par un Speed (batterie/chant) complètement dans le truc. Que c’est impressionnant de voir un batteur occupé à marteler ses fûts tout en récitant sa poésie. Le Gorg (bassiste) est une vraie machine de destruction offrant un headbang complètement déjanté, toute l’énergie du mec passe dans ce show (alors qu’il jouera avec Hürlement plus tard dans la soirée), dans les chœurs et dans son jeu de basse tout en puissance. Puissance mise en valeur par la guitare. Le tout n’a qu’un objectif, faire le plus mal possible, toujours plus fort, et avec le sourire. Le groupe nous sort un Thrash du plus bel effet, inspiré et propice au headbang, je prends un pied d’enfer durant l’intégralité de leur prestation sur des titres comme Zombie Attack ou Wardance voir encore sur le Pounding Metal d’Exciter. L’ancien guitariste d’Evil One, Kriss, rejoint ses potes sur scène sur deux titres, tandis que le groupe nous achève sur le fameux Perverse Morality, qui finira de mettre tout le monde sur le carreau.

The Outburst, mené par la chanteuse Sarah Layssac, se reforme ce soir, exceptionnellement pour le PMFF, à la demande de Phil. Le groupe délivre une performance très impressionnante à l’image du style pratiqué, enfin, des styles. La force du combo réside en effet dans tous les styles fusionnés, du Heavy, au Hardcore, en passant un petit peu par la pop, tout est mixé dans un melting-pot d’énergie très plaisant. La foule s’éclate, tout comme moi, même si je trouve le son pas trop au point et ne permettant pas de profiter à 100% de la performance du combo. Rien de bien grave cependant. Nous profitons chaque instant des riffs, aux sonorités mêlées, un véritable plaisir. On ne peut que saluer l'énergie déployée par le groupe, qui donne absolument tout ce qu'il a. J'en connais qui ont du bien dormir à la nuit tombée. Sybille Colin-Tocquaine rejoint The Outburst sur scène afin de donner de la voix sur le puissant My Girl.

 

Très vite, The Outburst laisse la place One Last Shot (composé de membres actuels de The Outburst ainsi que d'anciens membres) pour trois titres ravageurs qui ne laisseront personne de marbre ce soir. Tout le contraire, mais ce n'est que mon avis, de la performance de Scherzo, poussive à souhait (malheureusement). Gilles, remplaçant de Eric au micro, malgré une très bonne voix, n'arrive pas à m'attraper dans les filets du groupe, la faute à un jeu de scène qui me stresse et que je trouve, comble du truc, surjoué. Cependant, c'est une foule conquise qui acclame Scherzo et son Hard-Rock très perché, presque progressif par moment. On ne peut que s'incliner devant un titre comme Mante Religieuse qui reste quand même, une valeur sûre lors d'un passage live. Alain, bassiste du groupe (et accessoirement batteur du groupe Dygitals) ne bouge que bien trop peu, et ne parvient pas lui non plus à établir un contact intéressant avec le public. Dommage. Le vrai tournant du show arrivera en la personne d'Eric (qui avait disparu de la circulation) venu prendre le micro avec son ancien groupe. Un moment fort en émotion qui offre à Scherzo le moyen de nous offrir un des plus beaux moments de la soirée.

C'est Hürlement qui foule les planches juste après, le groupe est composé d'Alexis au chant (qui évoluait avec Blasphème le jour précédent) et du Gorg (qu'on a pu voir à l'oeuvre avec Thrashback plus tôt dans l'après-midi) tenant la basse. La différence de ton des deux groupes se fait rapidement sentir. En effet, la puissance du "heavy hard" balancée par le combo est tout bonnement phénoménale ! C'est un headbang sans fin qui prend possession de notre corps sur des titres comme Dernier Combat, Brocéliande ou Moine Guerrier. La voix d'Alexis est encore plus haut perchée que hier au soir, le Gorg se déchaîne comme si il n'avait pas joué trois heures auparavant, le tout est extrêmement impressionnant et nous ne pouvons que saluer cette reprise du Rock N' Roll Secours de Vulcain qui fait bien plaisir à nos petites oreilles qui n'en demandaient pas autant. Le show se finit sur Sortilege (du groupe... Sortilege), et termine d'écraser le peu de terminaisons nerveuses qui nous restent. Pourtant, Still Square (anciennement Square, le groupe a du changer de nom pour une histoire de droits), qui a beau servir un hard-rock quand même plus posé, arrive à nous titiler les zygomatiques à coup de plans musicaux de folie, respirant bon le feeling chaud et bien bluesy, allié à un son qui coule dans les cages à miel. Je veux dire, qu'est-ce que vous voulez faire face à un titre comme Laissez les Rêver qui n'est ni plus ni moins qu'une incarnation musicale de ce que devrait être la vie. Le tout est mûrement joué, offert à la foule sur un plateau en or, cette dernière se sert aimablement et participe à ce qui a du être un des shows de ce PMFF. Le tout se termine sur le titre Rockstars ou Phil 'Em All est invité à venir pousser la chansonnette avec le groupe et surtout avec le public. Imparable !

Heavenly arrive sur scène, et brille grâce à un son parfait qui sert son Power Metal de très belle manière. Le public est chaud bouillant et je reste absolument sur le cul face à la prestation exemplaire du vocaliste. L'influence de Queen sur la musique du combo semble évidente. On se surprend à headbanger plus que de raison sur des titres comme Spill Blood On Fire, Sign Of The Winner, Riding Through Hell, Virus ou encore Full Moon. Des soli épiques, des rythmiques démentes, on se sent partis à l'aventure avec le groupe, ce qui n'est pas pour nous déplaire avant l'enfer sur scène que nous fera vivre ADX quelques minutes plus tard. Une jeune demoiselle rejoint Heavenly sur scène pour le dernier morceau, pleine de charmes, cette dernière se trémoussera et se déshabillera afin de faire plaisir à la gente masculine de l'audience, qui il faut l'avouer, ne reste pas insensible, bande de petits gorets. Le point culminant du festival se montre sous les traits de la dernière prestation des trois jours, celle d'ADX, le fameux combo français managé, rappellons-le, par Phil Em' All himself. Y'a-t-il des mots pour décrire cette prestation qui ferait fuir le dieu de l'Enfer lui-même ? Je ne pense pas. Chaque titre est une occasion donnée à l'audience de se défouler, de partir dans des mosh-pits de plus en plus violents, allants même jusqu'à engendrer certaines querelles bien regrettables. Enfin tâter du ADX en live me ravit, entendre des titres comme Prisonnier, Brocéliande, La Peur et l'Oubli, Pachydermus ou encore Caligula était presque un rêve pour moi, rêve qui se réalise aujourd'hui. Il n'y a que ADX pour proposer un show alliant une telle puissance servie par un humour qui ne laisse personne indifférent, quel excellent moment. Et quelle prestation ! Des rythmiques semblant provenir tout droit de l'atelier d'Héphaïstos, des soli inspirés et excellement mis en valeur et une technique qui n'est plus à prouver. On s'étonne de la folie scénique de Klog (basse) qui semble intenable et pourtant à moitié de mauvais-poil (pour rappel, depuis le PMFF, ce dernier est parti du groupe qui recherche un nouveau bassiste). Le tout se termine avec l'invitation de tous les chanteurs ayant officiés sur ces trois jours sur scène, afin de terminer cette grosse fête par le brulôt Division Blindée qui achève tout le monde. 

Comme à l'accoutumée, Phil offre le champagne aux premiers rangs, les groupes restent sur scène, Phil invite tous les collaborateurs à le rejoindre pour une dernière ovation, au goût amer me concernant. Premier PMFF, et l'une des plus grosses claques qu'il m'ait été donnée de voir, je n'ai pas envie de rentrer chez moi et encore moins me dire qu'il n'y aura pas d'autres éditions de ce festival si généreux, de qualité. Un grand merci à Phil, à son équipe et aux groupes, pour nous avoir fait rêver, peut-être pour la dernière fois. 

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1585 vuesPar Jimmy Jetsam