Chronique Mad Max - Interceptor

24 Octobre 2013
Mad Max - Interceptor

Onzième album des vieux briscards du Hard Rock teutons (si l’on excepte l’EP In White ), qui tiennent le pavé depuis maintenant plus de trente ans. Délivrant un hard rock de bonne facture, bien interprété mais manquant d’inventivité à mon gout, Mad Max se pose en éternel second, place honnête mais que l’histoire ne retient jamais.

Je me souviens encore de leur prestation en première partie de Pretty Maids au Zénith de Paris en 1987. Ils remplaçaient au pied levé Fate Magnum (groupe perdu corps et âme dont la postérité n’a rien retenu…), et déjà à l’époque ils ne se démarquaient pas vraiment du lot. Apres cette petite digression peu avenante, je le concède, décortiquons la bête. Prolongement attendu et « logique » de leur dernier opus en date Another Night of Passion, il se compose de bons morceaux comme de vraiment moins bons…

Enregistré dans le studio du guitariste Jürgen Breforth, Interceptor hérite d’un son puissant et clair, avec une production de qualité. Ouverture du méfait avec Save Me, classique du genre qui ne le révolutionnera pas mais qui révèle au demeurant une production impeccable. Refrain accrocheur, riffs attendus mais efficaces, on fait dans le sucre et les groupies du groupe adoreront, mais on est loin des promesses faites sur le papier. J’attaque Godzilla après un premier morceau qui ne m’a pas vraiment convaincu. C’est un peu plus couillu mais cela reste quand même basique. Alternant riffs saccadés, avec des passages lents, on a à faire à un sous Pretty Maids dans la conception.  L’album ne décolle pas, et ce n’est malheureusement pas Sons Of Anarchy qui relève le niveau. Ici, une fois de plus, on s’enlise dans un hard rock trop convenu et guimauve. C’est typiquement ce que l’on rencontrera de pire sur cet album ; cela manque cruellement de saveur.

Avec Rock All Your Life on frise le ridicule… je me suis précipité sur la tracklist pour voir si ce n’était pas une reprise tant je n’en ai pas cru mes esgourdes ! C’est quasiment note à note du mauvais Def Leppard… Rien ne me fout plus en colère que ce genre de titre qui ne peut que desservir son auteur tant le plagiat est grossier. La suite est du même acabit, avec une ballade dégoulinante et sans goût. Five Minute Warning, ne relèvera pas le niveau. Il faut donc attendre le 6eme morceau pour avoir un aperçu potable de ce que les Mad Max peuvent nous livrer. Bring On The Night est un bon titre, bien équilibré et servi par des riffs excellents (mix de Michael Lee Firkins et de Vito Bratta), qui donne enfin un sens à cet Opus. Un bon Rock bien couillu conforme aux attentes que j’avais d’Interceptor. Ils gardent le rythme avec Streets Of Tokyo, à coup de refrains fédérateurs et de riffs incisifs. Une demi-ballade bien soutenue qui fait partie du meilleur de l’album.

Le soufflé retombe avec un insipide et mou du genou (pour être poli) Show No Mercy, reprit de leur album Night Of Passion (1987). Encore un morceau décousu à l’image de l’album ! La température remonte un chouilla avec Revolution, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard. C’est un morceau efficace mais déjà entendu tellement de fois qu’on ne le remarque plus. Au final Turn It Down ne sauvera pas les meubles. Bien rock et efficace, il fera partie des 3 morceaux remarquables de cette galette, mais avec un relent de Motley Crue trop présent à mon gout. 

Cet album est trop prévisible et convenu pour retenir durablement l’attention de l’auditeur. Mad Max n’arrive pas à décoller tant au niveau du style trop « FMisant » que des compos sans grande originalité. On est bien loin du « It rocks ! » avancé par les membres du groupe concernant cette galette. La cerise sur le gâteau vient du guitariste Jürgen Breforth qui se fend d’un « alors que certains groupes de rock deviennent insipides et "Balladesques"  avec le temps, nous avons pris le chemin inverse et livrons rien moins que de l'énergie pure."… Nous avons plûtot l’impression qu’il décrit Interceptor ! Dommage car ces mecs ont du potentiel, ici mal exploité, et pourraientt nous livrer de bien meilleures productions. Seuls les fans purs et durs, voire nostalgiques, y trouveront leur compte, les autres fuyez. Je finirais bien sur un « A suivre », mais cela fait quand même 30 ans que cela dure !

1702 vuesPar Stephan Birlouez

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Mad Max est un groupe de heavy-metal originaire de Munster en Allemagne. 

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