Interview Entrevue avec RISE OF THE NORTHSTAR

4 Décembre 2014
Entrevue avec RISE OF THE NORTHSTAR

RISE OF THE NORTHSTAR c'est bien. Oui, c'est comme ça je commencerais cet article, tout simplement parce que dès fois, il faut savoir dire la vérité aux gens. Rares sont les jeunes pousses à étirer leur délire aussi loin que le font ces mecs. Ils aiment le Japon, ils aiment sa culture, ils lisent des mangas, ils jouent sur des bornes d'arcade qui sont leur propriété, leurs consoles sont japonaises, ils ont leurs magazines japonais, ils connaissent par coeur les codes de triche qui peuvent débloquer tous les personnages dans le jeu Dragon Ball Z sorti sur Super Nes au début des années 90. Les RISE OF THE NORTHSTAR connaissent leur identité, ils savent ce qu'ils veulent et sont probablement le meilleur exemple de "do it yourself" qu'on ait vu depuis longtemps. La preuve, quand nous arrivons dans la boutique servant de lieu pour la journée promotionelle du groupe, tout a été redécoré avec les objets personnels de chacun des membres, et l'énorme merchandising qu'ils ont eux même financé (voir photos plus bas). Une borne d'arcade est branchée dans un coin, laissant tourner un jeu-vidéo "Hokuto No Ken' (ndlr : Ken le survivant), tandis qu'une Super Nes branchée sur téléviseur cathodique nous permet de tâter du super-saiyen sur le jeu Dragon Ball dont nous vous parlions plus haut. L'occasion de se taper une petite partie en attendant d'interviewer Vithia (chant), Hokuto No Kev (batterie) et Fabulous Fab (basse) et d'admirer toute cette collection dont ils nous font profiter. Il est temps de descendre au sous-sol de la boutique et de se poser entre huit yeux, et d'élucider le mystère du jeune groupe le plus prometteur du circuit. Ladies and gentlemen, RISE OF THE NORTHSTAR c'est maintenant sur LOUDER !

Louder : Vithia, comment te portes-tu suite à ta blessure au dos ?

Vithia : Je récupère tout doucement depuis notre dernier concert en Allemagne qui m'a vu me blesser comme tu l'as dit. Je reprends la réeducation petit à petit et me prépare pour les concerts de l'année prochaine. J'ai presque failli passer sur le billard, j'ai perdu un peu de motricité dans le mollet, bref, pas terrible. Enfin, je reviendrais, comme Sangoku revient. (rires)

Quand on regarde vos photos promos, les vidéos de votre voyage au Japon qui sont d'excellentes qualités, votre merchandising etc... Et qu'on se dit que votre premier album n'est pas encore sorti (ndlr : interview réalisée en octobre), c'est assez impressionnant.

Vithia : On se donne les moyens, personne ne nous aide vraiment. On finance nos vidéos nous-mêmes, et tout ce que tu vois dans cette boutique aujourd'hui, c'est nous aussi, nos collections. On a bossé comme des dingues de hier soir vingt heures jusqu'à deux heures ce matin pour préparer l'endroit. Rien ne résiste au travail, c'est que du travail. Maintenant, on vient de signer avec Nuclear Blast, et on espère qu'ils nous fileront de plus grosses armes (sourire).

Hokuto No Kev : On donne l'impression d'avoir beaucoup de moyens, mais ce n'est que de la débrouille finalement. On se relève les manches, on se bouge le cul, et on fonce. On se donne les moyens, pour donner quelque chose de qualité. On a réussi à gagner de l'argent avec notre tournée et on a tout réinvesti dans le groupe pour le faire grossir, au lieu d'en profiter dans nos vies.

Au-delà du groupe et des tournées, je me permets de supposer que vous avez des jobs alimentaires qui vous permettent de manger et d'investir encore plus dans le groupe ?

Vithia : On ne parle jamais de nos vies privées, mais c'est possible oui (rires) !

Comment a commencée l'aventure RISE OF THE NORTHSTAR ?

Vithia : Si je veux te répondre avec poésie, je te dirais que ce groupe je l'ai en tête depuis que j'ai quinze ans. J'arpentais les bancs du lycée tel un cancre à cette époque ! Mais, de manière plus factuelle, je te dirais que le premier line-up s'est monté en 2008, premier concert à la même année. Notre premier maxi, "Tokyo Assaut", est sorti en 2010, l'EP "Demonstrating My Saiya Style" en 2012, tournée au Japon, le line-up s'est affiné, et nous voilà ! Bref, il se passe quelque chose tous les deux ans.

Qu'est-ce qui a changé entre "Tokyo Assaut" paru en 2010 et ce premier album qui paraît en 2014 ? Je parle uniquement de musique évidemment.

Vithia : Le fond est le même, la forme aussi. La seule chose, c'est qu'à l'époque nous n'avions pas nos gakurans (ndlr : uniforme scolaire japonais), je ne savais pas comment les trouver. C'est grâce à l'arrivée d'Hokuto No Kev, qui parle un peu japonais, qu'on a réussi à s'en procurer. Depuis le début, j'ai le même objectif, ma casquette Furyo vissée sur la tête, et cet objectif, c'était d'aller au Japon. On sait d'où on vient, on sait quels sont nos univers et on sait vers où nous voulons tendre. Nous aimons la musique énervée et le manga, c'est ce qui nous définit. Nous avons grandi dans cet univers, nous avions des scolarités "compliquées" et nous nous sommes rattachés à ça pour faire quelque chose qui nous correspondait.

Je suppose que vous êtes potes avant tout en plus de ça.

Vithia : Ouais, mais nous avons rencontré certains membres bien après le lycée, ce serait te mentir que de dire que nous nous sommes tous connus durant cette période. On s'est rencontrés à travers la scène musique extrême surtout. Sauf Hokuto No Kev et Air One (guitare) qui eux se sont connus au lycée pour le coup.

Comment le manga est entré dans vos vies ?

Fabulous Fab : Avec une grosse claque dans la gueule (rires).

La pochette de l'album représente un jeune loubard japonais qui pourrait faire penser au jeune Eikichi Onizuka de Young GTO. C'est un résumé clair et concis de votre identité et des sujets que vous abordez ?

Vithia : C'est notre identité, on monte sur scène habillés de la même manière. Personnellement, j'ai toujours adoré travailler ce rapport au fictif et au réel et un peu brouiller cette barrière qui les séparent. Ce dessin est une illustration, donc c'est du fictif. Mais, à partir du moment ou tu ouvres l'album, tu as une photo de mecs habillés pareil et eux pour le coup sont bien réels. Je vois vraiment cette pochette comme une invitation à entrer dans notre univers. Passer d'un monde fictif à quelque chose de réel, quoi de mieux ? (sourire) De plus, on raconte par nos expériences personnelles des faits réels auxquels nous pouvons ajouter des éléments fictifs. Il y a une grande part de nous-mêmes dans nos paroles.

Donc, au -delà des expériences personnelles, c'est aussi l'occasion de relater ces histoires de loubards japonais qu'on peut voir dans certains mangas? Je pense par exemple à la chanson "Bosozoku" (ndlr : un bosozoku désigne un clan de motard composé essentiellement de jeunes qui cherchent à faire du bruit et aller vite, ce style de vie disparaît de plus en plus depuis le début des années 2000).

Vithia : On raconte ce qu'est cette culture et ce mouvement méconnu qui n'appartient qu'à ce pays (sourire). Après, je suis quelqu'un de très positif dans mes textes, et par la méthaphore du manga, je raconte des expériences réelles. Disons que parfois, on se raconte et dès fois nous racontons. Ce n'est pas pareil.

Qu'est-ce qui a pu changer dans votre vision du Japon depuis que vous y êtes allés ?

Vithia : Pas grand chose, j'y étais déjà allé avant, et c'est toujours aussi génial.

Hokuto No Kev : T'as qu'une seule envie, c'est d'y retourner.

Fabulous Fab : Rien n'a vraiment changé, ça nous a plus confortés dans notre vision.

Vithia : C'était cohérent, on était en alchimie avec notre vision. Bon, les Japonais étaient un peu choqués de voir des occidentaux qui entretiennent des relations aussi précises avec la culture de leur pays. La plupart s'attendent à voir des étrangers leur parler de la Tokyo Tower, tandis que personnellement je leur causais de choses bien plus "calées" si je peux me permettre. Prenons le  truc à l'envers, c'est un peu comme si eux venaient et qu'ils se mettaient à te parler de Renaud et des Blousons Noirs (rires). Voilà l'idée.

Fabulous Fab, tu es arrivé dans le groupe en 2013. Comment s'est passée ton intégration ?

Fabulous Fab : Oui, mon intégration date de 2013, mais en fait, je suivais le groupe depuis pas mal de temps déjà. Je faisais un peu partie de l'équipe déjà, j'apparaissais dans certains clips, je leur filais quelques coups de mains.

Et finalement, te voilà dans le groupe !

Fabulous Fab : Ouais, et je m'y retrouve complètement. Les influences, les mangas, nos expériences personnelles, on est un peu pareils finalement. Il n'y avait que ce groupe qui cristallisait tout ce que j'appréciais, avant ce n'était que musical avec mes anciennes collaborations. Et puis, tu vois, on ne se revendique d'aucune scène en particulier. Il y a cet esprit d'ouverture qui me plaît énormément, ce côté manga, cette envie de fédérer et surtout d'aller loin et de conquérir le monde. Moi, ça me va. Je les soutiens depuis le début... (il est coupé par Vithia)

Vithia : Tu faisais déjà partie du groupe ! Arrête ! On se connaissait tous avant !

Fabulous Fab : Puis bon, bosser avec cinq gus qui vont dans la même direction, qui ont le même objectif, ça vaut de l'or. Surtout quand on parle de musique extrême et de manga.

Sur votre premier EP, "Demonstrating My Saiya Style", nous pouvions entre l'acteur Eric Legrand reprendre le doublage de Végéta (ndlr : personnage de Dragon Ball Z) pour faire l'introduction de l'album. Comment s'est passée la collaboration avec lui ?

Vithia : C'était énorme. Il est très sympa. Mais c'était compliqué de le convaincre. Ce qui s'est passé avec lui représente pas mal la façon de faire du groupe, nous n'abandonnons jamais !

Hokuto No Kev : Ténacité.

Vithia : Toujours. Je l'avais déjà contacté à l'époque de "Tokyo Assaut". Il a eu peur, il trouvait le groupe trop violent, et j'avais beau lui expliquer notre démarche, il ne comprenait pas. Donc, j'ai laissé tomber, enfin, c'est ce qu'il croyait (rires). "Demonstrating My Saiya Style" m'a donné l'occasion de le recontacter pour lui proposer la même idée, il a de nouveau rechigné, mais après un nombre incalculable d'e-mails échangés, il a finit par accepter. Je lui ai dit que, oui, nous faisions une musique violente, mais le fait que nous la mettions en pratique sur scène et pas ailleurs était plutôt quelque chose de positif. Sa présence allait vraiment apporter quelque chose à l'identité du groupe, à son univers. Putain ! Je voulais la caillera de Dragon Ball sur l'album, je voulais Végéta ! C'est lui le vrai furieux de la série. Il a fini par accepter et c'était juste énorme. Quand on était en studio avec lui et qu'il enregistrait ses prises, on avait juste à fermer les yeux et on avait l'impression d'avoir vraiment Végéta avec nous dans le studio. C'était lui ! Et c'était encore ce procédé dont je te parlais plutôt et que j'adore, le réel rencontrant la fiction. D'ailleurs, quand on a fait la promotion de l'EP, nous disions "featuring Vegeta" et pas "featuring Eric Legrand", parce que c'était Végéta !

Hokuto No Kev : Pour la petite anecdote, ce qui a vraiment été marrant, c'était que Vithia a vraiment mis du temps à le convaincre. Mais, au début de leurs échanges, il écrivait à Eric Legrand, puis d'un coup, vu que ça ne prenait pas, il s'est mis à lui écrire comme si il écrivait carrément à Végéta, limite en mode clash (rires). Eric s'est prêté au jeu et il a commencé à  s'intéresser au projet, c'est de là que tout est parti.

Vithia : On lui écrit toujours de temps en temps, je manquerais pas de lui envoyer le nouvel album.

Pourquoi "Welcame" comme titre pour ce premier album ? Surtout avec ce "A" bien mis en valeur.

Hokuto No Kev : La première référence derrière ce titre est pour le manga "Rookies", qui était déjà l'un des titres sur "Tokyo Assaut". Ce manga parle d'une bande de "furyos" (ndlr : cancres) qui accueillent leur nouveau professeur d'anglais en balançant une balle de base-ball à travers une vitre sur laquelle est inscrit le mot "welcame" dont le A a été barré et remplacé par un O pour former le mot "welcome". Bref, tu comprends le principe, il n'est pas bon en anglais, ce n'est pas sa langue maternelle, mais il est entier dans son caractère. On se retrouve dans son attitude car même si nous ne sommes pas des "brêles" en anglais, on peut nous aussi faire des erreurs, ce n'est pas notre langue maternelle. Il peut y avoir des erreurs, c'est assumé, c'est à prendre ou à laisser et ce n'est que notre premier album.

Je suppose que c'était un choix logique dès le début de chanter en anglais ?

Vithia : Choix artistique et logique. J'avais commencé à écrire en français, mais ça sonnait pas, et le français est une langue bien plus "compliquée" que l'anglais, j'irais même jusqu'à dire que le français requiert bien plus de rigueur. Néanmoins, il y a un couplet en français dans l'album.

Vous parliez des "furyos" à l'instant, un furyo est un cancre. Mais je suppose que ça ne représente pas que ça ? Pour vous en tout cas.

Vithia : C'est la petite frappe, le cancre, comme nous au lycée finalement. Quand je lisais des mangas, je me retrouvais dans ce type de personnage. J'étais moi-même un furyo, et comme tout bon furyo qui se respecte, je me suis fait viré de pas mal d'établissements. Je me battais, j'étais en échec scolaire. Je me suis retrouvé là-dedans évidemment, celui qui ne veut pas s'intégrer à la société.

Hokuto No Kev : Le Japon est une société très stricte, tu dois faire telle école, tel job etc... Sinon, tu es mal perçu. Le "furyo" est apparu dans les années 70, ça existe toujours aujourd'hui, même si ce mouvement s'est un peu "américanisé". Tout évolue, même ça. Le "furyo" c'est celui qui décide de vivre sa vie comme il l'entend, qui s'en fout de ses notes en cours, qui fait SON chemin, quitte à être mal vu. C'est quelque chose d'assez particulier et de très fort culturellement. Nous, ça ne nous choque pas car on est moins à cheval là-dessus comparé au Japon.

En tant que français qui n'a jamais mis les pieds au Japon, je suis toujours très étonné quand je mets côte-à-côte ce à quoi peut ressembler leurs valeurs, comment est perçu le monde du travail, cette espèce de rigueur très froide qui émane de tout ça, et, leur paysage audiovisuel complètement barré qui prend complètement le chemin inverse.

Vithia : Je trouve ça plutôt logique justement. Ils se brident tellement comme nous le disions. Même le rapport au sexe est très "timide" là-bas. C'est méga compliqué. Le résultat de tout ça ? Il y a des sex-shops partout ! Ils ont une société très stricte, donc ils ont énormément de choses pour se défouler. Les salles d'arcades, les sex-shops etc... Ils passent leur vie à bosser, et à essayer d'être "parfaits". Donc, quand ils relâchent la pression, ils ne font pas semblant, ils la relachent vraiment !

Hokuto No Kev : C'est ça le Japon, c'est deux extrêmes. Par exemple, ils ont le taux de criminalité le plus faible du monde, mais à côté de ça, quand il y a un massacre, et bien, c'est un vrai gros massacre. C'est toujours deux extrêmes.

Vithia : Sans oublier les yakuzas. C'est eux qui font la police.

Dans ce premier album, on retrouve toujours ce thrash, ce hardcore, ces chants "rap" très représentatifs du style, et je dois avouer ne pas avoir foncièrement senti de nouveautés comparé à l'EP "Demonstrating My Saiya Style". Doit-on y voir une envie de confirmer des bases déjà présentes ? Et en tant qu'artistes, que pensez-vous avoir réussi à accomplir ?

Vithia : Déjà, nous avons réussi à faire un long play et rien que ça, je trouve que c'est très important. C'est mieux produit, plus mature, plus violent, plus riche, et surtout, on ne s'est jamais autant racontés. C'est plus qu'un album pour nous, c'est la musique qu'on rêvait d'entendre quand on avait quinze ans. C'est l'an zéro du groupe.

Fabulous Fab : Puis, je ne crois pas que nous ayons forcément besoin de rajouter des choses. Comme tu l'as précisé, garder nos bases, c'est conserver ce qu'on est. Nous restons fidèles à nos codes, à notre musique. Regarde AC/DC, ils n'ont jamais déviés, et ont toujours su proposer des albums toujours très proches les uns des autres. Je pense quand même que nous exploitons beaucoup mieux tous les styles pratiqués dans notre musique. Regarde "Bosozoku" par exemple, c'est très Rock N' Roll, on avait jamais fait ça avant.

Jouer une musique inspirée par tant d'influences, n'y-a-t-il pas des moments où vous avez été obligés de vous raisonner et de calmer un peu les ardeurs car vous risquiez de vous perdre tout simplement ?

Vithia : Je dirais qu'on a surtout cherché à faire un album cohérent et intelligent. Il y a des titres qui rentrent en écho, mais il n'y a jamais la même chanson. On voulait couvrir le spectre extrême qu'on kiffe. Y'a de la fusion, de la mélodie, du New-York Hardcore etc... On ne veut pas faire le grand écart, on veut que ce soit homogène. Les titres travaillés qui ne pouvaient pas avoir leur place ont été écartés.

Hokuto No Kev : Il y avait une vingtaine de morceaux au travail, il y en a douze au final. Les autres serviront peut-être plus tard, ils restent de bons titres.

Vithia : Un album c'est un livre, il y a un début et une fin.

Tous les membres participent au processus de composition ?

Vithia : Ouaip ! Généralement, les deux guitaristes débarquent avec des riffs, ils arrivent avec des structures bien établies. Après, chacun amène son grain de sel. Hokuto No Kev groove avec sa batterie pour amener un côté plus Metal si besoin. Après, certains morceaux nécessitent des méthodes de travail différentes, par exemple, j'ai écris les paroles de "Dressed In Black" avant que le morceau ne soit composé. Je l'entendais déjà avant si tu veux, tout comme je voyais déjà le clip vidéo qui en serait tiré. Donc avec Eva B (guitare), nous avons composé en nous inspirant des paroles. Normalement, la musique inspire les paroles, ici c'est l'inverse.

Et toi Fabulous Fab ? Qu'est-ce que tu penses que ta basse a pu apporter à l'identité de cet album ?

Fabulous Fab : Une bonne lourdeur et une bonne assise. Ce n'est pas du tout pour dénigrer le travail de Lucas (ex-bassiste du groupe), big up à lui. Mais je pense être allé plus loin dans les sonorités, et arriver à apporter une touche plus lourde, tout en conservant cet aspect groovy qui a toujours marqué la musique de RISE OF THE NORTHSTAR.

Hokuto No Kev : Cette lourdeur presque hip-hop dans la basse est très importante et super jouissive.

Fabulous Fab : C'est un mélange très propre au groupe je pense, je voulais l'appliquer via mon jeu de basse.


Comment s'est déroulée la collaboration avec Francis Caste ?

Vithia : Nous avons enregistré les guitares tous seuls, avant d'aller bosser avec Francis et Guillaume Mauduit au studio Sainte-Marthe. Hokuto No Kev a enregistré la batterie là-bas, j'y ai posé mes lyrics. Guillaume nous "pratique" depuis les deux premiers maxis donc il sait comment on bosse, que je m'inspire plus du rap que du rock pour écrire. J'aime quand ça rime, quand ça rebondit, j'aime le flow et l'incisivité. Francis a beaucoup aidé à Kev a enrichir son jeu, enfin, sa frappe de boeuf...

C'est vrai qu'il frappe comme un boeuf.

Vithia : C'est un fermier ! (éclats de rires) Une fois tout terminé, on a décidé que le mixage et le mastering serait confié à Zeuss, car ce type s'est occupé du son d'une formation qu'on adore qui est HATEBREED. Pour nous c'est un bon son crossover, bien hargneux. Mais surtout, il semblait motivé, il aimait nos morceaux. Après un nombre incalculable de mails avec lui afin qu'il apporte les retouches que l'on désirait, c'était fini. Ça a vraiment pris du temps car même si nous bossions avec Zeuss, il fallait quand même que l'album sonne comme nous nous voulions l'entendre. Quelque chose qui respecte le côté incisif du thrash et qui groove énormément. C'est un peu contradictoire, mais on savait où aller.

Vous avez déjà tourné au Japon, ce qui est un peu une consécration pour vous. Mais maintenant, c'est quoi le but à atteindre ?

Vithia : Jouer au Koshien (ndlr : stade situé à Nishinomiya près de Kobe), c'est là que se jouent les compétitions de base-ball inter-lycées japonaises. C'est comme le football dans Olive et Tom, c'est retransmit à la télévision et c'est très suivi ! Dans "Rookies", ils ont cette gimmick : "On veut jouer au Koshien !". Pour nous c'est pareil. On a fait deux tournées là-bas, c'est rien, maintenant on veut remplir ce stade ! Enfin, je serais très heureux déjà si nous arrivons à remplir des salles équivalentes au Zénith là-bas, comme ici d'ailleurs. Mes deux pays préférés pour tourner sont la France et le Japon. Le reste, c'est cool, c'est du bonus. Je suis un amoureux de mon pays d'origine et du Japon.

Vous avez déjà une base de fans bien établie ! Plus de 100 000 fans sur Facebook, ce n'est pas rien, surtout sachant que le premier album n'est pas encore sorti.

Vithia : Et, sachant que ce sont des vrais fans ! Ça s'est fait lentement et c'est super cool. Il y a déjà une sacrée attente finalement. Surtout que nos fans viennent de partout, il y a pas mal d'asiatiques, et nous en sommes très fiers. Beaucoup de groupes courent après les fans américains, grand bien leur fasse !

Fabulous Fab : Beaucoup de groupes émergent dans les pays asiatiques, que ce soit la Thaïlande ou le Vietnam etc... Le Metal se fait vraiment une place dans leur culture, et nous espérons nous y faire une place aussi !

En effet, il y a une montée progressive de ces groupes dans la culture Metal. Comment l'expliquez vous ?

Vithia : Je pense que c'est le résultat des génériques d'animés. Avant, on les faisait traduire, genre, on faisait chanter le générique de Dragon Ball à Dorothée. Maintenant, nous entendons les musiques originales. C'est très souvent des trucs qui déchirent. Regarde le générique de Saint Seiya (ndlr : Les Chevaliers du Zodiaque), "Pegasus Fantasy", pour moi c'est juste un de mes dix titres de rock préférés ! Je le place à côté de "You Could Be Mine" des GUNS N' ROSES et "Killing In The Name" de RAGE AGAINST THE MACHINE. Avant, on avait pas la culture du vrai générique d'animé en France, maintenant on l'a. Le groupe qui avait fait quelques titres pour les génériques de l'animé GTO, qui s'appelle L'ARC EN CIEL, a rempli deux fois le Zénith de Paris ! C'est pas rien quand même ! On aimerait faire un titre pour un animé...

Ah ? Pourquoi ça ne m'étonne pas ?

Vithia : Ça va arriver, on va le provoquer... Le boss de Nuclear Blast l'a évoqué, et pour nous c'est déjà un grand pas !

Allez, pour quel animé aimeriez-vous collaborer ?

Vithia : Si un jour il y a une adaptation du manga "Rookies", putain ce serait énorme. On irait jusqu'à écrire un titre ! Sinon, Saint Seiya ! Une énième édition certes, mais quand même ! Je sais, ce serait une adaptation du film Abel dans lequel les chevaliers d'or niquent leur race à ces putains de sous-chevaliers que sont les chevaliers sacrés ! Une version où ils se feraient pas écraser comme des merdes (ndlr : on ne contrôle plus rien). Voilà, ce serait parfait.

Pas de tournée sur la planète Namek de prévue ? (ndlr : planète de l'univers de Dragon Ball Z)

Vithia : Non, y'a un connard avec des cornes qui l'a explosée. (rires)

Fabulous Fab : Mais tu nous verras sur la planète Terre en tout cas, on a pas le droit d'en parler, mais tu nous verras. (ndlr : le groupe a depuis confirmé un concert au Divan du Monde à Paris le 23 janvier prochain, ainsi qu'un passage au Hellfest !)

BRING BACK THE FURYO STYLE !

Remerciements à Karine Sancho et au groupe pour l'accueil chaleureux.

Retrouvez plus bas quelques photos (double merci à Karine) de la boutique Landscape Rockshop (16 Rue Keller, 75011 / Paris) décorée par le groupe pour l'occasion ! 

 

 

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4043 vuesPar Jimmy Jetsam