Albums de la semaine Jimmy Jetsam - 21 novembre 2014

21 Novembre 2014
Jimmy Jetsam - 21 novembre 2014

Salut à tous ! C'est l'heure des albums de la semaine de Jimmy, première ! Au sommaire aujourd'hui : Le live "Raise The Dead" d'Alice Cooper, filmé au Wacken Open Air 2013, le docu/live "Warriors Of The Road" de Saxon, le dernier album de Godsmack, le nouveau groupe de Dave Lombardo, Philm. A retrouver également : Sticky Boys, In Flames et Electric Wizard !

ALICE COOPER - Raise The Dead / Live From Wacken (CD + DVD)

"Theatre Of Death" enregistré à l'Hammersmith Apollo de Londres en 2009 était le dernier témoignage live que nous avions pu apprécier de la part de l'ami Vincent Furnier, qui nous revient en cette année 2014 avec la vidéo de son concert à l'édition 2013 du Wacken Open Air Festival. "Raise The Dead", tel est le nom de ce très plaisant témoignage, qui n'a probablement pas pour ambition de vous faire décoller de votre siège, mais juste de vous faire passer un bon moment. En tout cas, tous les ingrédients sont réunis pour. Des titres comme le classique "No More Mr Nice Guy" prouvent bien qu'aujourd'hui, la musique signée Alice Cooper ne vieillit pas, franchit les années, se bonifiant avec le temps et rentrant à tout jamais dans la caboche des 75 000 personnes qui ont l'air de prendre un sacré plaisir à chanter avec lui. Le tout est correct, carré et honnête. Les classiques passent évidemment très bien et arrivent à nous arracher quelques vocalises, tandis que les quelques nouveautés (comme "Caffeine") nous surprennent par le fait qu'elles ne dépareillent pas spécialement lors du show. On tape de la patte, on se tape un gros "smile" sur certains riffs, ou sur cette reprise de "My Generation" servie de très agréable manière. Pour le reste, ne vous attendez pas à la claque de l'année, un show d'Alice Cooper est ce qu'il est. Une valeur sûre, qui ne s'aventure pas trop dans le risque, mais qui vous fait rentrer chez vous heureux, ou heureuses. Se contenter d'écouter ce live en CD lui fait perdre un peu toute raison d'être, car finalement, en dehors des quelques nouveautés, vous écouterez un show d'Alice Cooper comme un autre. Heureusement, vous pouvez aussi vous procurer le DVD, qui malgré une qualité d'image pas moyenne, mais presque, vous permet d'apprécier tout le talent des musiciens qui accompagnent le vocaliste sur scène. Ryan Roxie est excellent, et il sait montrer qu'il sait qu'il est bon. Puis bon, qui cracherait sur le fait de voir Orianthi ? Cette femme sait tout faire avec une guitare entre les mains, et elle le prouve. Aujourd'hui partie du groupe pour aller parader avec son chéri Sambora, on ne peut qu'apprécier de la voir évoluer aux côtés du Cooper une dernière fois. Ah oui, autre point positif, il y a vingt-deux titres, ce qui fait qu'on en a pour son argent. Nous aurions tendance à conseiller ce live à tout le monde, pour peu que vous aimiez un minimum la musique proposée, le côté best-of assumé est parfait pour les novices ayant toujours voulu pénétrer dans l'univers d'Alice Cooper. C'est à vous de voir.

SAXON - Warriors Of The Road - The Saxon Chronicles Part.II (CD+DVD)

La bande à Byford nous revient avec un énième live, documentaire etc... Au programme ? Deux DVD's et un CD live. Le premier DVD vous propose un "documentaire" suivant le groupe durant sa précédente tournée qui s'est étalée de 2012 à 2013, et voyant chacun des membres citer les qualités d'un autre membre du groupe, entre quelques extraits live. Exemple : "Biff est un incroyable chanteur", et là, hop ! Un extrait où Biff chante mal ! Parce qu'il faut arrêter de se mentir, il est plus tout jeune le Biffou, et en live, ça passe ou ça casse, et ce live le représente très bien. C'est plutôt honnête de la part de Saxon. J'en connais d'autres qui auraient overdubbé le truc jusqu'à l'amygdale. Bref, là n'est pas le sujet, pour peu que vous soyez facilement surpris de voir des mecs d'un même groupe s'autocongratuler, ce DVD 1 saura vous ravir. En plus, les extraits live sont cools. Pour le DVD 2 et le CD, c'est juste du live d'ailleurs, on bouffe du Wacken 2012, du Download 2012, du Graspop 2013. Bref, y'a de quoi tenir une semaine en cas d'invasion de groupes d'obédiance metalcore. C'est pas désagréable, sans être non plus un truc de fou hein ? On en bouffe beaucoup du live de Saxon depuis la sortie de l'album Sacrifice, et ce serait quand même dommage d'arriver à l'indigestion avant la sortie du prochain effort studio l'an prochain. Passez à autre chose messieurs, s'il vous plaît ! 

PHILM - Fire From The Evening Sun

Slayer a perdu Lombardo, parce que Slayer est idiot. Enfin, Kerry King l'est sûrement un peu, Araya il a l'air sympa, Bostaph suit la meute l'oeil baissé, car après tout, le fric rentre. Gary lui, plus malin, fait ça avec le sourire, et brille quand il le peut du côté de chez Exodus. Pendant ce temps-là, Jeff Hanneman contemple la perte d'identité de ce groupe qu'il aura tant aimé faire briller de son génie. Bref, c'est un autre sujet. Le Lombardo, plus vif, est allé voir du côté de Philm et de son jazz-rock un peu bâtard, teinté Metal, aussi dégueulasse qu'un punk à chien. Le résultat de tout ça ? La puissance mes enfants. "Fire From The Evening Sun" est la décharge électrique qui manquait terriblement à cette année 2014. Ça sent bon le soufre, et pourtant c'est produit très proprement. Cet album c'est un peu la rencontre entre le dégueulasse Hannibal Lecter et une salle d'opération anesthésiée jusqu'à la moindre fibre. La production claire est martyrisée par les délires schizophrènes de ce groupe qui oscille entre moments instrumentaux implacables ("Lady Of The Lake") et bagarre entre hooligans polonais, comme sur le titre éponyme "Fire From The Evening Sun".  Tous les morceaux ont le cul posé entre deux chaises (à trois pieds, avec les clous qui dépassent), et allient avec monstruosité un espèce de thrash hybride avec des plans presque aériens et dotés d'une ambiance tenue d'une main de maître. Pour résumer très grossièremment Philm, et surtout cet album, on pourrait jurer assister à une rencontre entre les mecs de Pink Floyd et un vieux groupe de punk inconnu qui s'essaie au thrash et qui semble y arriver. Une véritable découverte, profonde dans sa violence, dans sa diversité et dans sa folie.

STICKY BOYS - Make Art

Les Sticky Boys c'est l'histoire de trois mecs qui y croient, qui font ça avec le coeur et qui savent ce qu'ils veulent. Ce qu'ils veulent, c'est juste servir le Rock N' Roll dans sa forme la plus pure. Ils n'ont pas la prétention de vouloir tout révolutionner, juste assumer ce qu'ils aiment, qui ils sont et le transmettre par l'intermédiaire de leur musique. Après un premier album qui assumait clairement les influences hard-rock typiques alliées à des influences punk bien trop timides, ce second album fait quand même un sacré pas en avant. Les Sticky Boys assument qu'ils sont des punks, et ils le montrent. Cet album est aussi sale qu'une prisonnière d'Orange Is The New Black. Gros choeurs, grosses guitares, un relief punk bien plus mis en avant, toujours aux côtés de ce hard-rock qui perd un peu de sa place pour se fondre dans ce gloubi-boulga bien plus personnel que par le passé. Les mots d'ordre sont toujours le fun et la puissance, évidemment. Mais, c'est éxécuté avec un peu plus de brio, on sent les nets progrès depuis les débuts, et on s'imprègne de cette positivité avec un grand plaisir. On lève le poing durant toute l'écoute de cet opus clairement inspiré par les meilleurs vieux (AC/DC, Motörhead, The Clash etc...), on ne pense à rien et on détruit tout ce qu'on peut. L'album s'appelle "Make Art", et c'est tant mieux, l'art ne doit pas toujours avoir à être sérieux, regardez moi ces andouilles d'artistes contemporains par exemple ! Pendant que vous, êtres humains, vous allez vous éclater à écouter ce brûlot intemporel et jouissif, y'a un imbécile qui cherche vraiment une aiguille dans une botte de foin. Ça, on en parle partout. Bref, les Sticky Boys c'est le bien, et pour le reste, emmerdons tous ensemble les artistes contemporains. Listen to your heart and free your mind, you may leave the rest behind.

IN FLAMES - Siren Charms

Il y a des artistes qui évoluent, et d'autres qui proposeront encore et toujours la même chose. In Flames semble vouloir rentrer dans la première catégorie. Mais est-ce qu'une évolution dans la musique d'un groupe crédibilise forcément un album et le talent de ses auteurs ? Tout dépend du point de vue. Ce "Siren Charms" aura énormément divisé la communauté des fans d'In Flames, et pour cause, on s'éloigne du Metal et on se rapproche d'un Rock certes burné, mais mal exploité. Le groupe ne semble pas savoir où il met vraiment les pieds et, comme si cela ne suffisait pas, semble avoir perdu en efficacité. Anders, toujours excellent en chant clair, est véritablement casse-pied quand il s'essaie au growl. Cela pourrait être une tentative ratée sur un morceau, mais non, cette mauvaise performance dure tout le temps de l'album. In Flames semble perdu et incapable de produire quelque chose qui possède un semblant d'identité. Par moment, c'est une aventure vers un autre monde, comme "When The World Explodes", tentative réussie de morceau lourd faisant la part belle au guitare, et à d'autres périodes, c'est carrément le pire qui nous tombe sur le coin de l'oreille. Grosse pensée à ce mauvais morceau qu'est "Everything's Gone", qui malgré un lien de parenté plus évident avec le passé d'In Flames, sombre dans une médiocrité sans pareille. Trop vouloir évoluer et innover n'aura permis au groupe que de se complaire dans une baisse de qualité de composition et d'enregistrement qui le ramène en dessous du statut qu'il avait acquis avec son précédent effort. In Flames avait tout pour réussir, et il a chuté, misérablement. La production est mauvaise, trois quarts des titres sont à côté de la plaque, et le quart de bonnes choses qu'ils restent n'existent que lorsque Anders ne chante pas. Nous attendions vraiment mieux. Un gâchis difficile à accepter...

GODSMACK - 1000hp

Sully Erna et sa bande sont de retour après le très bon "The Oracle" qui avait pas mal remis le groupe sur de bons rails après le décevant "IV". Ce nouveau venu, le bien-nomme "1000hp" (traduire : mille chevaux) avec un hot-rod sur la pochette donne bien le ton. Le titre éponyme chargé d'ouvrir l'album, ainsi que son second, sobrement intitulé "FML" (pour Fuck My Life), sont de véritables brûlots qui ne laissent pas vraiment planer de doute quant aux intentions de Godsmack : vous défoncer la tronche musicalement. Pourtant, la réalité est plus compliquée que cela. Comme tout bon groupe aux influences grundge, les américains sont attirés comme des insectes par la lumière par d'autres univers, un peu plus intéressants et risqués. Ils nous gâtent ainsi d'autres influences, elles aussi sorties tout droit des nineties mais pas que, et nous offrent un "Generation Day" assez surprenant, tenu d'une main de maître, et incorporant quelques ambiances presque psychédéliques qui nous rappellent des albums de rock de la fin des années 60 et des années 70. On retrouve aussi du Alice In Chains dans beaucoup de titres de l'album, même si "Turning To Stone" est le digne représentant de cette influence plus qu'évidente pour Godsmack depuis leurs débuts. La bande n'oublie pas de gâter les fans de sensations fortes et nous servent des brûlots d'une efficacité dévastatrice tels que "Locked and Loaded", et on sent qu'ils le font avec plaisir. La sensation d'écouter l'album d'un groupe qui a grandi est assez agréable, et nous prouve une fois de plus qu'il ne faut pas résumer Godsmack à l'étiquette "grundge/néo metal" à laquelle les simples d'esprit semblent s'obstiner à affilier le groupe depuis ses débuts, mais que derrière nous avons surtout des passionnés qui cherchent constamment a réinventer ce qu'ils aiment, et à le faire avec honnêteté par rapport à l'identité du groupe. La majeure partie de leur identité reste évidemment ancrée dans ce rock/metal très années 90, mais le plaisir d'écouter Godsmack gagne en intensité à chaque nouvel album, et on se demande jusqu'où les mecs de Boston iront pour nous surprendre. Un album a écouter, à conseiller, à aimer, ou pas.

ELECTRIC WIZARD - Time To Die

Après le décevant "Black Masses" en 2010 et l'EP "Legalise Drugs And Murder" en 2012, qui avait un peu remonté la pente, Electric Wizard revient avec le sublimement nommé "Time To Die". Nous devons avouer avoir passé un bon moment, et être heureux d'avoir retrouvé un groupe qui OSE. Car c'est bien ça qu'il manquait sur les précédents opus. Certains esprits ne trouveront pas forcément de différences entre "Time To Die" et d'autres albums du gang de doomers. Et pourtant... Electric Wizard semble avoir pigé qu'une guitare ne suffisait pas à créer une ambiance malsaine, et qu'elle pouvait aussi créer des ambiances plus, "psychédéliques". Quand ils ont remarqué ça, je crois qu'ils se sont dit que ce serait intéressant de mêler les deux ambiances pour créer quelque chose d'autre, un truc vraiment mauvais tu vois. Et quel bonheur ! Par le passé, la musique d'Electric Wizard ressemblait plus à une mort par rencontre avec une armée de milles couteaux qui perçaient ta petite peau lentement et chacun leur tour. Puis, elle a changée, et est devenue une descente progressive dans les ténèbres. Aujourd'hui, nouveau visage, nouvelles sensations, "Time To Die" est une assemblée d'images putrides, mauvaises, malsaines, mais joviales (évidemment), qui vous prennent à la gorge et qui vous étouffent petit à petit, jusqu'à ne laisser que votre infâme corps sans vie devenu blanc toucher le sol. "Time To Die" et son doom psychédélique assassin, aux riffs répétés jusqu'à l'enfer, est une traversée de tous les mauvais moments que ce monde a connu, réinterprétés par le cerveau capilotracté de ce diable de Jus Osborn à la voix envoutante, fan de film d'horreur devant l'éternel, et ayant pris son film préféré pour en faire la bande-originale. Son film préféré ? Nous et nos actions.

 

 

1996 vuesPar Jimmy Jetsam