Albums de la semaine HORS-SERIE : Retour sur les albums qui ont marqué l'année jusqu'à présent !

20 Novembre 2014
HORS-SERIE : Retour sur les albums qui ont marqué l'année jusqu'à présent !

Salut à tous, et désolé pour cette longue absence. Non, LOUDER! n'est pas abandonné, et nous revenons dès aujourd'hui, avec de nouvelles rubriques et une toute nouvelle motivation. Aujourd'hui, nous vous faisons découvrir un numéro "hors-série" d'un de nos nouveaux travaux, "les albums de la semaine". Chaque semaine, un article de ce type sera posté afin de vous présenter nos dernières écoutes, et vous dire ce que nous en pensons. Vous trouverez également, la rubrique de "l'album du mois", qui quant à elle récompensera la plus méritante des sorties. 

Aujourd'hui, nous vous proposons un "hors-série" comme indiqué précédemment, qui vous liste les albums qui ont su marquer l'année, avec notre avis sur ces derniers. Vous êtes prêts ? Here we go ! 

BROTHER FIRETRIBE – Diamond In The Firepit

Dire qu'il ne faut pas chercher très loin pour apprécier Brother Firetribe serait une douce affirmation. Pour tous les albums du combo, du premier (False Of Metal) au dernier en date (Heart Full Of Fire), c'était un véritable cri d'amour au Rock FM qui était fait aux auditeurs. Est-ce différent aujourd'hui ? HELL NO ! Ce « Diamond In The Firepit » est le digne successeur de ses grands frères. Guitares stéréotypées, thèmes usés jusqu'à l'os, refrains entêtants et anthémiques, sonorités clichées à souhait, l'art du « feelgood  album » est ici représenté dans toute sa splendeur. On ne peut que féliciter les musiciens pour tenir la ligne de conduite à la perfection. Grâce à une production définitivement moderne et douée d'un certain impact, la galette brille purement et simplement. Bon, par contre, pas besoin de vous dire de ne pas vous attarder pour peu que vous soyez allergiques au Rock à la Bon Jovi, c'est un coup à vous dégoûter encore plus de ce style, exposé ici dans sa forme la plus pure. On ne parle que d'amour et de cœur brisé, et de la manière la plus directe qui soit, que ce soit par la musique ou par les paroles. Non vraiment, êtes-vous prêts à écouter des titres aussi niais que « Love Is Not Enough », « Far Away From Love », ou encore « Desperately » ? Si c'est le cas, vous allez passer un très bon moment. Si ce n'est pas le cas, je n'ose imaginer la détresse qui s'emparera de vous quand la guitare et les claviers retentiront dans vos enceintes.

H.E.A.T – Tearing Down The Walls

Après l'excellent « Address The Nation » sorti en 2012, il faut avouer que l'attente fut insoutenable avant de pouvoir reposer les oreilles sur un nouvel album des Suédois de H.E.A.T. C'est donc une révérence que nous faisons à l'écoute de ce « Tearing Down The Walls » définitivement gé-nial ! L'album commence sur une douce mélopée acoustique des plus agréables et enchaîne sur un riff heavy qui fait son effet assez rapidement. Une situation qui résume l'oeuvre à merveille. Inspiré, sachant être percutant et touchant, « Tearing Down The Walls » est une formidable boule d'énergie sensible. Le groupe ne renie en rien son inspiration clairement Rock FM, mais il a su y ajouter des inspirations clairement plus heavy à certains moments, Pop à d'autres. Il sait aussi à quel moment calmer les instruments pour faire la part belle à un Erik Grönwall à l'organe vocal capable de tout, que ce soit vous filer la chair de poule ou vous faire monter les larmes aux yeux. Il faut croire que les télé-crochets n'ont pas que du mauvais (ndlr : Erik est un des gagnants de la Nouvelle Star version suédoise). Véritable voyage au sein des seventies et des eighties (dans leur entièreté), aidé par une production terriblement puissante et moderne, ce « Tearing Down The Walls » ne devrait laisser aucun « rockeur » dans l'âme insensible tant les réminiscences à d'autres mastodontes sont efficaces. Mention spéciale à ce clavier discret, mais pas trop, et très « Jon Lord » à certains moments. Une véritable pépite !

KILLER BE KILLED – Killer Be Killed

Prenez Max Cavalera (Soulfly), versez un peu de Greg Puciato (The Dillinger Escape Plan), ajoutez-y un soupçon de Troy Sanders (Mastodon), secouez le tout, et saucez le tout avec un peu de Dave Elitch (Mars Volta), et vous obtenez Killer Be Killed et son album album éponyme. Véritable brûlot, ce premier essai sonne très bien et est plutôt convaincant. Il faut dire que partir sur une base de trois chanteurs (ndlr:Max, Greg et Troy se partagent le micro) laisse énormément de possibilités quant à la manière d'explorer ce nouvel univers encore en pleine construction. Très énervé, parfois maladroit, l'album a un peu le cul entre deux chaises, bloqué par son originalité et aussi une certaine redondance. Les compères évoluent dans un style mêlant le meilleur et parfois le pire du Groove Metal, dans un univers quand même foutrement inspiré par le Thrash, l'Hardcore et à moindre mesure, le Stoner. Alors, certes, ça défonce sévèrement, on passe un sacré bon moment en leur compagnie, on note pas mal de notes d'originalité, comme ce « Face Down » qui arrive et repart en vous assénant une baffe assez violente pour assomer un Bill Goldberg dans la fleur de l'âge. Néanmoins, des titres comme « Curb Crusher » peinent à trouver une identité et s'avèrent assez compliqués à dompter et à apprécier. C'est dommage, sachant que ce n'est pas forcément le morceau le plus complexe de la galette et qu'il y avait probablement autre chose à faire. Un « I.E.D » se verra être plus accessible malgré une compléxité bien plus élevé, ce qui est relativement surprenant. Killer Be Killed est un bon album, diversifié, et intéressant. Malheureusement, il a tendance à se perdre un peu trop. La faute sûrement à une collaboration encore trop fraîche entre ces quatre artistes. On attend cependant impatiemment d'entendre la suite, si suite il doit y avoir, car ce premier essai reste quand même très convaincant et intéressant.

SEBASTIAN BACH – Give 'Em Hell

L'ancien chanteur Skid Row nous revient avec un nouvel opus solo plutôt bien fourni en invités ! Au programme : John 5, Duff McKagan et Steven Stevens. Un programme assez alléchant donc. On ne peut donc qu'être surpris par la première piste de l'album, et du pétard mouillé qu'elle donne l'impression d'être ! Sérieusement Sebastian ? Malgré son riff d'introduction purement jouissif, « Hell Inside My Head » ne décolle pas, et semble promettre le pire. Quel dommage d'avoir placé ce titre en ouverture quand on sait que ce qui nous attend plus tard est des dizaines de fois supérieur à ce titre à peine digne de tenir la désignation de face B. Aucune saveur, aucune efficacité, rien du tout, sinon une perfomance vocale qui tient la route, et une guitare sympathique. Heureusement pour nous, et sûrement pour Sebastian, le niveau remonte avec l'entame de la seconde piste, et ce qui en suivra. De manière générale, Give 'Em Hell est un album sympathique, très américain dans le style (ce à quoi le bonhomme nous habitue depuis qu'il la joue solitaire). Passée la mauvaise surprise du premier morceau, nous nous retrouvons face à un album inspiré à son niveau. Bach ne s'en cache pas, il fait des albums pour s'amuser, pas pour se prendre la tête. Ainsi, on avale à peu près tout assez facilement, on se laisse emporter par les refrains anthémiques à souhait, par cette guitare qui a toujours un bon riff à offrir et surtout, par cette putain de production pleine de puissance. Les morceaux plus calmes, et plus fournis en émotion comme « Had Enough » trouvent leur place très facilement, et arrivent à permettre à l'album de tenir son rôle de manière efficace. Seb Bach évolue de manière assez simple dans un registre teinté de Heavy, de Pop et de Rock N' Roll, et en fait profiter la galerie avec brio. Seul problème ? Comment imposer cet album dans le long terme quand au final, on ne lui offre que si peu d'identité ? « Give 'Em Hell » semble voué à rester un album que vous ferez tourner de temps en temps, parce qu'il est « cool » et pas « prise de tête ». C'est dommage, car Bach sert ici probablement son meilleur opus solo, mais n'en tirera pas grand chose, à part peut-être un prétexte pour faire des tournées. Un bon album qui aurait eu le potentiel pour être un excellent album.

AVATAR – Hail The Apocalypse

Après avoir fait la première partie de la tournée Européenne d'Avenged Sevenfold et Five Finger Death Punch en Novembre 2013, il nous semblait évident qu'Avatar venait de faire un joli pas en avant. Il faut dire que cette opportunité était méritée (même si arrivée à cause de l'annulation de Device qui devait assurer la première partie à la base), les mecs servent d'excellents albums et semblent constamment en quête de qualité, et d'une certaine évolution. Leur précédent opus, Black Waltz, le prouvait à merveille, alliant des sonorités thrash et death à un univers clairement inspiré par le hard-rock. Hail The Apocalypse, leur nouvel album, poursuit clairement dans cette voie. Toujours aussi curieux et désireux de satisfaire l'appérit insatiable de ses auditeurs, Avatar continue son exploration des différents styles qu'il affectionne, pour les remanier à sa sauce et les mêler à d'autres univers. Ainsi, on ne peut qu'applaudir l'ambiance qui se dégage des très Rammstein et Mansonien « Vultures Fly » ou « Murderer », avec une touche presque black/death sur ce dernier. Le point positif véritable et immuable à la musique d'Avatar reste quand même cette impression incroyable d'accessibilité quand la musique repose sur des bases clairement techniques. Je ne vais pas m'amuser à vous citer des exemples de pistes clairement représentatives de cet état de fait, puisque chacune d'entre elles rentrent dans ce paramètre. Et ce, depuis les débuts du groupe. Du côté des évolutions vraiment notables, il semble juste de noter le formidable travail autour des ambiances proposées par chacun des morceaux. En effet, jamais Avatar n'aura réussi à proposer des ambiances aussi convaincantes et présentes que maintenant. Enfin, reconnaître le grand talent de chanteur de Johannes semble primordial tant le mec semble s'amuser à changer ses tonalités et à impressionner l'auditeur grâce à la large palette vocale dont il dispose. Hail The Apocalypse est un excellent album, inspiré, éclectique, puissant et surtout, honnête car personnel. On regrettera cependant quelques longueurs qui font décrocher de l'écoute à certains moments. Rien de bien grave fort heureusement.

SABATON – Heroes

Nous voulions, à la base, faire de cet album le premier album du mois. Hélas, nous pensons que ce serait un peu malhonnête compte-tenu du fait que Sabaton ne surprend guère avec ce nouvel opus. Attention, nous ne disons pas que nous sommes face à un mauvais album, c'est même très loin d'être le cas. Mais malheureusement, même si la production est absolument géniale, résolument old-school, que Sabaton nous sert son heavy, power-metal avec plaisir et joie, proposant probablement son album le plus positif depuis ses débuts, la recette reste définitivement la même. Véritable défouloir positif, anthémique, qui vous fera hurler en choeur avec Joakim (chant) ou en choeur avec les guitares, il va de soit que vous ressortirez de ce « Heroes » avec une véritable fatigue positive, fatigue similaire à celle que l'on ressent une fois une bonne séance de sport achevée. Se sentir aussi bien pendant et après l'écoute d'un album est quelque chose de très rare de nos jours, et si l'on peut bien féliciter Sabaton, c'est pour cela. Les mecs donnent tout, absolument tout, et arrivent à faire sentir à l'auditeur qu'il fait partie intégrante de l'oeuvre qu'il est en train d'écouter. Un moment épique et super agréable à entendre, très rassurant quant à l'avenir de ce Sabaton qui avait perdu trois quarts de son line-up il y a deux ans. Maintenant, nous attendons d'être vraiment surpris messieurs ! Allez, on se dit que ce sera pour la prochaine !

GAMMA RAY – Empire Of The Undead

Kai Hansen et sa bande sont de retour après l'EP Master Of Confusion sorti l'an dernier et chargé de préparer à l'arrivée de ce nouvel album dont nous allons parler maintenant. La question que je me posais déjà à la sortie de Master Of Confusion, et que je continue de me poser aujourd'hui à l'écoute de Empire Of The Undead est toute simple : « Comment un groupe peut être aussi inégal dans ce qu'il propose ? » Ça ne vous choque pas vous ? L'album débute sur un titre convenu au possible, « Avalon », mais qui a au moins le mérite de remplir le job, et arrive même à surprendre un peu à certains moments ! Les choeurs par exemple, ils sont excellents, et appuient vraiment le visage agréable du morceau. On parle quand même d'un titre d'une durée de presque dix minutes, mais qui passe par une lettre comme à la Poste. On se dit que ça part bien, puis le titre qui suit s'avère être une déception. Ce « Hellbent » ultra-rapide sonne faux, brouillon, et se perd lui-même dans ce tourbillon de rapidité qui finalement ressemble plus à un fourre-tout offert vitesse grand V histoire de dire qu'on peut toujours botter des culs. Le problème, c'est que c'est pas forcément mauvais, mais on a la sensation d'avoir déjà entendu ça des milliers de fois. Je vais prendre l'exemple de « Pale Rider » un très bon morceau de Gamma Ray clairement inspiré de Judas Priest et d'Accept, mais qui aurait été considéré comme un morceau moyen de la part de ces derniers si c'étaient eux qui avaient eu le malheur de le proposer. Et c'est là que je me prends la tête avec Gamma Ray, car j'aime ce que j'entends, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'ils se foulent quand même pas des masses. Du heavy dans sa forme la plus pure, du heavy qui remplit son job, mais qui n'essaie jamais vraiment de se surpasser, ou alors qui a des fulgurances bien trop rares pour arriver à s'imposer comme autre chose qu'un bon album. Enfin, ça reste toujours mieux que leur précédent album « Sigh No More », qui pour le coup, était vraiment mauvais.

CALIFORNIA BREED – California Breed

Glenn Hughes et Jason Bonham (ndlr : qui n'est plus dans le groupe depuis...) sont enfin de retour après le naufrage de Black Country Communion. Au programme ? Un nouveau groupe évoluant en trio, et proposant de découvrir un jeune guitariste véritablement doué, appellé Andrew Watt. Premier constat qui s'impose dès les premières secondes de « The Way », California Breed dispose d'un son absolument dingue, puissant, crade et clair à la fois. Très « live » dans la forme et très efficace. Chaque riff, chaque coup de batterie, chaque envolée lyrique de Hughes se déguste comme une bonne gifle. Les riffs du jeune Watt sont acérés et arrivent à tous trouver leur identité dans cet album très éclectique qui propose le meilleur du classic-rock, allié à des sonorités allant du heavy, à la pop, en passant par le grunge. California Breed n'est pas un album dont vous pouvez attendre quelque chose, car chaque morceau propose une identité différente. Par exemple, vous avez ce « Sweet Tea » très cool dans le style, qui vous fera headbanguer avec un riff entêtant, une batterie puissante, et une ligne de chant clairement faite pour vous rester dans le crâne et vous donner envie de chanter en choeur avec l'ami Hughes. A la suite de « Sweet Tea », débarque un « Chemical Rain » clairement plus aérien, plus envoûtant, plus en retenue et surtout, complètement différent du morceau qu'il précédait. C'est là que réside la grande force, et aussi la faiblesse de California Breed. Ce que nous proposent les musiciens est clairement inspiré, pas de problème, c'est exécuté avec talent, mais cette débauche de différentes sonorités aurait tendance à nous perdre tant il y a de richesse au sein de chaque titre. Attention, je ne dis pas que c'est forcément un défaut. Cependant, il faut bien garder en tête qu'un album exigeant comme celui que nous propose aujourd'hui le groupe requiert plusieurs écoutes pour s'en imprégner totalement et comprendre de quoi il est question. Même si Black Country Communion proposait une musique sûrement tout aussi riche, les albums étaient clairement plus accessibles. Ainsi, de part son éclectisme, son panel d'identités et sa longueur, vous apprécierez vraiment cette galette après plusieurs écoutes, sérieuses. Pas sûr que tous aient la patience de creuser pour déceler tout le plaisir que peut procurer cet excellent album. 

HELLYEAH – Blood For Blood

Chad Gray, Vinnie Paul et Tom Maxwell sont de retour avec un nouvel opus studio de Hellyeah, deux ans après l’infatiguable « Band Of Brothers ». Plusieurs faits marquants entourent la sortie de « Blood For Blood », tout d’abord, un gros changement de line-up. En effet, Bob Zilla et Greg Tribbett ne sont plus dans le groupe, remplacés par Kyle Sanders (basse) et Christian Brady (qui tiendra la guitare en live pour le moment). De la à dire que cette séparation suivie de l’arrivée de nouveaux membres s’est faite dans la douleur, il n’y a qu’un pas. Il faut dire qu’Hellyeah tel que nous pouvons l’entendre sur ce nouvel album s’éloigne significativement du groupe que nous connaissions. L’ambiance générale qui se propage autour des morceaux est clairement plus sombre, tandis que la musique se veut plus impactante que par le passé. Alors qu’avant, se passer un album d’Hellyeah était synonyme d’avalanche de décibels positives, propices à se vider la tête. Aujourd’hui le propos semble clairement différent. Dès les premières notes du titre éponyme ou bien de l’apocalyptique « Demons In The Dirt », on ressent clairement que même si l’avalanche de décibels existe toujours, cette dernière est bien plus profonde, presque blessée et porteuse d’un univers bien plus sombre qui ne ressemble plus vraiment au groupe de « Band Of Brothers ». En même temps, la notion d’unité était si présente dans le « concept » et l’univers du précédent opus qu’on se demande si finalement, cette « destruction » de line-up n’a pas engendré un deuil fait dans la violence et l’émotion, et représenté par ce « Blood For Blood » qui joue très clairement sur les deux tableaux. « Moth » par exemple, très alternatif dans le style, fait très clairement comprendre que l’accouchement de l’album s’est fait dans la souffrance. Autre fait étonnant, « Blood For Blood » est un album « fatiguant » à écouter, tant il regorge de subtilités et outrepasse sa condition de brûlot. Il faut dire qu’en dehors de « Moth » et « Hush », c’est une véritable tornade de puissance qui s’abat sur nous. J’en veux pour preuve l’agression physique apportée par la batterie d’un Vinnie Paul complètement débridé sur le titre « Say When », morceau lui aussi complètement décousu et balancé à la face de l’auditeur sans aucune pincette, ni vraiment aucune identité, juste le chaos et la puissance, dans leur état le plus pur. A l’image de l’album finalement. Hellyeah sonne comme le chaos tentant de se sortir de ténèbres qui semblent infinies, mais qui le fait avec violence, puisant sa force d’une certaine forme de tristesse intrigante et surprenante de la part d’un groupe que l’on n’attendait pas si surprenant. Cependant, Hellyeah aura su être plus surprenant musicalement, mais clairement, ce « Blood For Blood » s’écoute avec le cœur et sûrement pas avec la tête.

ANATHEMA – distant satellites

« Weather Systems », précédent album d’Anathema avait su convaincre de manière spectaculaire la plupart des oreilles dans lesquelles il était passé. Pourquoi ? Parce qu’Anathema est probablement le seul groupe capable de vous attraper dès la première seconde d’un album et de vous balader dans son monde comme il le désire, tout en vous laissant la liberté d’imaginer vous-mêmes à quoi ce monde peut ressembler. Ce qui fait qu’au bout du compte, le monde du groupe n’est finalement régit que par les gens qui se donnent la peine de franchir l’entrée. Bâti sur de solides bases, ce « distant satellites » ne sera pas une déception. Le groupe vend sa « pop atmosphérique » de très belle manière, mêlant différentes sonorités au sein d’un tout toujours aussi logique et blindé d’émotions. Chaque chanson est rythmée selon l’histoire qu’elle veut raconter, aucune d’entre-elles ne vous proposera un tout attendu et « commun », Anathema sait accélérer et ralentir, ou bien se durcir, à bonnes doses, et à raison. Lee Douglas est toujours là pour donner encore plus de douceur à une musique qui n’en a pas forcément besoin, tandis que les voix masculines de l’album apportent quant à elles cette brise de puissance tout juste parfaite pour appuyer l’identité des morceaux, ou bien pour offrir un écho presque mystique à la voix de Lee. Au rayon des nouveautés, alors que « Weather Systems » était probablement un album « agressif » dans l’émotion (un mot à vraiment prendre des pincettes quand on parle d’Anathema) dans le sens où il savait s’énerver. Ce « distant satellites », si l’on devait le qualifier de quelque chose,  ce serait plus d’être « épique », et peut-être plus positif que son prédécesseur.  Il n’y a pas cette mélancolie qui, je trouve, émanait de « Weather Systems », qui savait comment vous émouvoir avec quelques notes de guitare et des notes de piano bien placées. Ici, rien que la batterie est je trouve, bien plus « sauvage ». Attention, je ne dis pas qu’Anathema ne sait pas se faire émotif dans cet album, mais il l’est moins, la carte jouée n’est clairement pas la même. La chanson « DUSK (dark is descending) » saura vous en convaincre très rapidement, puisqu’elle allie à la perfection ce côté « émotif » et « sauvage » dont je parle. Autre nouveauté, ou en tout cas, aspect qu’on ne trouvait pas dans le précédent album, des sonorités électro qui se sont glissées ici et là dans l’album, et qui, étonnamment, se fondent dans la masse de manière efficace. On regretterait presque qu’elles aient été si peu utilisées. Enfin, je ne vais pas tourner autour du pot plus longtemps pour vous dire qu’Anathema nous ramène encore un chef-d’œuvre, éclectique, puissant et foutrement touchant. Si « Weather Systems » était une chute dans le monde du groupe, « distant satellites » est probablement une ascension, une ascension durant laquelle les musiciens se laissent aller à leur for-intérieur dans une entièreté touchante, et surtout, se laisse aller à une musique qui semble en constante évolution et qui émerge aujourd’hui après cette ascension émotionnellement très forte et qui laisse ressortir certains aspects qu’on ne soupçonnait clairement pas. 

2038 vuesPar Jimmy Jetsam