Live-Report Koritni - Blackrain (+Million Dollar Reload) @ Paris, Bataclan, 19/01/2013

21 Janvier 2013
Koritni - Blackrain (+Million Dollar Reload) @ Paris, Bataclan, 19/01/2013

Un Paris refroidi, un Paris enneigé, un Paris ralenti, mais un Paris toujours définitivement prêt à bouger ses fesses quand il s’agit d’aider le Rock N’ Roll à faire parler la poudre. Ce 19 Janvier, Blackrain et Koritni (supportés par Million Dollar Reload) investissent la fameuse salle qu’est le Bataclan dans le cadre de leur mini-tournée commune qui avait débutée à Lille un jour auparavant. Des grosses guitares, du feeling, tout semblait prêt afin de donner au public venu ce soir, des prestations dont il se souviendrait durant longtemps. Ce fut le cas, aux deux tiers.

Premiers venus sur scène, Million Dollar Reload, qui donnent leur première représentation Parisienne. Je dois avouer mes fautes et reconnaître que mon premier contact avec leur musique s’est effectué hier soir, et ce fut une bien belle surprise. Il y a tant de choses à souligner dans la prestation du groupe que je me contenterais seulement d’évoquer quelques éléments. L’envie d’headbanguer ne m’a pas quitté une seule fois de tout le show qui, il faut l’avouer, a su allier un certain professionnalisme  et un feeling offrant une chaleur et une énergie de folie à la musique du groupe. Le chant est juste, les mecs ont du charisme à revendre, les guitares vous tranchent la bibine tandis que l’aspect très typé Hard FM offert par le groupe vous file la pêche. Très paradoxal non ? Ces mecs ont pourtant réussi à allier deux choses qui se doivent d’être, normalement, incompatibles. Prenez l’album Powerage d’AC/DC, ajoutez-y quelques pionniers de la scène Hard FM en général et vous obtenez Million Dollar Reload. Une excellente prestation, servie par un très bon son, bravo messieurs !

Blackrain investit la scène avec la charge de succéder à l’excellente et triomphale prestation de leurs prédécesseurs, la salle exprime sa joie quant à l’arrivée sur scène des Savoyards. Je n’ai jamais été un grand fan de leur musique, j’attends donc avec impatience d’assister à cette prestation afin de pouvoir poser un jugement clair et précis face à ce groupe tant décrié ces derniers temps. Le concert commence avec l’arrivée de cornemuseurs sur scène, reprenant le célèbre Amazing Grace, qui au bout de quelques minutes (et oui c’est long !) se voit seulement être interprété par Max 2 (lead-guitar) qui fait son entrée en premier. Je dois avouer rester de marbre face à la place accordée à ce morceau de la part de Blackrain en introduction de leur concert. Amazing Grace étant un hymne chrétien traitant de la rédemption, du pardon des pêchés (rock n’ roll vous dîtes ?) et tout le tintouin religieux tel qu’on le connait, on peut se poser quelques questions quant à ce curieux choix. Néanmoins, si tout cela a été fait juste pour se donner un côté cool, et bien… c’était cool ! Le guitariste est très vite rejoint par ses compagnons de jeu qui enchaînent les titres, I Need My Doctor, Get A Gun, Innocent Rosie, Heart Screams y passent. Non pas que l’interprétation semble être mauvaise, le public d’ailleurs ne s’y trompe pas et semble s’éclater autant qu’il le peut. De mon côté, je ne suis que peu convaincu et tente tant bien que mal de rentrer dans ce concert, dont ne semblent émerger que Max 2 et Frank.F (batterie) qui semblent interpréter les différents morceaux avec une facilité déconcertante. On ne peut pas en dire autant de Swann (chant et guitare) et MatH (basse) qui semblent avoir un beau balai coincé là où vous savez. Hors, ce n’est pas en feintant une certaine facilité scénique qu’on l’a forcément. Malgré des qualités vocales indéniables, le chanteur se complaît dans une attitude très renfermée qu’il n’assume pas et offre une parodie de lui-même, surement due au stress, qui se sent d’ailleurs dans les discours entre les morceaux. Que dire de l’Amanda Lear bodybuildée tenant la basse ? Si ce n’est que je ne sent pas que MatH soit à l'aise du tout ? Faisant passer Swann pour un professionnel ayant de la bouteille, c’est fort ! Les sourires et sa prestation semblent pourtant convaincre les personnes présentes ce soir, je dois être un vieux con de 20 ans, aigri par la vie pour ne pas capter.

Le single Blast Me Up issu du prochain album (à paraître en Mars) m’hérisse le poil dans le mauvais sens du terme, fade à souhait, sans aucune profondeur ni originalité et confirmant mes craintes quand je vois la tronche du groupe lors de l’interprétation. C’est quand même dommage, surtout quand on sait Blackrain capable de beaucoup mieux. En définitive, la désagréable impression de me trouver face à un groupe jouant des compositions réglées pour atteindre une oreille plus grand public ne me quitte pas de tout le concert. Vous avez sûrement envie de me dire : « Quel est le problème, si les compositions sont bonnes ? » Hélas, elles ne le sont pas toutes, loin s’en faut… Même si le public semble s’éclater durant la prestation des Savoyards, je ne peux m’empêcher pour ma part de voir un groupe convaincu qu’à moitié par ce qu’il joue et pas forcément aussi à l’aise qu’il veut bien le faire croire. Même si la soirée se finit sur un It’s A Long Way To The Top (AC/DC) plaisant et joué avec les cornemuseurs (qui auront bien du mal à se faire entendre), le tout n’aura malheureusement pas été à la hauteur, la faute à un groupe qui semble se perdre et qui si il continue sur cette lancée finira droit dans le mur, malgré un talent certain, mais pas incroyable pour un sou ce soir. Nous mettrons ça sur le compte d'un groupe un peu stressé mais qui aura d'autres occasions de prouver ce qu'il vaut, j'en suis certain. A revoir ! 

C’est au tour de Koritni de fouler les planches du Bataclan ce soir, au son de la B.O de Predator s’il vous plait ! Toujours pas de Luke Cuerden (guitare rythmique) au rendez-vous, mais un Manu Livertout toujours aussi souriant et débordant d’énergie le remplaçant au pied levé (une chance sachant que ce dernier était encore dans le plâtre il y a peu). Il est obligatoire aussi de souligner l’absence de Matt Hunter à la basse qui se retrouve remplacé sur cette tournée par un guest de choix en la personne de Yves « Vivi » Brusco (Trust, Handful Of Dust) qui semble se fondre dans le groupe comme si il en faisait partie depuis déjà pas mal de temps. Le concert débute par Devil’s Daughter, choix aussi surprenant que la set-list jouée par le groupe au Hellfest 2012 qui s’ouvrait avec Sometimes. Un morceau au visage relativement calme qui pourrait sembler inapproprié mais qui au final remplit assez bien le job car marqué par une sacrée montée en puissance tout le long de son exécution. Le tout s’enchaîne très rapidement avec TV’s Just A Medium qui a le mérite de foutre le feu au sens propre du terme, Lex Koritni se détruit le gosier en nous servant un chant juste et puissant tandis qu’Eddy (Santacreu, lead guitar) nous gâte encore une fois de ses soli toujours aussi efficaces. C’est une vraie démonstration que nous offre le groupe, pro à souhait, respirant le feeling et la chaleur, le public ne s’y trompe pas et headbangue en rythme à l’appel d’un Lex qui sait tenir une foule.

Le groupe propose une set-list des plus complète, retraçant fidèlement tous les efforts studios parus jusqu’ici. Game Of Fools, Never Say Goodbye, un Red Light Joint du tonnerre ou encore un Lost For Words prenant toute sa dimension en live, le groupe nous gâte et prouve qu’il est et restera une valeur sûre, sachant mettre en valeur leurs morceaux, à l’inverse de Blackrain plus tôt dans la soirée. Down To The Crossroads voit Lex se saisir d’une guitare et d’un bottleneck afin de jouer l’intro de ce morceau qui finit de mettre le feu aux poudres à l’instar des autres titres issus du dernier album du combo tels que Sydney In The Summertime ou encore Better Off Dead (qui voyait Rusty Brown d’Electric Mary officier aux chœurs sur la version studio). On notera aussi la présence de cette reprise de Fortunate Son (Creedence Clearwater Revival) à laquelle Koritni offre un visage plus énergique qui n’est pas pour être déplaisant. Le set s’achève sur le toujours si efficace Sweet Home Chicago, qui voit le public chanter et apprécier comme il se doit cet ultime moment avec le groupe pour ce soir.

Une très bonne soirée donc, marquée par deux prestations du tonnerre servies par Million Dollar Reload et Koritni. On ne peut cependant que regretter le passage obligé que fut Blackrain qui en plus de servir un show ne semblant même pas les inspirer eux-mêmes, n’arrivait pas à coïncider avec l’univers des deux autres groupes présents, qui  avaient bien plus en commun d’un point de vue musical et qu’on espère revoir assez vite.

 

Photoreport plus complet à venir ! ;)

2243 vuesPar Jimmy Jetsam

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