Dossier Hellfest / Jour 3: " Dernière virée en enfer "

15 Juillet 2013
Hellfest / Jour 3:

HELLFEST / JOUR 3
" Dernière virée en enfer "

C’est déjà le dernier jour sur le site du Hellfest, après deux jours passés littéralement très, voir trop vite. Pour le coup, je me suis rendu à Clisson aux alentours de dix heures du matin, personne sur le terrain, les mainstages sont vides, à l’exception de la première qui voit Waltari effectuer ses balances. Petit moment privilégié. Mais cette matinée s’ouvrira de la manière la plus simple, avec le concert très attendu de The Arrs, venus défendre leur dernier opus, Soleil Noir. La foule encore minime se rassemble devant la Mainstage 2 et donne le top à cette dernière journée, qui tiendra autant ses promesses que les précédentes, malgré une affiche moins mainstream, mais qui a dit que mainstream signifiait qualité ? Sûrement pas moi ! 

J’attendais de voir The Arrs depuis pas mal de temps, il faut dire que la découverte de leur dernier album, Soleil Noir, a été des plus réjouissantes. Déjà, par les thèmes qu’il aborde et qui offrent à la musique du combo une émotion bien présente derrière la violence qu’elle peut transmettre aux premiers abords. Nous sommes happés, voués à headbanguer et à réfléchir en même temps, et ce n’est pas facile. Quid du live donc ? Une bonne tarte dans la gueule tout simplement. Nico chante à s’en faire péter la voix de la plus belle des manières, les riffs sont incisifs et la batterie fait résonner les murs de cet enfer matinal à souhait. La foule se remplit petit à petit, comme des moustiques attirés par la lumière, les festivaliers se laissent prendre au jeu et accueillent The Arrs comme si ils connaissaient le groupe depuis toujours. On déplorera néanmoins le fait que le set soit trop court, mais c’est le jeu. La demi-heure aura été synonyme de puissance, de générosité et de complicité entre un groupe qui monte et des metalheads impliqués. Un excellent moment qu’on espère revivre le plus vite en salle pour un set plus long. Je me précipite vers la Warzone bien décidé à profiter de la prestation de The Decline ! et de leur punk aux ambiances folk, country et festives à souhait. Le concert semblera passer bien trop vite encore une fois. On se laisse prendre au jeu des chœurs puissants servis par le groupe, leur musique est festive à souhait et ne donne qu’une envie : celle de jumper à droite et à gauche, verre à la main en chantant à s’en détruire la voix. Un moment très sympathique donc, malgré un son voguant du bon au moyen, mais rien de bien grave. Truckfighters foutra le feu à une Valley conquise dès les premières notes jouées, pour un concert aux allures de fessée déculottée effectué avec une machette. Je passe par la suite par la Mainstage 1 pour assister à une prestation surprenante, celle d’Heaven’s Basement, un groupe de jeunes anglais prêts à tout pour foutre le feu et proposant des compositions vraiment intéressantes et qui lorgnent entre un rock n’ roll tout droit issu des seventies, allié à des influences hard-rock évidentes et à un aspect un peu heavy-metal venant compléter ce tableau déjà bien assez alléchant ! Je suis véritablement happé par l’énergie et la bonne volonté déployée sur scène, par ce chanteur qui semble provenir tout droit de l’angleterre des années 70 et de ces riffs procureurs de bons vieux headbang bien violents ! Chaque chanson me file un frisson à un moment ou à un autre, et le public semble tout aussi réceptif que je peux l’être. Ce dernier se réjouit d’ailleurs, lorsque le frontman descend au contact de la foule, encore un bon point. Qu’on apprécie leur musique ou non, il faut avouer qu’Heaven’s Basement aura su se faire remarquer et semble tout faire pour s’assurer un avenir radieux ! Voilà un groupe à suivre de près !

Après cette matinée de concerts tous aussi bons les uns que les autres, il est temps pour moi de retourner vers l’espace presse et d’aller à la rencontre du premier groupe vu ce dimanche, The Arrs. Il faut dire que ça fait plusieurs mois que j’essaie de capter Nico, le chanteur du groupe, mais ce dernier étant devenu papa tout récemment, il était compliqué pour lui de se libérer (et on le comprend), trop occupé à découvrir les joies de la paternité. « Et de Skype ! » précise-t-il. Bref, c’est donc avec grand plaisir que je m’entretiens avec lui et Phil, bassiste du combo, fraîchement débarqué. Nous commençons bien sûr par parler des débuts du groupe et sans surprise, l’argumentaire reste le même, à base de bande de potes qui voulaient jouer de la musique, mais qui ne savaient pas jouer d’instruments et qui ont bossé dans l’optique de devenir un groupe. Nico m’explique qu’avant de devenir The Arrs, cette mouture est passée par pleins d’aspects, que ce soit punk, grunge ou autres joyeusetés. Cependant, c’est avec les gros groupes outre-Atlantique qu’ils ont grandi et c’est tout naturellement qu’ils sont venus à jouer dans le style de musique dans lequel on les connaît aujourd’hui. Il faut dire qu’on peut sentir l’influence des Machine Head, Pantera ou encore Slayer dans la musique du groupe et c’est justement ces groupes que va citer Nico pour nous replacer un peu dans le contexte. L’évolution s’est faite d’elle-même pour les mener vers ce projet Metal Hardcore qu’incarne The Arrs aujourd’hui. Je dois avouer m’interroger depuis la sortie de Soleil Noir sur ce paradoxe amené par cet album, définitivement plus lumineux et plus sombre à la fois, était-ce quelque chose qui était voulu par le groupe ? Ou quelque chose qui s’est formé au fur et à mesure de la composition ? Je vous laisse avec Nico et sa réponse des plus intéressantes quant à cet aspect de l’album : « C’est quelque chose qu’ils (Phil et Stefo, nouveaux venus dans le groupe) ont apporté dans leurs bagages. Ils avaient adoré nos premiers albums et souhaitaient retrouver ce côté un peu live du passé et moins théâtral que notre précédent opus. Faire un best-of des premiers albums tout en y ajoutant leur patte donc. Quant à la noirceur des textes, c’est plus simple aujourd’hui car beaucoup moins introspectif, ce sont vraiment des histoires. Je me sens donc plus détaché quand il s’agit d’écrire. C’est un album qui est clairement plus rentre-dedans, c’est presque une renaissance. Jouer sur les saisons, sur l’éclipse, sur la lune qui passe et qui trépasse, laisse le soleil revivre, c’est une belle image qui va bien au groupe. Je pense d’ailleurs que ce côté un peu noir qu’on peut sentir sur l’album se perd un peu en live justement, car le côté énergique, rentre-dedans, très « mosh » se fait bien plus sentir une fois sur scène. » Il va de soi que les textes sont la base cette noirceur dont nous parlons, je resté étonné par Nico et par sa personnalité, capable de grands moments de déconnade mais aussi d’écrire ces textes profonds et très intéressants : « Sur les premiers albums, beaucoup des textes que j’écrivais relevaient de choses très personnelles qui avaient pu m’arriver, c’était ma vie. Sur celui-ci, c’est toute la culture un peu extrême qui m’a inspiré, comme les films gores par exemple, la baise, et au milieu de tout ça il y a la littérature romantique également. » Il est temps d’entendre ce que Phil a à dire à propos de son intégration au sein de The Arrs, qui s’est faite lors des sessions de composition de Soleil Noir : « Je suis arrivé au tout début du processus de composition, au moment où il y avait un véritable foisonnement de riffs, l’arrivée de nouveaux membres. On a presque composé deux albums pour en garder un, il y avait beaucoup de matériel. Ce qui m’a fait plaisir, c’est que je ne suis pas arrivé pour jouer des choses déjà composées, j’ai pu apporter ma patte, c’était vraiment quelque chose de très démocratique. Comme Nico l’expliquait, notre souhait à Stefo et à moi était de ramener The Arrs vers un visage plus live, plus tranchant tout en faisant avancer le groupe, ne pas faire de compromis. On a obligé Nico à faire du chant clair en français alors qu’il ne voulait pas et il a fait ça pour nous. » Nico : « Ils me menaçaient avec des seringues, j’ai pas eu le choix, moi je voulais faire mes parties claires en Anglais, mais ils ne voulaient pas… » Nico et Phil semblent très contents de l’album et me le rappellent plusieurs fois : « On descend du mainstage la mec, comment veux-tu qu’on ne soient pas positifs à bloc ! » me dit un Phil avec un sourire jusqu’aux oreilles. Nico tient à souligner également le fait que le groupe est fondé sur une notion de respect, qu’il aime ce que les membres du groupe peuvent apporter et qu’eux-mêmes apprécient ce que Nico a à donner. « On se caresse, c’est génial. » La suite de l’entretien que vous retrouverez dans le courant de l’été s’intéressera donc à plusieurs aspects de la musique de The Arrs. Soyez au rendez-vous !

Je continue ce périple dans l’espace presse en partant à la rencontre des Sticky Boys et de leur tatoueur, qui les accompagne, complètement défoncé. Les Sticky sont venus comme chaque année en mode festivaliers afin de profiter au maximum comme ils le disent eux-mêmes, de la fête de l’enfer. Comme tous bons festivaliers, il faut avouer qu’ils sont un peu éméchés, mais ce n’est pas ça qui va les empêcher de nous conter un peu l’histoire du groupe, sur un grand fond de déconnade bien évidemment.  « On est contents d’être là, mais franchement, on préférerait voir les Bal Des Enragés. » me dit Alex avant de partir dans un fou-rire et dans une session gifles avec le batteur, Tom, assis à ma droite, qui semble prêt à s’endormir au moindre blanc. Je sens que ça va être sport et je ne suis pas au bout de mes surprises. Nous commençons par discuter de leur présence ici, à l’espace presse, pour faire de la promo, alors qu’ils ne seront pas en concert au Hellfest cette année. Alex, qui sera probablement celui qui parlera le plus durant cet entretien, m’explique qu’un nouvel album est sur les rails et qu’il devrait sortir au printemps prochain. « Ce sera probablement l’occasion de tenter le Hellfest en live ! » s’exclame-t-il, tandis que Tom se contente de faire ce qu’il fera durant une majeure partie de l’interview, acquiescer : « Ouais. ». Pour rappel, les Sticky viennent tout juste de sortir le clip de « Miss Saturday Night » issue de leur premier album « This Is Rock N’ Roll », il semblait donc évident qu’il faille toucher un mot par rapport à ce nouveau petit coup promo, qui il faut l’avouer, est plutôt bien réalisé ! Le problème avec les Sticky Boys, c’est que la question la plus simple peut très vite se transformer en un conflit aux proportions démesurées, surtout si vous leur demandez la date à laquelle ils ont pu être amenés à faire quelque chose ! A tout hasard, la date de tournage de leur clip, histoire de vous replacer dans le contexte, je vais écrire ce dialogue sous la forme d’une pièce de théâtre :

Alex : C’était en Mars ! (prend un air fier)
JB : Le 14 Février !
Tom (sur un ton proche de la mort de l’âme) : Le 14 Janvier !
Alex : Mais non c’était en Mars, le 14 !
JB et Tom : Ouais, ouais… NOOON ! C’était le 14 Janvier !

Les trois protagonistes se fixent avec un regard méchant.

Alex (énervé) : Mais non, bande de débiles ! Le clip était disponible en Mai ! Le réalisateur n’a pas mis quatre mois à le monter, c’était en Mars !
JB (effrayé) : Okay, okay…
Alex : Bah oui, on avait le tournage avec Converse deux ou trois jours avant, et c’était en Mars ! Bande d’abrutis !
Tom : Mais j’ai rien dit moi ! J’ai parlé du fait qu’on avait joué au Bus Palladium !
Alex (giflant violemment Tom) : Ta gueule, c’était y'a longtemps et ça n'a rien à voir !

(fou-rire général)

Vous voyez un peu le truc ? Infernal ! Et je ne vous parle pas de leur tatoueur complètement défoncé, couché derrière les sièges pour essayer de sauver le peu de dignité qu’il reste quand on atteint un tel degré d’alcool dans le sang, épique ! Alex continue sur sa lancée et m’explique que le choix d’utiliser la chanson Miss Saturday Night n’émane pas du groupe, mais bel et bien du réalisateur. « Le mec a réalisé pas mal de clips pour de gros artistes, comme les BB Brunes par exemple (il pouffe), mais il a toujours été fan de Hard. Il est venu nous voir en concert et nous as dit qu’il souhaitait travailler sur un clip avec nous, mais, seulement si on utilisait Miss Saturday Night. Il a dû la kiffer en live. On a bien sur dit oui, mais il fallait rassembler des fonds pour le faire, avoir les autorisations etc… Et voilà ! » Les boys reviennent bien entendu sur This Is Rock N’ Roll et m’expliquent être contents de l’accueil reçu par l’album. Même si les ventes physiques ont été une catastrophe d’après Alex, principalement à cause du fait qu’il faille constamment relancer les mecs derrière la production des CD’s pour que ceux-ci puissent rester en vente, il semble néanmoins content des ventes et trouve ça « cool », yeah man ! Je décide de retourner un peu sur l’aspect historique et sur ce qui a amené ces trois jeunes loups à se rencontrer, et encore une fois, c’est Alex qui va prendre la parole : « Tom et moi, nous nous sommes rencontrés sur des concerts, il jouait dans un groupe sur Reims, et le guitariste de ce groupe s’est tiré. Il m’a proposé de les rejoindre, ce que j’ai fait. Ensuite, Tom (ndlr : toujours plus proche du sommeil durant ce monologue d’Alex) devait boucler ses études sur Paris, on a donc continué là-bas. On a dégagé tous les mecs du précédent groupe dans lequel on a fait pleins de trucs, du thrash, du death, du punk, du glam etc… Nous sommes repartis à deux, on chantait tous les deux, comme des punks. »
Tom : « Y’a que lui qui continue qui continue à chanter, parce que moi je chante comme une merde. »
Alex : « Exact, puis un jour, on s’est mis à faire des trucs un peu branchés genre White Stripes, et ça marchait pas mal ! Puis, on nous a proposés une date en Allemagne, la par contre, nous nous sommes dit qu’il nous fallait un bassiste pour avoir un gros son, ils aiment ça les Allemands, Teutonique Terror ! »
Tom : « C’est une question de respect. »
Alex : « On a passé une annonce, il fallait avant tout qu’on trouve un musicien plutôt qu’un copain, c’est plus délicat de dire à un copain qu’il fait de la merde. »
JB : « C’est là que j’interviens ! Je suis arrivé à Paris, je cherchais un groupe de Rock et j’ai vu leur annonce qui disait en gros : « Si tu es moustachu, chevelu et que tu peux jouer du Rock N’ Roll en étant bourré, rejoins les Sticky Boys ! » J’me suis dit : « Olalala, dis-donc ! Ça a l’air bien ! » Puis, j’ai écouté ce qu’ils faisaient, et c’était nul à chier. Mais bon, ils avaient l’air rigolos, donc j’ai fini par les rejoindre. »
Tom : « Va te faire foutre, t’as encore un joker, après t’es viré. »
Alex : « Tu dis qu’en gros, on est devenus meilleurs grâce à toi ? »
JB : « Parfaitement. »
Alex : « Faut dire qu’avec JB, y’a un truc qu’on a appris, c’est de jouer sans être bourrés. Faut dire qu’on répétait tous les jours ! De sept heures à neuf heures du matin avant d’aller bosser, on répétait, et on remettait ça le soir. On est des prolos mon frère ! »
Tom : « Prolétariat musical ! »
Le Tatoueur se réveille et prononce sa première phrase : « Et c’est ainsi que commence la vraie musique ! » Parfait ! Concernant la vraie interview, qui saura vous faire encore plus rire que ce que vous venez de lire la, je vous donne rendez-vous dans les prochaines semaines !

Je sors du box d’interview et tombe nez-à-nez avec Kärtsy Hatakka de Waltari qui semble prêt à m’accorder cinq minutes de son temps pour parler un peu de l’actualité de son groupe, pourquoi pas tiens ! L’homme semble en pleine forme et s’avère très heureux de savoir que son groupe compte parmi ceux qui ont pu jouer durant cette dernière journée de Hellfest. « On a joué très tôt mais ça valait le coup. J’adore le Hellfest et je suis extrêmement heureux d’être ici aujourd’hui. A mes yeux, c’est le meilleur festival autour du Metal qu’on puisse trouver. » Je le questionne sur ces souvenirs de concerts français en général, il me confie ne pas avoir franchement une bonne mémoire, mais de se rappeler d’avoir joué un excellent concert en France, non pas à Paris, ni même à Lyon mais bel et bien à Limoges, le samedi 14 Mai 1994 sur le site de Saint-Pardoux, dans le cadre du festival Megafolies, qui a vu Napalm Death, Entombed, Loudblast, Treponem Pal ou encore Hoax être sur l’affiche. « Les gens étaient fous ! Je me rappelle qu’on s’était regardés sur scène, vraiment étonnés de voir un public si réceptif. C’est un excellent souvenir vraiment ! » Kärtsy m’explique qu’il n’a pas franchement vu tant de groupes que ça durant ce Hellfest, et ce, malgré le fait qu’ils soient arrivés le samedi soir. Il voulait voir Korn et Morbid Angel, mais l’heure tardive des sets l’a dissuadé, surtout en sachant qu’il devait arriver tôt sur le site du Hellfest ce matin afin de faire les balances. « J’ai dû voir cinq minutes de ZZ Top et cinq minutes de KISS, mais je n’apprécie pas leur musique tant que ça, donc bon… Je pense que j’irais voir Voivod ce soir, qui est un de mes groupes favoris ! J’irais peut-être voir Stone Sour qui m’intéresse un peu et bien sûr, je ne veux absolument pas louper Gojira ! » Kärtsy embraye directement sur la célébration des vingt-cinq ans du groupe (en 2011) et qui a débouché sur la sortie d’un album de reprises, mais il comprend très vite que ce n’est pas vraiment ce qui nous intéresse sachant que le vrai dernier opus est sorti en 2009 et qu’on attend encore le successeur ! Désireux de vouloir nous faire plaisir, il nous dit que Waltari se prépare à rentrer en studio prochainement et que donc, le prochain album ne saurait tarder ! Impatience ! Il ne peut pas vraiment nous en dire plus, mais essaie pourtant de nous donner quelques informations : « Je pense que notre musique se doit d’être encore plus courageuse et variée, il faut que nous repoussions nos limites. » On s’en contentera et attendront patiemment ce prochain album. Il n’y aura probablement plus de concerts jusqu’en 2014 et la sortie de l’album, le groupe souhaitant véritablement se concentrer sur ses composition et l’entrée en studio. Afin de finir cet entretien sur une note positive, Kärtsy décide de nous faire un topo sur son album solo qui sortira plus tard cette année : « C’est quelque chose de très différent, qui n’a rien à voir avec Waltari. C’est mon côté pop en fait, j’essaie de créer des mélodies plus communes pour des gens peut-être plus éloignés de la sphère Metal. Waltari est une musique faite pour des gens qui aiment la musique, comme moi, c’est à la portée de tout le monde ! Cependant, beaucoup de gens ne comprennent pas notre musique, ils la trouvent presque effrayante, voire monstrueuse. J’espère qu’avec cet album solo, je pourrais attirer les personnes « normales » dirons-nous (rires). Je suis un bon samaritain, je veux donner à manger à tout le monde ! ». Voilà qui a le mérite d’être intéressant, mais je dois avouer me demander depuis combien de temps cette idée germe dans la tête de mon hôte : « Ce n’est pas une idée que j’ai depuis très longtemps et qui a mis plusieurs années à faire son chemin dans ma tête. Mais je suis un affamé, un affamé de musique et il y a des choses que je ne peux pas faire au sein de Waltari, car Waltari a sa propre identité. Je veux juste faire le plus de choses possibles dans ma vie, des choses variées d’un point de vue musical. Je ne suis pas vraiment ancré dans un style, je suis juste un amoureux de la musique. » Face au discours tenu par l’homme, je décidé de lui laisser dire ce qu’il veut pendant un petit moment, lui demandant juste une chose : « Y’a-t-il autre chose que tu veuilles dire ? Quelque chose qui te tient à cœur ? » Je vois un sourire presque reconnaissant se dessiner sur son visage avant qu’il ne se lance dans un petit monologue tout simple à vue d’œil, mais qui semble compter énormément pour lui : « Oui, j’ai quelque chose à dire. Restez ouverts d’esprit et continuez à vous aventurer sur les nouveaux chemins du Rock N’ Roll, ne restez pas dans le passé et avancez. »

Il est temps de se rendre à la conférence de presse donnée par Volbeat, Michael Poulsen en tête ! L’entretien avec les journalistes commence relativement doucement, le groupe revient rapidement sur le Hellfest, qu’ils jouent ici pour la seconde fois, qu’ils aiment être ici car il y a pas mal de bons groupes etc… Le bla-bla habituel ! Michael revient évidemment sur le fait qu’ils joueront le soir-même en tant que tête d’affiche, que c’est un véritable plaisir mais qu’ils ne s’y attendaient pas vraiment du fait que le marché français est un marché encore un peu difficile pour Volbeat. Rob Caggiano parlera également de son arrivée au sein du groupe, et du fait qu’il y a eu dès le début une grosse alchimie entre lui et les autres membres. Michael Poulsen soulignera également qu’avec un guitariste comme Rob, il n’a pas à diriger quoique ce soit, et qu’il peut laisser les choses se faire d’elles-mêmes. On note l’humour développé par Michael qui semble toujours avoir le bon mot, et fait peu à peu tomber la pression qu’il peut y avoir du côté des journalistes quant à l’idée de causer en public, mais fait également tomber la pression du côté du groupe, qui peut être facilement, on le suppose, surpris ou impressionné par ce parterre formé par les journalistes. Michael reviendra sur sa collaboration sur King Diamond, expliquant que c’est bien évidemment un gros plaisir que d’avoir ce monsieur présent sur le nouvel opus. Très vite, le sujet change, mais sachant pertinemment à quel point le King Diamond peut compter pour Michael, il me semble normal de le ramener sur ce terrain-là afin qu’il livre un peu son ressenti sur le fait d’avoir pu partager la scène avec King il y a quelques temps de cela : « C’était un moment de folie, car comme tu l’as dit c’est une de mes idoles. Mais ce qui est encore plus impressionnant, c’est qu’il n’avait jamais invité d’autre chanteur à venir partager la scène avec lui, j’ai été le premier, ce qui est un immense honneur. Qui plus est, c’est vraiment une drôle de situation que de savoir qu’aujourd’hui, celui qui était un héros quand j’étais plus jeune est devenu un de mes amis. Il nous arrive de sortir boire un verre ensemble, de discuter comme des potes. »  Je ne m’étalerais pas plus sur la conférence de presse de Volbeat, déjà parce que je n’ai pas pu y assister en intégralité, une autre interview m’attendait avec les Heaven’s Basement, vous retrouverez d’ailleurs un dossier spécial consacré au groupe sur le site cet été. Et de deux, parce que j’ai pu m’entretenir par téléphone avec Rob Caggiano peu de temps après le Hellfest, donc interview à venir de ce côté également ! Je me dirige donc vers le box d’interview où m’attendent les sympathiques Heaven’s Basement pour un moment très sympathique et ayant le mérite d’être intéressant, vous devriez passer un bon moment face à cette interview, mais patience ! Il est temps pour moi de freiner un peu les interviews et de me diriger vers la Mainstage 1 pour le concert que je devais attendre le plus pour ce Hellfest 2013, à savoir le show de Newsted. Il faut dire que l’EP de l’ex-bassiste de Metallica a le mérite d’aller droit au but et de nous servir un heavy hargneux sachant lorgner malicieusement vers le thrash quand il le faut. Leur premier album sera disponible dans les prochaines semaines, sera du même calibre que l’EP et devrait ravir vos petites esgourdes. Vous devriez retrouver la chronique de ce dernier quelques temps avant la sortie puisque nous avons la chance d’écouter ce nouvel opus depuis quelques jours avant le Hellfest. Mais avant de voir Jason débarquer sur scène, j’assiste à la fin du set des Mass Hysteria qui nous servent un moment riche en puissance, « positif à bloc » et qui a le mérite de foutre le feu à l’audience s’étant déplacée face à la Mainstage 2. Un petit regret subsiste quant au fait de ne pas avoir pu assister à l’intégralité de la prestation, mais l’on se consolera avec le DVD Live de leur show à l’Olympia qui devrait sortir en Septembre et dont nous nous ferons une joie de vous parler d’ici quelques temps !

C’est face à une audience d’ores et déjà acquise à sa cause que Newsted entame son set avec le terrible Heroic Dose, qui ouvrira d’ailleurs l’album à venir, un petit brûlot qui a le mérite d’offrir l’argument parfait pour un headbang précis et engagé. Jason ne sourit pas, comme d’habitude me direz-vous, se contente de se tenir droit, martyrisant sa basse de façon compulsive et en poussant sa voix. Soldierhead nous offre un visage plus thrash, ce qui a le mérite de réveiller un peu plus la foule qui semble répondre positivement à ce titre tout droit sorti de l’EP Metal. C’est le très Megadeth, As The Crow Flies, qui suivra, et je dois avouer que malgré un penchant certain pour sa version studio, ce dernier a du mal à me convaincre dans sa version Live, qui m’a semblée un poil moins hargneuse. Rien de bien grave cependant. On se consolera avec Godsnake qui remet rapidement les pendules à l’heure concernant la puissance que peut dégager le groupe sur scène. Le reste du show sera un enchaînement de brûlots. Malheureusement, malgré un très grand plaisir à gueuler et headbanguer autant que je le peux, je ne peux pas m’empêcher de penser que Newsted devrait être capable d’encore mieux. Une certaine répétition se fait quand même sentir au bout d’un moment, et même si elle se laisse oublier le temps d’une reprise des « DIE DIE DIE » de Creeping Death de Metallica, elle revient à la charge rapidement et ne se fera oublier qu’au moment d’un ultime morceau, incarné par le Whiplash de Metallica, arrivant comme un cheveu sous la soupe et débridant une fois pour toutes, les personnes s’étant déplacées pour Jason. Hélas, le concert se finit sur ça et même si c’était véritablement plaisant, on ne peut s’empêcher de se dire qu’on en aurait bien pris un peu plus. Génial, mais frustrant et un peu répétitif. Vivement des dates en salles ! Il est temps de retourner à l’espace presse afin de caler une rencontre avec Danko Jones, cette dernière aura lieu un peu plus tard me laissant un peu de temps pour me restaurer et discuter rapidement avec Barney de Napalm Death, qui m’apprend un véritable scoop : il est très content d’être au Hellfest. Le mec s’avère très sympa et plutôt bavard, et me permets de passer dix minutes à discuter en tant que fan et non en tant que journaliste. Il est temps de rejoindre John Calabrese de Danko Jones pour un petit entretien de dix minutes, histoire de revenir un peu sur l’impact de leur dernier album, Rock N Roll Is Black And Blue, et bien sûr, sur la tournée qui a suivie, ainsi que le futur de Danko Jones. « Nous sommes toujours très heureux d’être ici, le public a été très sympa et ça m’a donné l’occasion de voir les concerts de Newsted et Voivod. C’est ça que j’aime quand je suis au Hellfest, il y a toujours quelqu’un a saluer, quelqu’un à voir, comme toute à l’heure durant Voivod quand Anselmo est arrivé, suivi par Newsted, c’était vraiment bien ! » John en profite également pour revenir sur le concert parisien donné le 26 Octobre 2012 au Trabendo, un jour après le concert de chauffe des Rolling Stones : « Aucune onde spéciale durant le show, ni même une envie de renifler le sol (rires), juste le bonheur de savoir qu’un jour avant nous, l’un des plus grand groupe de tous les temps foulait cette même scène sur laquelle nous jouions. » Devant le potentiel live des chansons présentes sur leur dernier opus, je lui avoue ma curiosité quant à savoir quelles chansons de cette galette ont pu être jouées depuis qu’ils tournent afin de la promouvoir. Il me le citera quasiment toutes, mais bien sûr, aucune trace de Get Up, que je l’avais déjà encouragé à placer dans la set-list à la vue de la puissance dégagée par le riff et par ce refrain dantesque : « On devrait vraiment la jouer plus souvent, tu as peut-être raison, mais va savoir, on ne le fait pas ! (rires) Par contre, jouer Legs en live, c’est le pied (ndlr ; jeu de mot), le public réagit vraiment et s’investit dans la chanson ce qui est vraiment cool pour nous et nous offre une vraie communion avec la foule. Il y a probablement plus d’énergie qui ressort de ces nouveaux morceaux quand ils passent le cap du live, car on s’éloigne justement de ce côté studio qui peut-être carré, et qui peut retirer un poil de sauvagerie dans le rendu final. On peut retrouver cet aspect quand on est en concert. Ça offrirait presque un second visage, une seconde interprétation. C’est intéressant. Je suis d’ailleurs globalement content de l’accueil reçu par l’album, car même les critiques plutôt moyennes n’étaient pas terribles, tu vois ce que je veux dire ? On ne s’est jamais fait détruire par une quelconque critique. Tu ne sais jamais comment ton album va être reçu, et quand le retour est comme celui de Rock N’ Roll Is Black And Blue, tu ne peux pas trop te plaindre ! Et puis, il faut avouer que dans tous les cas, ces critiques sont utiles, car elles te permettent de te donner des indications quant à ce qu’il faut faire pour que le prochain opus soit encore mieux. » John m’indique également qu’ils doivent jouer entre 100 et 200 concerts par an, et sortent un album tous les deux ans. La période qui se déroule en studio est donc très importante car ils doivent composer tout en réfléchissant à ce qui a pu se passer durant les shows, ce qui a plu ou non et bien entendu, revenir vers les critiques de l’opus précédent afin de réfléchir à comment pallier à ce qui n’a pas plu par le passé. Bien entendu, vu tous les concerts joués par le groupe, il me semble évident que de nouvelles compositions sont amenées à naître lors d’éventuelles balances ou autres répétitions, ce à quoi John acquiesce : « Danko et moi avons vraiment amassé des tonnes de riffs ces derniers temps, il va falloir qu’on trie et qu’on pioche dans ce qui nous semble être le meilleur. Mais si ce que tu veux savoir est : avons-nous déjà une idée de ce à quoi ça pourrait ressembler ? Je te répondrais qu’on commence à le savoir oui (sourire). On travaille dessus, mais ça va prendre encore un peu de temps. D’abord on va continuer à tourner ! On sera aux Etats-Unis en Septembre/Octobre, on reviendra en Europe pour trois semaines avant un retour au Canada et aux Etats-Unis en Décembre. Après, on recommencera à bosser sur le nouvel opus ! » Pour ceux qui connaissent un peu Danko Jones, vous devez savoir que ce groupe a un problème avec les batteurs, qui jouent aux chaises musicales depuis très longtemps et qui changent très régulièrement ! Peut-on espérer une stabilisation au niveau du line-up ? Apparemment pas : « Notre batteur actuel fait du très bon boulot, mais il vit à Los Angeles, donc on n’a pas trop pu répéter avec lui, ce qui est un problème. De plus, il est occupé sur d’autres projets. Est-ce qu’il va rester ? Probablement pas (rires). Les mecs ne tiennent pas le coup sûrement (rires). » Avant de clôturer cet entretien, je rappelle à John notre interview datant d’il y a un an ou il m’avait dit que l’artiste la plus chaude sur scène était Lykke Li, toujours d’accord avec ça ? Et bien, oui : « Je l’ai vue en concert quelques semaines après qu’on ait parlé figure-toi ! Et c’était top ! Elle a son univers et propose vraiment des choses intéressantes. J’apprécie beaucoup ce qu’elle fait, vraiment ! Et cette gestuelle, surtout buccale. Pour nous les mecs c’est compliqué (rires). C’est une artiste fantastique ! » Nous finissons ce petit entretien en parlant français, j’avais en effet encouragé John à continuer à pratiquer son français et que nous ferions une partie d’une probable future interview dans cette belle langue. Se rappelant de sa promesse, le mec me sort des phrases en français avec un regard fier de lui, en me précisant bien pour finir: « Jeu n’avay pa oubliay qu’on devai faire cha. » Voilà qui fait plaisir ! C’est bien pour des interviews comme « cha » que j’ai fondé Louder ! et je dois avouer n’attendre plus qu’une chose, à savoir une prochaine interview avec John, car le défi est lancé chers amis, il tentera de faire une prochaine interview avec nous en ne parlant que français ! On vous tiendra au courant en temps voulu !

La soirée passera très rapidement me concernant, pardon, trop rapidement. Le temps de jeter un œil sur la fin de la prestation de Gojira, lourde et hypnotisante à souhait, me voilà déjà de retour à l’espace presse pour rencontrer Doyle, ex-Misfits, venu aujourd’hui pour partager la scène avec Danzig, histoire de faire vibrer le Hellfest au son des Misfits pendant quelques instants. L’homme s’avère peu bavard, très direct, presque déstabilisant, malgré une sympathie évidente. Notre entretien ne durera guère plus de sept minutes, mais c’est l’occasion de parler de son dernier album qu’il finit par m’offrir dans un élan de sympathie. Ce serait très compliqué de vous retranscrire vraiment ses dires sur cet opus, sans que je vous parle de l’opus lui-même, de ce fait, je préparerais un dossier sur le sujet que je mettrais à votre disposition sur Louder ! dans les plus brefs délais. Un dernier tour dans l’espace presse me mène à la conférence de presse de Lordi, tous présents, en costume, ce qui est toujours impressionnant. Les mecs nous expliquent comment ils construisent leur set-list pour un festival et pour un concert en tête d’affiche, ce qui est différent. Pourtant, nous ne noterons pas de différences notables entre le show donné au Hellfest et celui donné à Savigny Le Temple quelques mois auparavant, ils ont juste viré des morceaux, rien de bien foufou. On peut ressentir néanmoins l’envie de défendre ce nouvel opus, l’envie de croire en ce travail qu’on imagine douloureux après la perte d’Otus, leur ancien batteur. Ils ont bien raison de le faire, puisque Lordi, en plus de proposer de nouveaux morceaux solides et un album très agréable, ont réussi l’exploit de se renouveler un peu. Je vous invite d’ailleurs à lire la chronique que j’avais consacrée à l’album lors de sa sortie, cela devrait vous aiguiller. Bien entendu, certains essaient de grappiller quelques informations croustillantes, comme demander au groupe s’ils ont regardé le show de Kiss donné un jour auparavant. La réponse était bien entendu oui, donc avis à tous les festivaliers, vous aurez probablement croisés Lordi alors qu’ils se baladaient en civils. Ça vous tue ça hein ? Autre moment drôle, mais quelque peu éculé, le moment ou un journaliste aborde le thème des costumes et voit un Mr.Lordi taquin lui répondre : « Mais de quoi tu parles ? Quels costumes ? » Y’a pas à dire, la machine Lordi semble savoir ce qu’elle fait et ne lâchera jamais le morceau. Pour notre plus grand plaisir. Ça a aussi parlé Eurovision et Michel Drucker, mais très franchement, ça fait sept ans, va peut-être falloir changer de sujet. Cette conférence de presse sera à l’image du concert qu’ils donneront quelques minutes après sur la Mainstage 2. D’ailleurs, je reste surpris par la capacité qu’a le groupe à s’habituer à toutes les situations. Je les voyais faire face à 300 – 400 personnes en Avril dernier, ils assuraient comme les bêtes qu’ils sont, comme si ils donnaient le show le plus important de leur carrière. C’est la même chose quand il s’agit de dominer un festival entier. Le show est carré, fun, chaque chanson est un prétexte pour allier puissance et inspiration. C’est simple et efficace. Le public ne s’y trompera décidément pas, donnant l’impression de tailler le bout de gras avec des potes venus discuter avec eux durant une petite heure. Lordi sont peut-être rigolos avec leurs costumes, mais quand il s’agit de tenir la scène, ce ne sont pas des monstres qui agissent, les monstres ne savent pas ce qu’ils font et ne sont guidés que par l’instinct. Non, ce sont bien des professionnels qui foulaient le Hellfest en ce dimanche de clôture. Dommage cependant que le son n’ait pas suivi. Ce sera tout-à-fait différent pour Volbeat qui ne va pas tarder à fouler la Mainstage 1, headlinant cette dernière journée, à la surprise de beaucoup de monde mais sûrement pas à celle de votre serviteur (ndlr : moi ).

Le show des Danois s’ouvre avec le terrible Hallelujah Goat et son phrasé rapide, à l’image du riff énergique qui vient poser les bases de ce que va être ce show. Une alliance d’ambiances plaisantes, fusionnées avec des parties musicales énergiques et foutrement entraînantes, comme en témoigne le riff d’A New Day qui amène certains festivaliers, et surtout festivalières, à se déhancher (ndlr : ouh yeah). Guitar Gangsters & Cadillac Blood fini de lancer la machine avant un Nameless One du plus bel effet. Barney de Napalm Death vient offrir un côté plus sauvage à la musique des Danois sur le violent Evelyn, ce qui ne manque pas de faire bouger quelques nuques et d’instaurer quelques petits mouvements de foule pour un résultat au top. Je dois avouer être content de l’intégration de Rob Caggiano au sein du groupe, le mec s’éclate sur scène et nous sert des plans véritablement bien joués. Le mec a bossé, veut faire honneur à sa nouvelle famille et le fait avec brio. La voix à la fois commune et unique de Michael Poulsen résonne dans un Hellfest qui reste, je trouve, encore un peu méfiant vis-à-vis de ce groupe de « jeunots » qui vient jouer sur une tranche horaire réservée normalement à des pointures comme Kiss, Def Leppard, Ozzy Osbourne ou encore Guns N' Roses. Je ne vais pas vous mentir, je ne crois pas que cette sensation ait véritablement disparue durant le show, même si quelques lueurs d’espoirs se sont glissées par-ci et là, comme durant Evelyn, ou pendant l’enchaînement hommage très sympathique de Breaking The Law et Raining Blood, ou encore durant Still Counting jouée juste avant le rappel. Je reste pour ma part conquis, sur un nuage, et profite véritablement de la performance du groupe qui se veut pleine de bonne volonté. Sérieux, y’avait véritablement à boire et à manger : de l’énergie, un son excellent, des membres impliqués, de l’éclectisme et surtout, de l’énergie, mais ça je l’ai déjà dit. Le problème qui demeure avec Volbeat, c’est ce côté popeux/mainstream qui reste un élément prépondérant à leur musique et qui fait en sorte qu’on ne peut pas faire dans la demi-mesure : soit on aime, soit on déteste. Ce qui est très paradoxal quand on se rend compte qu’au final, cet état de fait est amené par un élément qui se voudrait justement mainstream. Bref, pour ma part, c’est avec un grand sourire que je me dirigerais vers la Mainstage 2 pour clôturer ce festival avec Ghost, ayant la certitude d’avoir assister à un grand concert, donné par des mecs qui n’ont pas fini de m’impressionner et qui devraient, j’en suis sûr, affirmer leur statut de poids-lourd du genre dans les années à venir.  Le Hellfest se terminera avec les envoutants personnages de Ghost, menés par un Papa Emeritus II en grande forme. Je ne vais pas vous présenter ce groupe pour la millième fois, vous savez ce que j’en pense si vous lisez régulièrement Louder, mais putain, qu’est-ce que c’est bien. Je parlais du fait d’être mainstream dans mon paragraphe sur Volbeat, on peut remettre ça encore une fois. Ces mecs ont réussi à créer une musique disposant de quelques allures morbides et qui ne sont pas forcément à mettre dans les oreilles de tout le monde. Mais au final, tout cet aspect disparais lorsque qu’on se rend compte à quel point l’influence Pop est présente dans leurs riffs, ce qui rend au final l’appréciation à la portée de tous. Leur imagerie est pourtant tout sauf mainstream justement, ce qui rend l’expérience excitante et jouissive. A mi-chemin entre le doom, le heavy, le Rock N’ Roll des seventies et la pop, Ghost emporte son auditeur d’un claquement de doigt et ne le lâche que plusieurs minutes après être sorti de scène. La faute bien entendu à la musique, mais également à cette imagerie toute aussi mystique et envoutante. Pouvait-t-on rêver meilleure façon de clôturer ce Hellfest que par ce délicieux voyage ? Je ne pense pas.

Trois jours de folie, alliants de belles rencontres, de beaux concerts et un excellent accueil. C'est simple: à partir du moment où nous mettons les pieds au Hellfest, nous nous sentons chez nous. Les gens y sont pour la plupart très sympathiques, le décor est à tomber par terre, la bouffe n'est pas terrible mais on ne vient pas pour ça, et surtout, l'affiche était absolument dantesque, il n'y a pas d'autres mots. Beaucoup de critiques avaient été émises envers cette affiche, mais franchement, mis à part une petite baisse de régime en terme de notoriété sur la journée du dimanche, il y avait à boire et à manger, sûrement bien plus que l'an dernier qui avait pourtant vu plus de groupes inédits poser les pieds à Clisson. Bref, autant dire qu'on n'en peut déjà plus d'attendre les 20, 21 et 22 Juin 2014, on se consolera en regardant quelques photos. Hellfest forever ! 

31004 vuesPar Jimmy Jetsam

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