Interview Entretien avec Arejay Hale (Halestorm)

28 Novembre 2013
Entretien avec Arejay Hale (Halestorm)

Alors qu'ils étaient les invités spéciaux de la dernière tournée d'Alter Bridge, les Halestorm sortaient en parallèle un second EP uniquement constitué de reprises. Au menu ? Du AC/DC, du Manson, du Fleewood Mac, du Judas Priest, du Daft Punk. Il était inconcevable que nous passions à côté d'une entrevue avec l'un des membres afin de discuter de tout cela. Nous avons donc rencontré Arejay, batteur du combo, frère de la jolie Lzzy, front-woman de la bande. Ce dernier nous aura donc confié tout ce qu'il faut savoir sur la réalisation de l'EP, nous contant à quel point ça a pu être compliqué de jouer le rôle de Phil Rudd sur la reprise de Shoot To Thrill d'AC/DC, tout en nous parlant de lui, de sa première batterie, et surtout, il nous confie ce qu'il aurait pu demander au batteur des Who, Keith Moon, si il avait pu le rencontrer. Je vous rassure, il lui aurait posé la même question que vous ou moi. 

" Be careful with my brother, he's crazy ! " Lzzy Hale

VIDEO:

TEXTE:

Content d’être de retour à Paris ?

La dernière fois que nous avons joué ici, c’était avec Bullet For My Valentine. Je ne me rappelle plus vraiment de quand c’était, probablement en Mai, bref, c’était cette année en tout cas (rires) ! Le concert était top, tout comme les mecs de BFMV, sans oublier leur public qui était vraiment super également. Une belle brochette de Metalleux, adultes ou non, qui étaient venus pour connaître les joies d’un bon moshpit. Aujourd’hui, nous sommes ici avec Alter Bridge, et je suis très content que ce soit le cas. Ce sont des types supers, le public qui les suit est assez différent, plus porté sur l’amour de la musique qu’autre chose. Donc oui, je suis heureux d’être ici. Je suis soufflé à chaque fois que je viens à Paris. La première fois que nous avons joués ici en tête d’affiche (au Nouveau Casino). Rien que le fait que les gens sachent qui nous étions m’avait surpris, la salle était remplie, le public s’éclatait. Ils aiment rocker et se lancer dans divers mouvements de foule. J’adore venir ici, vous savez comment faire la fête (rires).

Comment est venue l’idée de réaliser un deuxième EP uniquement constitué de reprises ?

Nous avions vraiment passé un bon moment lors de la réalisation du premier EP ReAnimate. Prendre la chanson d’un autre artiste pour en faire la « nôtre » est un exercice assez intéressant, car cela nous permet de nous améliorer concernant la composition de nos propres morceaux. Sur le premier EP, nous reprenions le morceau Slave To The Grind de Skid Row, et rien que d’apprendre à jouer ce morceau et à le faire « nôtre » en le jouant tous les soirs en live était génial. C’était un véritable challenge, car il faut avouer que c’est un morceau très rapide, très punk. Après, l’avoir enregistré et joué en live, nous avons trouvé l’inspiration pour composer Love Bites (So Do I), notre précédent single, issu du dernier album. Faire ça est vraiment bénéfique en termes d’inspiration pour reprendre des morceaux originaux et essayer de faire les choses un peu différemment. C’est quasiment un exercice d’écriture. Sur le nouvel EP, nous jouons Dissident Agressor de Judas Priest, qui ne fait pas vraiment dans la dentelle. Get Lucky des Daft Punk, qui était vraiment marrante à jouer, car il y avait quand même un peu de challenge. Il y en a toujours un peu plus quand il s’agit de reprendre des chansons Pop de toute manière. Sur le premier EP, nous avions repris Bad Romance de Lady Gaga, c’était vraiment cool car j’apprécie tout ce qui touche à ce style. Essayer de transformer une chanson Pop en chanson qui tire plus vers le hard-rock est vraiment intéressant et fun. Ça reste un challenge, mais ça permet encore une fois de travailler ce qui sera notre inspiration pour nos propres morceaux.

Comment avez-vous choisi les chansons qui composent cet EP ? Pourquoi avoir choisies ces dernières en particulier ?

Je pense qu’il y a plusieurs facteurs différents qui peuvent influencer notre choix au moment de la sélection. Principalement, cela reste des chansons qui nous inspirent ou qui nous inspirés. Dissident Agressor par exemple, est notre chanson préférée de Judas Priest. Nous avons aussi enregistré une reprise de Ronnie James Dio qui n’est pas sur l’EP. Il s’agit de la chanson Straight Through The Heart. C’est étrange, car beaucoup de nos reprises sont en fait des chansons assez obscures du catalogue de l’artiste d’origine. Elles peuvent provenir d’un album pas forcément connu, ou connu pour d’autres chansons, ou bien nous reprenons carrément des faces B. Bon, ce que je te dis la ne fonctionne bien évidemment pas pour Get Lucky des Daft Punk (sourire). Nous avons également travaillé autour d’une reprise de la chanson 1996 de Marilyn Manson, et oui, c’est sûr qu’il aurait pu sembler plus logique que nous nous attaquions à un titre comme Beautiful People. Ou concernant Judas Priest à quelque chose comme Living After Midnight. Et enfin, il y a aussi Shoot To Thrill d’AC/DC. Nous avons choisis certaines chansons car nous adorons les entendre et souhaitions vraiment les jouer à notre tour, d’autres sont des suggestions de notre maison de disques ou de notre manager. Ils nous proposaient des choses, nous écoutions, et décidions si nous le faisions ou pas après avoir joués le morceau nous-mêmes. Les suggestions de morceaux peuvent aussi venir de nos fans ! Nous leur avions demandés par l’intermédiaire de Twitter quelle chanson ils aimeraient nous entendre jouer. Cette démarche avait été réalisée pour le précédent EP, et la suggestion qui revenait le plus était Bad Romance de Lady Gaga (rires) ! Sérieux, tout s’est joué entre Metallica et Lady Gaga, mais les fans ont fini par voter pour cette dernière : « Foutons-les au boulot ! Qu’ils fassent Lady Gaga ! » (rires) Nous les avions aussi questionnés pour le nouvel EP, mais je ne sais plus quelle chanson ils avaient choisis. Bref, tout ça pour dire que les titres que nous choisissons proviennent de nos influences et des quelques suggestions qu’on peut nous faire.

Beaucoup de gens pensent que le jeu de Phil Rudd (batteur d’AC/DC) n’est pas quelque chose de très complexe. Mais quand on écoute attentivement ce qu’il fait sur les différents d’AC/DC, on se rend compte que c’est peut-être plus compliqué que ça en a l’air. Toi qui est batteur, comment as-tu travaillé autour de la reprise de Shoot To Thrill ?

Je souhaitais rester très proche du travail de Phil avec AC/DC. Le groove qu’il met dans son jeu est assez impressionnant. Je pense d’ailleurs qu’il doit être le batteur le plus sous-estimé, tout le monde dit de lui : « Il ne fait pas des trucs de fou non plus… » Mais, c’est lui qui fait le son d’AC/DC, avec ce groove très rock, très solide, qui le caractérise. Personne n’arrive à faire ce qu’il fait, sa façon de jouer est unique ! J’ai vu des tonnes de vidéos du groupe avec un autre mec à la batterie, et ce n’est pas du tout pareil. Rien que la façon qu’il a de mettre ce certain accent sur les cymbales, tu ne le remarques pas forcément, mais c’est ce qui fait sa marque ! Dès que tu entends du AC/DC et que tu entends cette batterie, tu sais que c’est AC/DC. Je voulais vraiment rester fidèle au groupe à travers Shoot To Thrill, et je dois avouer avoir vraiment apprécié ce style de jeu. Franchement, cette chanson a été la plus compliquée à jouer. On me disait : « Mec, c’est du AC/DC, c’est facile ! Fas du boum-tchak, boum-tchak, et ça passe ! ». Mais non ! Ça ne l’est pas du tout (rires) ! C’est même vraiment dur en fait ! Ce qu’il fait est facile, mais il a tendance à faire certains changements vraiment curieux et à taper certaines zones bien spécifiques. Bon, ce sont des discussions de fous de batterie, mais c'est pour te donner un exemple ! Phil Rudd peut avoir un rythme très spécial, où tout est réglé au millimètre, on ne remarque pas toutes les subtilités si on n’y prête pas attention, comme une demi-mesure par exemple ! Le tout est pourtant véritablement planifié, extrêmement bien planifié. Je souhaitais vraiment apprendre cette chanson note par note, pour ensuite y apporter ma touche, mais c’était compliqué, c’était un challenge. Tout le monde peut jouer de la batterie sur du AC/DC, par contre, c’est plus difficile de vraiment sonner comme AC/DC, mais comme je l’ai dit c’était un défi, et c’était vraiment sympa à faire (sourire).

Est-t-il juste de dire que d’une certaine manière, toutes les chansons reprises sur les deux EP ReAnimate forment une grande partie de votre éducation musicale ?

La chanson de Dio qui n’est pas présente sur l’EP était vraiment fun à faire. Lzzy a toujours été une grande fan de Dio, ainsi que de Rob Halford, et il était certain que ça allait être génial de l’entendre chanter leurs titres. Mais oui, j’ai grandi avec beaucoup de groupes que nous avons repris sur les deux EP. J’aime beaucoup Marilyn Manson, j’apprécie également la musique Pop, donc reprendre Get Lucky était une aubaine, surtout pour Josh (bassiste) qui adore ces sons un peu « disco » sur les bords. Ce sont avant tout des chansons que nous aimons et qui nous inspirent, j’espère qu’elles nous influeront pour notre prochain album.

Exceptée Shoot To Thrill, as-tu rencontré d’autres difficultés durant l’enregistrement ?

Nous avons dû enregistrer Get Lucky en cinq minutes, nous avons repris la base du morceau, et c’était parti ! Je pense que la reprise d’AC/DC reste vraiment LE challenge, parce que je voulais que ce soit bien fait, que ça reste proche de ce qui fait le son du groupe. Tout le monde peut reprendre une chanson et y aller en suivant son propre feeling. C’est plus corsé si tu te décides à vraiment jouer en suivant l’originale, comme je te le disais, note par note. J’avais des fiches sur lesquelles tout était noté et j’essayais de suivre ce qui était écrit dessus tout en jouant, c’était vraiment un challenge. L’autre chanson qui a pu me poser quelques soucis était la reprise de Marilyn Manson, car nous voulions rester assez proche de ce son très « industriel » qui caractérise le titre, ce son électronique qui le compose. J’ai dû me mettre à la double-pédale, alors que je n’en joue jamais. Donc, il a fallu un peu ruser. Durant la chanson, je tape un peu partout, sur les caisses, les cymbales, avec ma batterie. Par contre, pour la double-pédale, je suis passé sur une batterie électronique, j’ai enregistré tout ça séparément. Je m’asseyais avec un casque audio sur la tête, et je devais compter à quel moment la double-pédale intervenait et la jouer au bon moment. C’était un challenge, mais c’était cool, car je n’avais jamais fait ça avant.

Parlons un peu de toi maintenant. Quels sont les groupes ou les musiciens qui t’ont donnés la motivation de devenir toi-même musicien ?

Je crois que ça vient principalement de la musique que mes parents avaient l’habitude d’écouter. Spécialement mon père en fait. Il jouait de la basse dans les années 70, il adorait tout ce qui était classic-rock. Mes plus grandes influences sont donc à chercher du côté de Led Zeppelin, je suis un grand fan de John Bonham. Je me souviens que j’étais en voiture quand j’ai entendu l’intro de la chanson Rock N’ Roll. J’étais dingue, je devais avoir cinq ans : « Papa ! Monte le son ! Monte le son ! ». Je pourrais aussi citer The Who ou encore Cream, ainsi que de vieux batteurs de Jazz comme Buddy Rich et Gene Cooper.

Parle-nous de ta première batterie. Tu l’as toujours ?

Ma première batterie devait être celle de ma sœur, sur laquelle je jouais tout le temps. Je devais avoir deux ou trois ans. Mes parents lui avaient offert une sorte de batterie jouet qui devait sortir de chez K-Mart (ndlr : chaîne de magasins Américains). Je me faufilais dans la chambre de Lzzy quand personne n’était dans le coin, et je jouais sur sa batterie. Après m’être fait attrapé six-sept fois, ils ont décidé de me la donner. Elle n’en jouait jamais de toute façon. Ma première vraie batterie par contre, est une Ludwig des années 60, j’ai dû l’avoir lorsque j’ai eu huit ans. C’est un kit tout ce qu’il y a de plus classique, j’ai grandi avec et je joue toujours dessus.

Si tu devais choisir un batteur, vivant ou mort, et que tu te retrouvais face à lui, que dirais-tu ?

" Keith Moon ! Comment tu fais pour jouer en étant autant bourré ? " (rires) Non, mon batteur favori est John Bonham, donc si je l’avais en face de moi, je pense que je dirais : « Hey John, mec, comment tu fais pour avoir un tel groove ? Je t’aime. » (rires) Je viendrais probablement à lui parler également du fait qu’il joue sur une seule pédale, comme moi. Mais son pied droit, son pied droit était si rapide, je pense que si je pouvais je lui demanderais comment il faisait.

1023 vuesPar Jimmy Jetsam

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