Chronique Edguy - Space Police / Defenders Of The Crown

3 Avril 2014
Edguy - Space Police / Defenders Of The Crown

Après un « Age Of The Joker » sorti en 2011 et loin d’avoir marqué son monde malgré des qualités indéniables, Edguy nous revient avec un nouvel opus, pas sobrement nommé Space Police – Defenders Of The Crown. Le genre de titre qui aurait bien pu coller au titre d’un dessin animé des années 80 (genre MASK ou Captain Planet), et qui renoue déjà un peu plus avec l’univers très déjanté et assez fendard du groupe. La pochette, en plus du titre, est également assez cheap pour vous arracher un sourire. Mais bon, niveau musique, qu’en est-t-il ?

Force est d’avouer que le tout commence pas trop mal avec Sabre and Torch, premier brûlot de l’opus, gros riff, son heavy à souhait, Tobias est en forme quand il s’agit de chanter, et les chœurs sont tout bonnement prodigieux et offrent comme une sensation « épique » à votre écoute. Une très bonne mise en jambe donc, avant un Space Police qui jouera sur la même corde, tout en y ajoutant des parties de claviers des plus intéressantes (nous tenons probablement ici l’une des meilleures intros qu’Edguy ait jamais pu produire) et qui impliquent totalement l’auditeur dans l’aventure de cette police de l’espace bien intrigante. On y retrouve une patte épique plus que bienvenue, des refrains de dingue, et surtout, un Edguy qui sait se faire surprenant. Malheureusement, le titre Defenders Of The Crown ne suivra pas le même cheminement de réussite, ce qui est un peu dommage. Je reconnais sans problème les différentes qualités de ce morceau, mais bon, l’effet redite après Sabre and Torch se fait quand même un peu sentir, surtout que ce titre (éponyme qui plus est) se veut quand même moins inspiré que son prédécesseur ! Un comble ! Edguy se rattrape beaucoup sur l’introduction à la fois surprenante et hilarante de Love Tyger, chanson qui incarne une espèce d’ode à Kiss version Edguy. On y retrouve les codes qu’on pouvait retrouver chez le Kiss des premiers albums avec un son évidemment un poil plus heavy, pour un résultat jouissif à souhait.

The Realms Of Baba Yaga ne surprendra pas par son originalité, mais plus par sa construction, alternant intelligemment les moments speeds et plus posés. Tobias y chante excellemment bien, et le groupe arrive à vous faire passer par plusieurs états d’esprit tout au long du déroulement de la chanson, peut-être un peu trop d’ailleurs, la faute à un titre quand même lui aussi "un peu trop" longuet et tirant peut-être les différentes ambiances de manière exagérée. Rien de bien grave cependant. Pour Rock Me Amadeus (reprise de l’artiste autrichien Falco), les guitares sont mises en arrière-plan, la part belle est faite au clavier et à la batterie au rythme entêtant, pour un morceau à l’ambiance très spéciale et très éloignée des standards Edguy-iens (oui, j’invente des mots, et alors ?). Tobias se prend un peu pour le fils illégitime de Will Smith chantant le générique du Prince du Bel-Air et d’Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers (écoutez la chanson Yertle The Turtle pour vous faire une idée) et rappe un peu, avec style et panache (tout dépend du point de vue de chacun). C’est original, sympa, mais ça ne plaira clairement pas à tout le monde. Saluons tout de même la prise de risque : « SALUT PRISE DE RISQUE ! »

On passera Do Me Like A Caveman et Shadow Eater, le premier ne brille que par les claviers qui apportent une touche un peu mélodique à un titre heavy tout ce qu’il y a de plus banal, et le second ne brille que par un Tobias qui chante comme nulle part ailleurs sur l’album, alternant l’aigu et les tonalités plus grave de manière assez impressionnante. Dommage qu’il n’y ait que ça d’impressionnant d’ailleurs. Alone In Myself s’avèrera bien plus intéressant, puisque bien plus représentatif et sincère dans son déroulement. On y retrouve un Edguy inspiré, qui ne barbe pas son monde pendant six minutes (durant lesquelles seules trois sont vraiment intéressantes). Le groupe réussit avec Alone In Myself ce qu’il avait un peu loupé avec The Realms Of Baba Yaga, à savoir poser une ambiance changeante tout au long du morceau, et surtout, à se diversifier musicalement de manière intéressante et surprenante au fur et à mesure de l’avancée du titre. Tobias y joue la carte de l’émotion avant de s’agacer un peu au milieu du titre, accompagné par des chœurs épiques à souhait pour un résultat sincère et véritablement excellent. Le meilleur morceau de l’album assurément. Pour résumer la dernière (longue) pièce musicale de la galette, répondant au doux de The Eternal Wayfarer, il me faudrait un paragraphe entier, donc on va essayer de faire ça bien. L’introduction est clichée à souhait, assez calme pour vous prévenir que la suite va arracher la gueule. Et c’est le cas ! Guitares puissantes, claviers dingues qui posent une ambiance qui ne l’est pas moins pour presque neuf minutes de bonheur. Edguy m’a fait mentir, ils ont réussi à faire un bon morceau qui dure plus de six minutes sur cet album. Quoi ?! Je peux bien troller un peu non ?

Tout d’abord, rassurez-vous, ce Space Police – Defenders Of The Crown est bien au-dessus de ce si peu intéressant Age Of The Joker sorti en 2011 et qui semble n’avait plu qu’au groupe lui-même. Bien plus inspiré et revenant vers un Edguy vraiment fun musicalement, ce nouvel album saura se faire une place dans votre cœur de fan assez facilement. Malheureusement, le tout aurait pu être encore plus intéressant. La faute à des longueurs qui auraient pu être évitées rien qu’en raccourcissant la durée de certains titres, et donc de ce fait, éviter aussi l’effet de « déjà entendu » qui peut pointer le bout de son nez assez facilement une fois la première moitié de l’album passée. Néanmoins, on ressort de l’écoute relativement contents du résultat, et ça reste bien le principal ! Edguy signe ici un bon album, et on attend impatiemment de pouvoir entendre certains nouveaux titres en concert.

1683 vuesPar Jimmy Jetsam

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Edguy est un groupe de power metal formé en Allemagne, en 1992 à Fulda dans la Hesse.

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