Interview Entretien avec CJ Pierce (Drowning Pool)

3 Juin 2013
Entretien avec CJ Pierce (Drowning Pool)

Drowning Pool n'a jamais vraiment eu de chance. Si si, malheureusement, c'est le cas ! Alors que l'avenir avec le talentueux (mais insignfiant) Ryan Mc Combs s'annoncait intéressant sans être radieux, la faute à un album éponyme peu convaincant sorti en 2010 et... je vous avais dit que Ryan Mc Combs était insignifiant ? Mais talentueux hein ! Bref, voilà que le groupe accueille un certain Jasen Moreno, petit jeune qui en veut et qui offre un nouveau souffle (le quatrième) à un Drowning Pool qui s'épuisait et semble renaître de ses cendres avec un nouvel opus puissant, inspiré et agréable, sobrement intitulé Resilience. L'occasion parfaite pour s'entretenir avec un CJ Pierce, guitariste originel du combo, heureux de cette nouvelle situation et voyant dans ce nouveau membre de la meute, la clé pour ramener Drowning Pool sur le devant de la scène. 

One CJ And A Band

Alors, vous serez de retour sur Paris le 23 Avril 2013 pour un concert, mais vous êtes déjà ici aujourd’hui pour faire de la promotion.

Enfin de retour à Paris mec ! Tu sais, c’est vraiment quelque chose de spécial pour Drowning Pool, d’être ici. Je viens à Paris assez souvent, au moins une fois par an j’essaie d’être là pendant une semaine et à chaque fois, je n’arrive pas à voir l’intégralité d’un musée ! Il faut dire qu’ils sont tous assez grands. J’adore cette ville, je suis content d’être ici aujourd’hui, de savoir qu’on jouera à la Maroquinerie très bientôt et promis, on essaiera de revenir sur des bases régulières. Pour se faire de nouveaux fans, et de nouveaux amis !

Bon, sur un registre plus sérieux, au revoir Ryan Mc Combs…

Au revoir Ryan McCombs (il fait au revoir de la main) !

Bonjour Jasen Moreno !

Bonjour Jasen (nous faisons bonjour à Jasen assis plus loin, en pleine interview avec un autre média) !

Alors, quel regard tu portes sur la situation du groupe ?

Je suis très fier du travail réalisé avec Ryan. Que ce soit en studio ou en concert, il a assuré. Il y a eu d’excellents moments, mais aussi des très mauvais. Je pense que c’est assez compliqué pour les fans de nous voir encore changer quelque chose au sein de la dynamique du groupe, mais c’est ce que nous devions faire. D’ailleurs, je pense que nous avons eu de la chance, car être passés à travers ça nous a permis de mettre la main sur Jasen, même si c’est frustrant pour les fans et pour nous d’avoir encore eu à régler certains problèmes. Mais Jasen est incroyable et permet au groupe de repartir sur des bases plus saines, seulement composées de bons moments.

Vous avez auditionnés plusieurs chanteurs ? Ou bien vous aviez Jasen en tête depuis le début ?

Jasen avait déjà fait quelques shows avec son groupe en première partie de Drowning Pool. On le connaissait donc plutôt pas mal ! Mais, il n’a pas été choisi par rapport à ce critère et est arrivé aux auditions sans nous avoir dit qu’il serait là pour tenter sa chance. Nous avons eu tant de bons chanteurs qui sont venus, qui ont appris nos chansons, je tiens encore une fois à les remercier. Je pensais que nous allions nous retrouver face à un choix cornélien, que la transition serait difficile etc… Au final, Jasen est arrivé, il a bossé toutes les anciennes chansons, faisant en sorte que son interprétation fasse honneur aux fans et aux anciens chanteurs. Sa voix est tout simplement unique et colle avec la musique du groupe.

Vous n’auriez pas pu faire un meilleur choix c’est certain !

Je suis content de te l’entendre dire. Jasen est un mec super avec qui bosser. Un gros bosseur, dédié à la musique de son groupe, pour que tout soit parfait et respectueux envers les fans.

Oui, et puis il faut dire que sa façon de chanter peut surprendre, dans le bon sens du terme. Il a ce côté plus sauvage et à la fois plus sensible et positif. C’est très spécial.

Oh ça… C’est clair que c’est un type bien plus positif (ndlr: Pan ! Dans tes dents Mc Combs !)  Toute l’année qui vient de s’écouler a vraiment été synonyme de bonne humeur et de fun. C’est puissant et plaisant ! Ça change !

Pourquoi avoir choisi « Resilience » comme titre de ce nouvel album ?

Il est un peu représentatif d’une certaine situation que le groupe a pu connaître en dehors des chanteurs intérimaires. Les problèmes avec le management par exemple, ou encore des choses particulièrement hardcore qui ont pu arriver dans nos vies privées. Et au milieu de tout ça, il y avait nous, musiciens. Je veux dire, j’aime tellement le heavy-metal, le rock n’ roll. Quand tu aimes autant quelque chose, tu fais en sorte d’y rester collé, car c’est ce qui te fait avancer et voir autre chose que les problèmes. Je vois tellement de groupes qui se foutent une pression de malade pour enregistrer un album, pour paraître plus qu’un simple groupe. Nous, nous nous résilions à continuer dans la voie que nous avons toujours choisie, nous n’essayons pas d’être autre chose que Drowning Pool, les mecs passionnées par le heavy et par le rock. Je suis vraiment content du résultat, car au final, avec l’arrivée de Jasen, nous avons obtenu un album tout ce qu’il y a de plus sincère et j’en suis très fier. C’est plus metal, plus agressif que tout ce que nous avons pu faire pour le passé et je pense que es fans l’avaleront d’une traite et apprécieront.

La pochette de l’album est pas mal non plus.

Oui mec, j’adore cette pochette également. Tu sais, je fais de la musique, mais je suis infoutu de dessiner un truc qui ressemble de près ou de loin à quelque chose. Mais j’avais une idée  précise de l’artwork que je voulais pour représenter cet opus. Durant les six mois de composition, nous avons envoyé du matériel à David Jackson, en lui expliquant que nous voulions que la pochette ait un lien avec le titre et la musique. Rien que le nom du groupe aussi, Drowning Pool, tu ne trouves pas ça intense comme nom (rires) ? Je pense qu’au final, elle représente bien tous ces aspects. Ce bras enraciné, signifie qu’on ne déviera pas de notre ligne de conduite, et rappelle quel propos nous tenons !

D’ailleurs, comment avez-vous travaillé pour composer Resilience ?

Tu sais, tous les travaux autour de la composition changent d’un album à l’autre. C’est d’ailleurs, très drôle de voir à quel point tous ont pu être différents au sein de Drowning Pool. Même si la base reste celle fixée par Stevie, Mike et moi, nous lançons les premières idées, on s’envoie des mails avec nos premiers sons etc… Après, on se pose dans la salle de répétitions et nous jouons, comme un groupe quoi ! La réussite nous concernant est très simple, nous nous devons de rester fidèles à deux choses : à nous-mêmes et à notre musique. Par exemple, je pense que c’est la première fois que chaque chanson va aborder un thème différent, on se laisse aller au gré de notre esprit et de notre ressenti. C’est sûrement la première fois que le processus de composition a été aussi simple. Jasen en est en partie la cause, il a vraiment ramené le feu sacré au sein de Drowning Pool. Il est aussi passionné que nous !

Et te concernant, as-tu assouvi tous tes désirs musicaux sur ce nouvel opus ?

Je pense que j’ai poussé mes limites. Je ne peux pas être plus fier de ce que nous venons d’accomplir avec cet album. C’est absolument une sensation géniale de savoir que tu pousses tes limites, que les autres membres du groupe font pareil, l’atmosphère de travail en devient spéciale. Dans le coup, quand tu réecoutes tes anciens albums, tu te dis que tu aurais pu faire certaines choses différemment. Mais pour cet album, nous avons écouté plusieurs amis ou des membres de la famille afin de savoir que ce que nous ferions sonnerait inévitablement bien. Et au final, il est évident que nous n’aurions pas pu faire mieux.

Je suppose que le fait de réécouter vos anciens albums est à l’origine de côté « Drowning Pool Old-School » qu’on retrouve sur l’album ?

C’est venu naturellement. Il y a en effet des chansons qui sonnent comme l’album Sinner et ça a beaucoup à voir, à mon avis, avec le fait que Jasen adore cet album et le travail effectué par Dave (ndlr: Williams, premier chanteur du combo) sur ce dernier.  Le registre de voix de Dave était hallucinant, il pouvait faire énormément de choses avec ses cordes vocales et l’avait prouvé avec Sinner. Pour tout te dire, je sais que si j’écrivais aujourd’hui dans l’optique d’avoir une chanson pour Dave, et bien, ça pourrait être n’importe quel style que Dave assurerait tout autant, ce qui est génial et pareil avec Jasen. Attention, le registre de Jasen reste quand même assez différent, mais j’ai exactement cette même sensation que j’avais avec Dave. Il peut tout faire, donc je peux me permettre ce que je veux et ça se sent dans Resilience. Cette sensation de retrouver un Sinner encore plus agressif est probablement due à ça.

Parle-nous un peu de « Skip To The End », cette chanson est surprenante, le chant de Jasen est une vraie surprise par exemple.

Mike et Stevie sont des fans du Metal des années 80, ce qui n’est pas forcément mon cas même si j’apprécie véritablement tout ce qui a pu se faire, il y a des choses que j’aime encore plus. Skip To The End est un peu le mix de tout ça. Par exemple, je place des sonorités de guitare qui rappellent inévitablement ce que peux faire Zakk Wylde sur ses albums, alors qu’on retrouve pourtant certaines sonorités rappelant ce metal des années 80 dont je te parle. Concernant Jasen, cette chanson est une promenade de santé pour lui. Tu disais toute à l’heure que ça pouvait être compliqué pour un groupe de trouver une « nouvelle voie » après un énième changement. Skip To The End est en quelque sorte le manifeste de ce que doit être Drowning Pool avec Jasen. Il est dans son registre, il montre d’où il vient et ce qu’il a dans le froc. Il a vraiment apporté quelque chose au groupe et c’est ce qui rend cette chanson si sympa à jouer.

Il y a énormément d’influences sur Bleed With You également.

Ouais, on m’a parlé de Post-Grunge (sourire), je n’avais pas forcément capté quand on l’a composée et pourtant… C’est la dernière chanson sur laquelle nous avons travaillé il faut dire, tu es un peu ailleurs dans ces moments-là et tu te laisses encore plus aller. Ce titre est encore une fois la preuve que cet album aura pu nous pousser en dehors de nos frontières pour tenter de nouvelles choses. Je pense que sur la plupart de Resilience, tu entends la marque de fabrique Drowning Pool, mais il y a des choses comme Bleed With You, qui, ne sont peut-être pas expérimentales, mais nous sortent de notre zone de confort. C’est différent. Certaines personnes l’adorent, d’autres la détestent.

Il y a des titres que vous avez composés et qui ne sont pas sur l’album ?

Oh, une petite quinzaine (sourire) ! Tout est déjà enregistré !

Es-tu en train de dire que le prochain album est prêt ?

Ouais mec ! On continue à écrire et enregistrer, mais nous avons déjà bien avancé ! On a l’impression que l’ambiance est meilleure avec Jasen et ça se sent dans la composition, qui, bizarrement semble être devenue, ou redevenue, une promenade de santé. Comme si nous débordions d’inspiration. Jasen était vraiment la personne parfaite pour écrire des titres, ça marche parfaitement ! Je veux que nous partions sur un nouveau cycle de sorties, et avoir un album tous les ans ou tous les deux ans, je ne sais pas encore. On peut y arriver, et même si le changement de chanteur a été un problème, nous sommes revenus sur des bases saines pour composer et ça fait tout ! C’est vraiment un album de Drowning Pool, pas un album de transition ou je ne sais quoi. On y a mis tout ce qui caractérise et va caractériser le groupe, après un an et demi de travail. Et ce n’est pas fini !

«In Memory Of » est une chanson pleine d’émotion, dis-nous en plus quant au sujet qu’elle traite, même si, je dois t’avouer que je m’en doute.

En effet, il s’agit d’un hommage à Dave, notre premier chanteur. Ce n’est pas une chanson faite dans l’optique : « tenez, voilà notre nouveau morceau etc… ». Au tout début, nous voulions rendre également hommage à Dimebag Darrell, et au final, le tout s’est transformé en un hommage aux membres de nos familles, nos connaissances, nos amis, qui sont partis. Nous pensions véritablement que c’était le bon moment pour le faire, que cet album était le bon moment, que Jasen était le chanteur idéal pour le faire. Bref, tout semblait concorder et nous dire : « Faites-le ! » Nous n’avions aucune chanson de ce genre dans notre répertoire, et quand nous avons commencé à en parler, je ne voulais pas que cette dernière, si elle devait exister, devienne trop spécifique.  Je souhaitais véritablement qu’elle puisse toucher tout le monde, que l’auditeur puisse se référer à ses propres pertes passées. Je suis vraiment heureux que nous ayons réussi.

Quel guitariste es-tu devenu depuis les débuts du groupe ?

Tu sais, je pense que tous les musiciens, moi compris, essayent de se bonifier avec le temps. Je dois féliciter Stevie et Mike, parce qu’après plus de dix ans à bosser ensemble, nous nous améliorons chaque jour et cela est purement du à notre collaboration. Nous nous améliorons en tant que musiciens, auteurs, êtres humains etc…, nous n’aurions pas pu faire ça si nous nous étions reposés sur nos lauriers et n'étions pas sortis de cette zone de confort dont je te parlais plus tôt.

Tu me disais avant l’interview que Jasen arrivait à reprendre les anciens morceaux avec classe et respect et tu l'as répété plusieurs fois depuis le début de cet entretien.

Ouais mec, et tu as intérêt à venir nous voir dès que possible en live, je contrôlerais tes faits et gestes. Si j’apprends que tu n’es pas là, ça va très mal se passer. Je voulais que tu le saches (rires). Donc oui, Jasen, toujours lui...

En effet, on a beaucoup parlé de lui.

Et c’est justifié ! Nous avons passé énormément de temps à répéter en vue de cette tournée, et même durant la composition de nouvel album, on entendait déjà Jasen s’essayer à nos anciens titres avec brio. Il se levait tôt, se douchait rapidement, et passait sa journée à chanter. Il faisait pareil tous les jours, chantant tous les titres de nos albums ! Le gars a répété tous les jours pendant je ne sais combien d’heures ! Je suis moi-même un fan de musique et je comprends que je serais effrayé et atterré si le chanteur d’un groupe que j’adore se faisait remplacer. Mais crois-moi, vous n’avez rien à craindre de Jasen ! Durant nos premiers shows avec lui, j’ai vu les gens le regarder bizarrement durant les premières chansons, ils étaient évidemment en train de juger, de le jauger, ce qui est normal. Par contre, ils finissaient par péter un câble et s’éclater. Nous sommes vraiment fiers de nos premiers shows avec lui et des résultats obtenus par son travail, sa détermination et surtout, et sa propre identité.  Les gens ont été supers et ont adhérés rapidement à cette nouvelle monture du groupe, j'espère que ça va durer. 

2717 vuesPar Jimmy Jetsam

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