Chronique Dregen - Dregen

22 Janvier 2014
Dregen - Dregen

Voici encore un album qui me donnera du fil à retorde question chronique. Venu du froid, de la prolifique suède pour être plus précis, la galette d’un certain Dregen atterrit sur ma platine tel un ovni passé au rimmel ! Après quelques recherches sur ce gus, il s’avère que j’ai entre les mains le dernier (et premier d’ailleurs) méfait solo d’Andreas Tyrone Svensson le guitariste ayant formé les Hellacopters puis rejoint les Backyard Babies pour enfin finir comme grateux de Michael Monroe (Ex Hanoï Rocks). Pas vraiment de line up sur cet opus, juste une tripoté d’invités comme John Calabrese (bassiste de Danko Jones) ou encore Sami Yaffa (Bassiste d’Hanoï Rocks, New York Dolls, Michael Monroe's) pour ne citer qu’eux. Doté d’un artwork ne laissant aucun doute quant au contenu griffé Sleaze Rock déjanté (à mon époque on appelait ça du glam), l’album qui porte simplement le nom de son créateur ne demande plus qu’à être décortiqué !

J’avoue que ma première écoute des 10 titres (à peine 36 minutes au total) m’a laissé plus que sceptique quant à la pertinence d’une telle production. Au premier abord je me suis dit que cette galette était un ramassis de trucs déjà entendus mille fois, voire même honteusement pompé à de prestigieux ainés…  Mais bon, je ne me laisse pas abattre et je remets le couvert. Il doit bien y avoir quelque chose de potable la dedans !

Et j’avoue qu’à force de persévérance et d’écoutes, les morceaux commencent à rentrer et à faire leur effet. Il est clair que Dregen tire des ficelles que l’on ne peut évidemment pas ignorer comme sur Just Like That dont le chorus s’inspire (pour le moins) du It's Only Rock'n Roll (But I Like It) des Stones ou encore sur Bad Situation dans lequel il emprunte les tics vocaux d’Alice Cooper. Pour chaque titre il y a un gimmick qui vous rappellera forcement quelque chose que vous avez déjà entendu, mais étrangement au lieu de vous irriter cela vous donnera une bizarre impression de bien-être. 

Avec des morceaux plutôt courts (on tourne autour des 3 minutes en moyenne), l’album va à l’essentiel et malgré son côté un peu répétitif, on est sauvé de la lassitude par sa brièveté. Calibré pour vous apporter la patate nécessaire à un bon début de journée, cet opus ne demande pas beaucoup d’effort pour être assimilé.  De très bonnes surprises s’en détachent même comme le sur vitaminé Pink Hearse et le bluesy Flat Tyre On A Muddy Road fleurant bon le riff à la Aerosmith cloné avec  les frangins de ZZ Top : ultra efficace.

L’animal maitrise sa six corde ce qui ne gâche rien. Sur Gig Pig il vous prend au dépourvu en vous entrainant dans un occulte gig, limite ambiance de bal en mode délivrance. Les chœurs assurés par la  chanteuse suédoise Titiyo accentuent le côté sombre et mystérieux du morceau.  6:10 est plus festif. On y retrouve même un esprit Bowie assez surprenant qui vous fera taper du pied à coup de groove bien senti.

One Man Army quand à lui s’inspire carrément de No More Mr Nice Guy d’Alice Cooper.. Honteusement devrai- je même dire tant le parallèle est inévitable. Il n’en reste pas moins un morceau qui claque bien malgré tout.
Le final est aussi très bon avec Mojo’s Gone, le titre le plus long de l’album (il se fend d’un 4mns 42), vrai classique du genre. Un bon vieux rock made in 80’s.

Ok ce n’est pas l’originalité qui étouffe cet album, mais il y a quelque chose de frais là dedans et je dois dire qu’au final on passe un bon moment (court il faut bien l’admettre) en compagnie du suédois qui vous fera agréablement passer son grain de folie. Catchy et punkisant sur les bords, Dregen a su ici nous distiller un cocktail sucré savamment dosé pour éviter l’écœurement. Alliant parfaitement le côté « chic paillettes » de l’Age d’or du Glam Rock  à une production résolument moderne, Dregen réussit ici à ne pas se perdre dans une caricature d’un genre moribond. Il faut dire que le lascar a derrière lui pas moins de 25 ans de carrière qui assurent un savoir-faire indéniable. A mon sens ses compos sont taillées pour la scène ou elles devraient prendre toute leur dimension pour nous assener le coup de grâce.
 

1315 vuesPar Stephan Birlouez

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