Dossier DOWN : Le projet "IV" par Jimmy Bower

3 Juin 2014
DOWN : Le projet

LE PROJET "IV"

« Mec, la soirée a été dure, on est en tournée avec BLACK LABEL SOCIETY en ce moment, c'est vraiment énorme. J'entends plus rien, j'entends même pas ce que tu me dis, tu t'appelles comment déjà ? » Voilà ce que me sort l'ami Jimmy Bower, batteur de DOWN et EYEHATEGOD, en plein milieu d'une interview apocalyptique servie par un réseau très moyen rendant mes paroles incompréhensibles aux oreilles du bonhomme. Pourtant, il va bien falloir que nous discutions de ce nouvel E.P de DOWN, seconde partie d'un projet sobrement intitulé « IV » et qui, comme son nom l'indique, proposera quatre épisodes, chacun ayant ses spécificités. Le premier, sobrement intitulé « The Purple » proposait un DOWN heavy à souhait, qui plaçait des tatanes à quiconque tendait la joue, et avec le sourire. On sentait néanmoins qu'on était en face de bons morceaux, qui n'arrivaient pas vraiment à trouver cette petite étincelle d'originalité qui permettait de lancer la grande aventure « IV » avec impact. C'est un peu terrible non ? Mais se lancer dans un projet original requiert assurémment plus que de bons morceaux, surtout quand Phil Anselmo déclare à qui veut bien l'entendre qu'il ne fera plus d'albums avec DOWN. Enfin, dans tous les cas, Jimmy ne s'est pas vraiment senti bien perdu avec cette idée d'oeuvre séparée en quatre parties, quand on lui demande si travailler autour de ce projet a été différent de la réalisation d'un simple album : « Tu sais, moi je m'asseois derrière mon kit, et je joue. Je ne cherche pas à me prendre la tête avec des considérations qui finalement sont bien dérisoires quand ce qui compte vraiment, c'est la musique. » Très bien, parlons musique alors. Ça donne quoi ce nouvel E.P ? Ce bien nommé « Part II » ? Pour ma part, c'est quand même bien plus convaincant, quoique très proche de ce qu'on a pu entendre sur le premier opus. Néanmoins, on y trouve des sonorités doom vraiment bienvenues et clairement plus présentes que sur le digne prédécesseur. Le son est lourd, très lourd, on ne ressort pas indemme d'une expérience comme « We Knew Him Well » ou « Steeple » qui vous bourrent assurémment le crâne avec des sonorités lourdes, et un Anselmo éraillé à souhait. Néanmoins, encore une fois, même si c'est fort, très fort, l'impression de se retrouver face à du DOWN classique subsiste encore, mais semble se dissiper à la fin de l'E.P. Mais, nous en reparlerons plus tard.

« Tu sais, on ne travaille pas forcément différemment, on se retrouve ensemble, on joue et on voit ce qui se passe. Phil et les autres ont souvent de la matière à travailler, nous avons tous quelque chose à apporter à l'équation, et c'est ce que nous faisons. Chez DOWN, c'est très cool, on sait ce qu'on a à faire car on sait le faire, et c'est très bien comme ça. » L'influence de BLACK SABBATH dans cette seconde partie n'est néanmoins pas à prouver, et il est évident que c'est elle qui offre à « Part II » toute son originalité et de ce fait, sa raison d'être. Les influences de Jimmy Bower doivent elles être creusées du côté de batteurs tels que Bill Ward (Black Sabbath) ou Armando Acosta (Saint Vitus) ? : « Evidemment, ce sont des mecs qui ont un jeu de batterie qui m'a toujours plu et que j'ai étudié. Mais mes premiers pas à la batterie ont surtout été marqués par des batteurs de country. J'écoutais énormément de country quand j'étais jeune et il est également évident que ce que j'entendais était ce qui m'influençait principalement. Je n'ai pas appris la batterie en ne pensant que Bill Ward ou Armando Acosta, ou qui que ce soit d'autres. La country m'a amené derrière le kit, j'ai appris à manier le kit, et ce n'est qu'après que j'ai pu essayer de former mon propre jeu, qui a une base country mêlée à des influences comme les deux messieurs dont tu parlais plus tôt, mais aussi d'autres choses. Ma principale influence aujourd'hui, c'est la musique que je compose, alliée à mon propre feeling. Je ne dis pas que je suis un bon batteur, je dis juste que j'ai assez d'expérience pour faire de mon feeling ma meilleure influence quand vient le moment de taper. » Ça a au moins le mérite d'être clair. Il est certain que Jimmy n'est sûrement pas le batteur le plus impressionnant du circuit, mais il est aussi clair que son jeu fait aujourd'hui partie intégrante de l'identité de DOWN qu'on peut arriver à reconnaître musicalement et non pas seulement vocalement. Tiens, puisque nous parlons d'identité musicale, il serait quand même temps de dire que Kirk Windstein a quitté DOWN pour se consacrer à temps plein à CROWBAR. Il est remplacé par Bobby Landgraf, ancien guitar-tech pour DOWN et aujourd'hui guitariste de la bande. Une belle promotion donc ! Jimmy me dit tout de suite que Bobby n'a pas participé à l'élaboration de « Part II » en dehors de quelques ajustements. Mais, ce qui ressort de l'album et clairement du discours du batteur, c'est que malgré le départ de Kirk et ses vingt ans de DOWN et d'équipe avec Pepper Keenan, il a clairement su trouver sa place. DOWN a toujours su briller par des riffs tranchants et donneurs de baffes, toujours acérés et efficaces. Lui et Pepper semblent déjà former un bon duo, certes efficace, mais surtout différent. Il ressort du jeu de Bobby, une sorte de « folie » qu'on ne retrouvait pas spécialement chez un Kirk Windstein définitivement technique comme guitariste, malgré un feeling assez chaud dans sa manière d'aborder la six cordes. Du côté de Bobby, c'est encore plus chaud, peut-être au détriment d'une certaine technicité qui animait l'ancien guitariste du groupe, mais définitivement au profit d'un DOWN qui se permet d'être un peu plus surprenant et qui devrait l'être encore plus après que le nouveau venu ait encore mieux pris ses marques.

Maintenant quid de l'avenir ? : « C'est difficile de s'exprimer, comme tu l'as dit, ces deux premiers E.P's sont très proches musicalement, et il y a fort à parier qu'ils l'auraient encore plus été si Kirk avait tenu la guitare, j'aime vraiment croire que ce qu'apporte Bobby permet à la musique de se différencier un peu plus de ce que nous avions proposé avec la première partie. Je pense que le prochain sera clairement plus expérimental, avec des sonorités différentes de ce à quoi DOWN a pu habituer, comme de l'acoustique par exemple ! » Il faut dire que Jimmy ne nous surprend pas vraiment par sa réponse, car à l'écoute de la dernière piste de l'album « Bacchanalia », l'embranchement vers un DOWN plus expérimental semble être clairement franchi ! En effet, les deux dernières minutes de la chanson dérivent vers un son acoustique, très psychédélique, très aérien, comme si DOWN nous vendait son « Planet Caravan » (ndlr: titre de Black Sabbath). Le groupe semble vouloir nous prendre par la main, et commencer à nous emmener avec lui dans une descente encore plus profonde vers son univers, qui ne s'était encore jamais vraiment révélé de cette façon par le passé. Sérieux Jimmy, tu vas quand même pas nous faire croire que l'épilogue de Bacchanalia n'est pas l'embranchement nous menant du second au troisième E.P ?! : « (rires) Evidemment que l'esprit de cet épilogue est complètement lié à la direction que nous souhaitons prendre par la suite ! Mais de la à dire que l'intégralité du prochain E.P sonnera de cette manière, ce serait trop s'avancer. Comme je l'ai dit, ce sera quelque chose de plus expérimental, nous allons vraiment tenter des choses dans la veine de ce que tu peux entendre à la fin de Bacchanalia, mais, il y aura également des choses qui n'auront probablement rien à voir. » D'accord, dans ce cas, espérons que DOWN se laisse aller à un peu de country, histoire de ramener son batteur à ses premiers amours. 

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