Chronique Colossus - Lobotocracy

4 Avril 2014
Colossus - Lobotocracy

Avoir entre les mains un dossier signé Klonosphère/Season Of Mist est bien souvent synonyme, pour un travailleur de la plume, de réussite, ainsi que le gage d’un travail de qualité tant le duo a su montrer son intelligence dans le choix de ses poulains. Et aujourd’hui ce poulain se nomme Colossus, un détonnant groupe de Death moderne et technique, empreint de Hardcore et, parfois, de Brutal, originaire du Pas de Calais. Portée par 6 membres: Jordan Verheylesonne & Fabien Brimeux (chants), Maxime Dufeutrelle & Delphine Lefebvre (guitares), Grégoire Bayard (basse) et Romain Verheylesonne (batterie), la formation nous revient aujourd’hui, plus de 2 ans après son premier opus: «Fragments», les bras chargés d’une nouvelle pépite: «Lobotocracy» !

Porte ouverte sur l’annonce d’un univers sombre et morbide dont les plus grandes formations du genre détiennent les clés, l’artwork aux accents sépia propulse, dès le premier regard, l’auditeur dans les méandres de «Lobotocracy» aux cotés de ces torturées figures ensanglantées reliées par un gore jeu de câblage cervical, au coeur du Monde de Colossus !
Démarrage en trombe insufflant l'énergie nécessaire à la mise en place de ce violent univers, «The Combustion Point» jettera à bas l’auditeur, désormais aux pieds du Colosse avec les dissonantes lignes d’introduction au titre laissant s’échapper une solide impression de stabilité malgré le coté «prévisible» de certains passages de ce titre introductif. Pivotant sur une basse s’annonçant déjà comme ferme, marquée et copieusement mise en avant (à raison), ce titre sera ainsi suivi par «Evilution Failure», laissant éclater à la face de l’explorateur de ce monde brutal et torturé, les grooves du sextet. Empreint de lourdeur et de folie, ce titre laissera, quant à lui, une légère amertume concernant le phrasé guttural parfois trop léger et par trop souvent incertain. Un nouveau point fort viendra à son tour gommer cette légère ombre que sera celle du phrasé un rien pâteux: celui des tempos. Variés et abrasifs, ces derniers proposeront, tout l’album durant, les plus habiles des variations, le tout savamment distillé par un ensemble rythmique de haute volée, comme sur «The Beyond Chronicles», proposant une virulente intensité chère aux fans de formations Deathcore actuelles, piochant dans un registre à la fois ouvert, lourd, technique et surpuissant ! Se refermant sur un écrasant breakdown, le titre aux allures de tempête orientale (certaines lignes mélodiques apportant un étonnant vent d’originalité musicale) se verra prolongé des 2 pièces maîtresses de cet album.

«The Path Of Retaliation» et «We Are The Ones Called Devils», explosif duo de titres à la brutalité oscillant entre Black pour l’introduction de l’un, Hardcore/Deathcore pour le découpage rythmico-mélodique de l’autre. Ce diptyque se verra inlassablement soudé dans la veine Groove/Death du combo, proposant ainsi une expérience d’une grand qualité expressive, bien plus mature et assise que les 3 titres précédents. Travailler le son pour y introduire un brassage résolument moderne et explosif semblant être la principale ligne de conduite du groupe, les 2 titres suivant les merveilles citées plus haut ne se démarqueront pas autant que leurs prédécesseurs, marquant trop vivement le contraste entre certaines des influences observées jusqu’à présent. «Uninvited Guest» et «Endless Torment» parviendront donc à gagner en violence ce qu’ils perdront en amplitude de composition, la linéarité de ces 2 morceaux empiétant sur des univers pourtant toujours aussi étudiés et entrecoupés de transitions au potentiel chargé d’efficacité ! Mais c’était sans compter sur un sauvage regain d’intensité prenant le spectateur à bras le corps lors de l’éclosion du monolithique «Worst Clone Award» laissant s'échapper la même énergie créatrice que celle observée sur «We Are The Ones Called Devils», apportant une maturité ressentie bien au delà de la trop abrupte (et dommage) fin du morceau.

Mais voici que le dernier volet de cette aventure Colossus s’entame, à mesure que «Hellsurrection (pt.1 & 2)» et «Seize My Final Breath» font leur apparition, tout en saturations et en dissonances sur fond de rythmiques syncopées, brassant certaines composantes plutôt typées Djent ou Hardcore Moderne, à ce massif ensemble dont la touche du trio de cordes ne laisse que peu de répit aux fans abasourdis par l’identité de la formation piochant dans un lexique vocal plus intense que ce à quoi ils s’étaient désormais habitués. Libéré de ce monde à la pesante atmosphère corrosive et torturée, il faudra finalement quelques instants à l’auditeur pour remettre ses idées en place, mises à mal par l’implacable jeu de batterie de Romain et les habiles shreds de Delphine et Maxime. Se souvenir de la profondeur gutturale et saturée des brillants Jordan et Fabien sera également de mise bien que des titres tels que «We Are The Ones Called Devils» ou «Worst Clone Award» ne laissent plus de doutes planer sur l’omnipotence de la basse de Grégoire. Ce nouvel opus s’adresse, au travers de ses multiples changements de rythmes, d’ambiances et de musicalités, aux plus fervents amateurs de formations aussi emblématiques, mature, charismatique, sombres et groovies que Gorod, Trepallium, Impending Doom, All Shall Perish, Thy Art Is Murder ou même Caliban.  On aurait pu craindre la linéarité du style, il n’en est rien, et ce malgré certains petits accrocs de phrasé, d’excès d’informations mélodiques ou de parfois légères faiblesses structurelles.

«Lobotocracy» brille par un univers surpuissant et racé ! À surveiller de près ! 

2594 vuesPar Elie

Articles

Colossus

Colossus

COLOSSUS est un groupe de Modern Death Metal français.

+ d'infos

Derniers articles

Chronique » Colossus - Lobotocracy