Chronique Bruce Bouillet – The Order Of Control

13 Mars 2014
Bruce Bouillet – The Order Of Control

Amateurs de guitare Hero, de gros son mais surtout de bonnes compos, je vous invite vivement à lire cette chronique. Pour les réfractaires et allergiques aux instrumentaux déifiant la sainte 6 cordes : passez votre chemin. Quoique... Si le nom de Bruce Bouillet ne vous dit rien au premier abord, peut-être que ses collaborations vous parlerons plus. Guitariste de RACER X, THE SCREAM, Paul Gilbert solo, et une participation au G3 aux côtés de Paul Gilbert, John Petrucci et Satriani rien de moins que ça ! Voilà, après avoir brossé un rapide tableau sur le cursus du lascar, il reste encore une ligne pour que les allergiques aux albums instrumentaux et démonstratifs changent de chronique !

Le ricain nous livre ici son troisième méfait solo,  cinq ans après la sortie de son précèdent opus Interventions déjà unanimement salué par la presse spécialisée. Il faut dire qu’ici on donne dans le grateux et la compo de luxe, accoquiné avec deux cadors du genre. Dave Foreman à la basse, génie multi instrumentiste et multi casquette qui a produit le méfait entre autre. Les futs sont occupés par un non moins fameux Glen Sobel, habitué des supers guitaristes (Tony MacAlpine, Impellitteri, Paul Gilbert, …) et  ayant contribué à une multitude de galettes et tourné avec les plus grands (Alice Cooper entre autre).
Le décor étant planté, voyons si les promesses faites sur le papier vont tenir la route. Et là, honte aux derniers réfractaires qui auront osé dans leur grande crasse intellectuelle, changé de chro comme je l’avais laissé entendre plus haut (et oui c’était un test bande de gueux préhistoriques). Car ici il y a du nouveau dans le monde des Guitares Héros. 52 minutes de pur bonheur auditif, de compositions intelligentes et accrocheuses, de subtilités artistiques. Bref ici tout sauf de la branlette de manche vaine et ennuyeuse. Voilà ce que nous livre ce brillant trio, et croyez-moi, si il y a bien un truc qui me prend la tête Ce sont les albums de démonstration nombriliste d’un zicos en mal d’inspiration.

Cet opus s’écoute comme on s’investit en un bouquin captivant ! Il est scénarisé, les titres s’enchainent et vous racontent une histoire. Ils revendiquent, vous entrainant dans une folle histoire, vous impliquant à 100%. C’est une galette dont vous êtes le héro. Attention toutefois à bien suivre la playlist dans l’ordre et exit la touche Shuffle de votre platine. Dès l’ouverture sur Blind As We Watched on sait que l’on a à faire à du classieux.  Millimétré et remarquablement interprété, la section rythmique est juste imparable. Enchainant sur un Deafening majestueux, tinté d’un groove indéniable aux essences d’un Satriani inspiré. Ce titre est un vrai régal pour les sens. A l’image du skeud, il distille tout au long de son écoute un mélange de sentiments plus variés les uns que les autres.  Les influences, inévitablement là, ne sont pas marquées comme sur beaucoup d’album d’autres guitaristes, Bruce Bouillet instille sa propre griffe à ses compos. S’étant abreuvé aux meilleures sources que l’on puisse imaginer, tel un élève doté  d’une sensibilité et d’un touché rare, il se livre à nu et cela s’entend !

Il y en a pour tous les gouts ; parfois acérées, parfois planantes et éthérées, les compositions de The Order Of Control vont vous secouer les cordes sensibles (et oui, vous en avez plusieurs et il va vous le prouver).
La richesse de cet album réside dans le fait qu’il est composé d’une multitude de pépites. Chaque titre en est une, composé à son tour de myriade de joyaux. Ecoutez-moi ce Defiant, un titre à tiroir de 8 minutes, composé de chausses trappes vouées à vous piéger dans un maelstrom de son. Un bijou !

The Order Of Control, le titre éponyme de la galette, est juste grandiose. Quel touché, quelle sensibilité, quelle puissance. Il me rappelle par certains cotés ce que Marty Friedman a produit en début de carrière solo avec Introduction ou True Obsession.
Autre curiosité avec Crowd Control qui ouvre sur un fond d’émeute et délivre un hard rock bien sale et technique. L’amuse-gueule ne dure que 1mn17, mais c’est intense. Et de clore cet excellent album sur une note suave et romantique avec un Akiko débordant d’émotions.  Quoi de plus normal, il est dédié à sa compagne.

Bien plus qu’un simple album de plus livré par un as de la 6 cordes, ce brulôt est une vraie bonne surprise. Calibré pour plaire au plus grand nombre, il saura vous toucher si vous lui donnez sa chance. Faites cet effort et il vous le rendra au centuple. Instrumental dans son intégralité,  il n’a rien à envier à d’autres plus causant mais qui ont beaucoup moins à raconter.  Bruce Bouillet a accouché d’une œuvre inspirée et mélomane, à la production impeccable et léchée. En plus d’une haute technicité, l’émotion qu’il y fait passer transcende cet album.  En bref, on se laisse aisément transporter tout au long de celui ci et ce sans ennui.

1040 vuesPar Stephan Birlouez

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