Chronique Bring Me The Horizon - Sempiternal

22 Mai 2013
Bring Me The Horizon - Sempiternal

Je dois avouer ne pas être un inconditionnel de Bring Me The Horizon. Que ce soit la musique ou l’imagerie dégagée par ces messieurs, me concernant, c’est niet. Pourtant, lorsque l’occasion s’est présentée d’écouter ce nouvel album et d’interviewer Oliver, leader du combo, j’ai eu beau hésiter un long moment, le « après tout, pourquoi pas ? » est tombé. C’est donc avec des tas d’aprioris que je me suis lancé dans l’écoute de ce Sempiternal, qui au final, s’est avéré surprenant. Très vite, je me suis relancé dans l’écoute d’anciens albums du groupe, rien à faire, je n’y arrivais toujours pas. Pourtant, ce dernier opus continuait à attiser ma curiosité et à faire cracher mes enceintes. Mes amis, laissez-moi vous conter l’histoire du jour où j’ai apprécié un album de Bring Me The Horizon.

Premier ajout non négligeable et qu’on remarque tout de suite lorsqu’on connaît un peu le propos tenus par le groupe, y’a un clavier qui est arrivé. Si si, je vous jure, un putain de clavier qui sort de je ne sais où et qui balance direct une mélodie assez mélancolique et aérienne à la fois, servie par les cris d’Oliver qui s’évertue à répéter le titre de cette chanson : « Can You Feel My Heart ? » avec il semblerait, une douleur insoutenable à faire sortir. L’ambiance générale est lourde, on est loin du BMTH constamment incisif, le tout semble calme de tristesse et nerveux. Ce qui est plutôt paradoxal quand on y pense. The House Of Wolves permet de retrouver des riffs incisifs et une voix incisive, la bonne marque de fabrique des Anglais qui nous servent ce morceau de metal/deathcore comme un autre, alors qu’en arrière-plan, le clavier continue par-ci par-là, sans qu’on l’attende à nouveau, de poser cette ambiance lourde et mélancolique, offrant un tout autre niveau d’appréciation à la musique des britanniques. Ce n’est pas Empire (Let Them Sing) qui me contredira, étant construite sur le même schéma. Ce clavier et ses sonorités d’une tristesse infinie refait surface et tire toute l’attention vers lui sur le contenu et il faut l’avouer, intéressant titre, qu’est Sleepwalking. Tout cela semble servir à appuyer encore un peu plus cette mélancolie infernale et énervée que nous sert l’album, avant de tout casser avec Go To Hell, For Heaven’s Sake qui s’avère plus être un manifeste du dégoût de soi, servi par un refrain très plaisant et qui sera probablement repris en chœur par le public lors des prochains lives. BMTH semble s’être décidé à offrir un visage plus profond à sa musique, ce qui n’est pas pour me déplaire. Shadow Moses vient clore cette première moitié d’album en proposant un condensé de ce qu’on a pu entendre jusque-là et par le passé, avant une seconde partie, malheureusement plus convenue.

And The Snakes Start To Sing se voit uniquement être chantée dans un registre clair et s’avère être très posée, très aérienne, sans réelle violence musicale, seule la voix d’Oliver semble partir dans un registre plus éraillé et bestial à certains moments, mais c’est tout. Un moment surprenant mais qui surprend moins que le reste, malgré un aspect personnel très présent et prenant. Malheureusement ce qui vous attendra le plus dans cette deuxième partie, sont des choses plus convenues. Seen It All Before est un pétard mouillé qu’on oubliera bien vite, ou le groupe abuse littéralement de cette ambiance maussade dont je n’arrête pas de parler et nous sert une resucée du premier titre. Dommage. Néanmoins, Anti-Vist sort son épingle du jeu et se paie le luxe d’être le morceau le plus violent de l’album, évoluant dans un registre clairement hardcore et offrant cette décharge de décibels qui pouvait manquer depuis le début de la galette. On bouge la tête, on s’en prend plein la gueule et on en redemande. Crooked Young jouera aussi sur cet aspect, mais avec moins d’impact, retrouvant un peu la lourdeur dont je parlais précédemment, pour un résultat quand même respectable mais qui reste tout-de-même un peu déjà-vu avec le reste de l’album. Hospital For Souls vient mettre fin à tout ça de manière surprenante, posant véritablement cette mélancolie latente en face de nous et semblant nous raconter des faits peu joyeux, appuyés par un une musique incisive et aérienne à la fois, Oliver tient son chant clair de manière brillante et on reste surpris, sur le cul, face à la manière qu’a le groupe de nous faire ressentir quelque chose. Une excellente surprise pour mettre fin à cet opus.

Bon, je vais faire simple, avant BMTH était incapable pour moi de retransmettre les émotions qui se cachaient derrière les paroles. C’est désormais du passé, le clavier offre en effet au groupe ce petit truc qui manquait et qui rendait leur musique si fade et dénuée de toute crédibilité. Voir une telle évolution dans leur musique est surprenant, car je vous le jure, par le passé, j’étais infoutu de tenir plus de trois minutes avec la musique de ces garçons, qui étaient clairement du vent. Aujourd’hui, le groupe semble impliquer l’auditeur avec lui et l’emmène dans un voyage intime et puissant. Une surprenante et plaisante évolution qu’on ne peut que saluer. Félicitations messieurs !

2511 vuesPar Jimmy Jetsam

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