Chronique Annihilator - Feast

31 Octobre 2013
Annihilator - Feast

Décidément la fin d’année nous livre de très bons crus, ce qui est une bonne chose pour ceux qui ne savent pas quoi coller sous le sapin de leurs potes métalleux. Ce quatorzième opus des canadiens de Annihilator m’a littéralement séduit dès la première écoute, délivrant un thrash puissant tout au long des compos, qui n’en restent pas moins variées. Je dois dire que l’aperçu que j’en avais eu au Motocultor 2013 était déjà bien prometteur.

Feast porte bien son nom tant on se régale en découvrant les titres qui vous surprennent tout autant qu’ils vous délectent. Au menu de ce méfait, 9 titres acérés, calibrés pour vous retourner les cervicales ! Quant à l’artwork de la pochette, c’est une distinguée invitation à festoyer façon walking dead : je vous laisse juge. Trois ans après la sortie d’Annihilator, la bande de Jeff Waters nous revient en très grande forme, nous offrant une galette des plus agréables à se mettre sous la dent. Plus diversifiées que sur le  précèdent album, les compos de Feast  brassent large. Presque 30 ans de carrière pour un groupe qui n’a jamais lâché prise, toujours au taquet et qu’il faut absolument voir sur scène ! Deadlock ouvre les hostilités avec un thrash sans concession à la Slayer, sur lequel certaines intonations de Dave Padden (chant) marchent sur les plates-bandes d’Araya. Véritable Uppercut, ce morceau est un vrai régal pour les amateurs de Thrash Old School, sans oublier les inimitables riffs assassins de Waters.

No Way Out nous embarque dans un Thrash moins rapide, plus heavy, avec une ouverture en gratte dissonante dont Waters a le secret. Clairement « vintage » dans le style, la patte Annihilator est bien présente. Il pourrait tout autant être sorti d’un Alice In Hell qu’on n’y verrait que du feu. On poursuit avec Smair Campain, alternance de gros speed et de break plus heavy, avec un final bien énervé à la Metallica première génération. La basse claque, les riffs sont incisifs : il ne manque rien à ce titre.  Il est indéniable que Waters reste un putain de compositeur (basse, guitare). No Surrender est un Ovni qui vous embarque pour la planète GrooveKiThrash. Comment décrire une expérience de ce type ? Imaginez que l’on mette dans le même studio Living Colour, Red Hot Chili Peppers, Infectious Grooves avec Jeff Waters en chef d’orchestre… Voilà le résultat ! Question guitare inutile de vous faire un dessin : ça déménage ! Danko Jones viendra pousser la chansonnette sur Wrapped, un bon Rock’n’roll punkisant sur les bords. Un chouilla répétitif quant aux lyrics mais la pilule passe plutôt bien. Perfect Angel signe la ballade de l’album sur laquelle Padden donne une  toute autre dimension à sa voix. Pas le morceau de l’année pour le coup car vraiment attendu et classique, mais agréable à écouter. Son placement sur l’album casse le rythme de celui-ci, c’est un peu dommage. On entre dans la tourmente de l’album avec Demon Code. Véritable bombe estampillée Made in Classic Annihilator. Il s’enchaine parfaitement avec le non moins fameux Fight The World. Et pour clore ce très bon album un magnifique One Falls, Two Rise sur lequel Dave Padden brille littéralement. Ce morceau est à déconseiller aux épileptiques de service.

Cet album (presque) exempt de defaut viendra trouver naturellement sa place parmi les meilleures productions du genre de l’année 2013. Il ne révolutionne pas le style mais n’en demeure pas moins un opus créatif qui se tient bien. Avec un son bien caractéristique et une grosse production, Annihilator impose sa griffe.

1505 vuesPar Stephan Birlouez

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Annihilator

Annihilator est un groupe de heavy metal et de thrash metal canadien formé en 1984 par son leader et seul...

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