Interview Entretien avec Andi Deris (Andi Deris & The Bad Bankers) VIDEO + TEXTE

6 Décembre 2013
Entretien avec Andi Deris (Andi Deris & The Bad Bankers) VIDEO + TEXTE

Lorsque nous avons appris qu'Andi Deris allait sortir un nouvel album solo, il semblait évident que nous serions curieux quant au contenu de celui-ci. La déception était impossible, et le frontman d'Helloween a su le prouver. Million Dollar Haircuts On Ten Cent Heads est un album honnête, bourré d'émotions, passant par la colère, la tristesse, l'étonnement, les questionnements, mais surtout, c'est un album qui arrive à transmettre au-delà des paroles chantées par Andi. La musique y est en effet un véritable éventail de sensations et de sonorités tout aussi efficaces les unes que les autres. Nous n'allions pas manquer l'occasion de nous entretenir avec le monsieur Deris, qui va tout nous expliquer tout en affimant une nouvelle fois combien il peut haïr les politiciens, les banquiers et toute cette, je cite, "merde", qui pourrit l'esprit de la race humaine. Tout cela, avec son langage bien à lui. Un entretien sincère et bourré d'émotions, avec un personnage pas comme les autres que nous apprécions énormément dans l'équipe. Andi Deris & The Bad Bankers, c'est maintenant ! 

" Celui qui regrette d'avoir réalisé son rêve "

VIDEO (V.O non sous-titrée): 

TEXTE (VF): 

Un mot sur le dernier passage d’Helloween à Paris en Avril ? C’était à l’Olympia !

Nous avions déjà joué deux fois à l’Elysée Montmartre, malheureusement tout a brûlé, donc on nous a dit qu’on allait finalement jouer à l’Olympia. Je ne connaissais pas cette salle. On m’a dit que c’était un endroit magnifique et je dois avouer avoir acquiescé la première fois que j’ai vu la salle. Ce n’est pas seulement la plus belle salle, c’est surtout la salle parfaite pour donner un concert. Deux étages de personnes, une entrée des artistes splendide. J’ai vraiment adoré.

Tu es de retour avec un nouvel album solo et accompagné d’un groupe appelé « The Bad Bankers ». Est-t-il juste de dire que les chansons présentes sur cet opus étaient dans ta tête depuis très longtemps ?

Oui. Tu peux le voir comme une collection de petits bébés que je n’arrivais pas à habiller de la manière adéquate pour coller au concept Helloween. Mais ils restaient mes bébés, et donc, je les gardais dans un coin de ma tête. Crois-moi, nous avons très souvent essayé de réarranger certains de ces titres pour qu’ils puissent coller avec le groupe, mais ça ne marchait pas. Il y a des chansons que tu ne pourras jamais changer, quoique tu fasses pour. Cet album est une collection de ces chansons, dont certaines datent d’il y a presque dix ans.

Comme je le disais, le groupe qui t’accompagne s’appelle « The Bad Bankers », c’est un choix plutôt intéressant. Peux-tu nous raconter l’histoire derrière ce choix ?

C’est une histoire plutôt intéressante. A la base, je devais tout enregistrer moi-même, mais je me suis rendu compte que ça allait être ennuyeux. Cela aurait impliqué de longs mois de solitudes avant de finir l’enregistrement. Quand j’ai vu les gars (The Bad Bankers) donner un concert sur mon île (ndlr : Andi vit aux Îles Canaries), ils déployaient un truc assez intéressant qui mêlait Jimi Hendrix avec du Slipknot et de la funk. Un mix étrange n’est-ce pas ? Mais ça sonnait super bien ! Ma femme m’a regardé et m’a demandé si je les reconnaissais. Ces mecs ne me disaient rien !  Je ne reconnaissais personne. Au final, il s’est avéré que c’étaient des gars qui jouaient avec mon fils dans son précédent groupe. Ils devaient avoir dix-sept ans lorsque je les avais vus pour la dernière fois, alors que là, ils avaient pris du muscle et étaient plus grands que moi. Bref, je suis allé les voir pour les féliciter et leur ai demandé si ça les intéressaient de venir m’épauler pour faire cet album solo car j’adorais ce son de guitare très Hendrix qu’ils utilisaient. J’imaginais très bien le résultat intéressant que pouvait donner l’association de leurs guitares avec des sons Metal très modernes. Au début, ils ont cru que c’était une blague, mais ce n’en était pas une, j’avais besoin d’un groupe avec moi. Je voulais pouvoir reprendre des classiques de ma période au sein de Pink Cream 69, de mes premiers albums solo, du nouvel album et d’Helloween, sur scène avec un groupe.

Tu expliquais que les membres des Bad Bankers jouaient avec ton fils par le passé. Je me demandais si tu avais envisagé de faire quelque chose sur cet album avec lui ?

Malheureusement non, mon fils vit à Londres. Le problème, qui n’en est pas vraiment un d’ailleurs, est qu'il ne veut pas que les gens sachent qu’il est mon fils, car il n’évolue pas dans les sphères Metal. Si les gens voyaient le nom Deris à côté de son prénom, les gens sauraient qui il est, et ils compareraient forcément sa voix à la mienne, et il ne veut pas de ça. Je le comprends et accepte totalement son choix, je le soutiens même. Il veut se bouger le cul pour se faire un nom par lui-même, et je suis fier de ça. Il se serait trahi s’il m’avait rejoint sur l’album. Peut-être dans le futur, mais pour le moment non.

Les Bad Bankers est un groupe composé de jeunes hommes, qui ne doivent pas forcément dépasser la vingtaine. Comment s’est passée cette collaboration avec du « sang neuf » ?

Ça s’est bien passé. J’ai dû apprendre certains trucs (rires), ça m’a rappelé l’époque ou j’étais moi-même un jeunot et durant laquelle il m’était arrivé de jouer dans un groupe dont la moyenne d’âge était de quarante, cinquante ans.  Ça avait été une formidable expérience car j’avais appris énormément de choses avec ces «vieux », et maintenant, c’est moi le « vieux » (rires). C’est eux qui apprennent des trucs avec moi maintenant. Mais tu sais, je ne sais pas si l’âge compte vraiment quand il s’agit de musique. Quand je jette un regard sur la période où je jouais avec des personnes plus âgées, alors que j’avais vingt-deux ans, je remarque que nous parlions la même langue, celle de la musique. Peu importe les sentiments qui peuvent s’emparer de quelqu’un suivant son âge, au final, tu les exprimes de la même manière, en jouant. J’aurais été des deux côtés, et me retrouver avec les Bad Bankers m’a rappelé ce que je t’explique maintenant. Du moment que mon cœur, et leurs cœurs battent pour le Rock, c’est parfait.

Le titre de l’album « Million Dollar Haircuts On Ten Cent Heads » fait-t-il référence au groupe ou à d’autres personnes ?

C’est un vieux diction Américain qui est né de la banqueroute des années 20. Je l’ai exagéré, car à la base ce ne sont pas des coupes à « one million » mais à « vingt dollars ». Si j’ai fait ça, c’est qu’aujourd’hui, on ne parle plus de millions, on parle de milliards, c’est bien pire que dans les années 20 malheureusement ! Ce que je voulais exprimer, c’est que même si les millionnaires ou les milliardaires sont déjà pleins aux as, ils en veulent toujours plus. Ma théorie quant à cet état de fait est qu’ils sont complètement détruits mentalement. Je veux dire, une personne mentalement saine ne peut pas tout détruire autour de lui et s’asseoir sur son argent comme si de rien était. Ils ne comprennent pas que si le monde est détruit, leur argent ne vaudra plus rien ! Ils détruisent le monde, continuent à accumuler des sommes astronomiques, mais quand il ne restera plus rien, comment dépenseront-t-ils l’argent ? Tu as beau être riche, quand tu vois que plus de la moitié du monde vit dans la pauvreté, apprécies-tu vraiment ta vie ? C’était la raison d’être principale de ce titre, je voulais exprimer que cette catégorie de personne doit être traitée. Que quelque chose ne va pas. Je ne pense pas que ce soit sain de dépenser autant, de tout faire pour gagner encore plus, alors que tout semble s’effondrer autour. Tous ces politiciens me donnent l’impression qu’ils ne font ça que pour le pouvoir et l’argent, il ne s’agit que de ça ! Quand est-ce que vous vivez ? Quel monde étrange !

Quel était ton état d’esprit à la fin de l’enregistrement de l’album ? L’as-tu perçu comme la consécration pour ces chansons qui, pour certaines, étaient en état de sommeil depuis des années ?

Quand j’écris une chanson, je ne pense absolument à rien. Je prends ma guitare, je joue, je fais pleins de trucs improvisés, c’est juste un hobby. Je me fiche que ce ne soit pas technique ou que le tout sonne très amateur, je me contente juste de jouer. Dès qu’il y a une mélodie ou un riff qui vaut le coup, tu te dis : « Tiens, qu’est-ce que c’est que ça ? » Et tu essaies de recréer ce que tu viens de faire. Ce dont je parle, c’est tout simplement le fait d’être fan, certes, de sa propre création, mais fan quand même. C’est ça qui me fera avancer et me donnera envie de continuer, car à partir de cette première idée, tu essaies d’y ajouter un couplet, et tu sais si ça marche. Si ça marche, tu avances et tu quittes le hobby pour le boulot, et tu y travailles jusqu’à ce que ça fonctionne complètement. Lorsque tu entends le résultat, tu peux te dire : « Quoi ?! Mais ça ne sonne pas du tout comme je l’envisageais ! » Donc, tu recommences jusqu’à trouver le bon « habillage », tu réinstalles de nouvelles parties de batterie au-dessus de ton morceau, car il n’y a pas que la guitare dans la vie (sourire) ! Tu fais tout pour que ça défonce, que ça fasse du bruit, c’est quand tu fais ça que ça devient sérieux, car tu dois réussir à faire quelque chose qui tienne la route.

La première chanson de l’album est un bon gros hard-rock qui tâche et qui s’intitule « Cock ». J’ai bien l’impression que tu as balancé tout ce que tu avais à dire quant aux choses qui t’énervent sur cette dernière !

C’est à propos des managers et des politiciens. Ils essaient de nous faire croire qu’ils sont coupables de rien et qu’ils sont vos meilleurs amis, que c’est pour votre bien etc… Je dis juste : « Je ne vous crois pas ! Vous n’êtes pas mes frères, la seule chose que vous voulez faire c’est me faire saigner ! » C’est de la manipulation, ils veulent juste ton vote, et le système dans lequel nous vivons ne permet pas de savoir pour qui nous voulons vraiment voter. Ils mentent tous ! Un grand bla-bla pour avoir ton vote, et quand ils sont élus, ils te tournent le dos et font le contraire de ce qu’ils avaient promis. C’est ce que nous voyons depuis des décennies et ça me rend tout simplement malade ! J’essaie de les désigner comme des fils de putes sans les appeler « fils de putes », enfin si, je les traite de fils de putes, mais je leur précise bien de ne pas m’enculer, car je ne suis pas leur mère. Dès fois, je crois que je devrais inventer des mots pour essayer de les désigner, des trucs plus brutaux tu vois ! Mais il faut faire avec ce que le vocabulaire nous offre, donc pour palier, j’ai chanté les notes les plus hautes possibles dans le refrain, pour la première fois de ma vie (rires).

La dernière fois que nous nous sommes parlé, tu me racontais à quel point tu pissais sur MTV et toutes ces merdes télévisuelles qui essaient d’imposer leurs propres règles. C’est ce à quoi tu fais référence dans la chanson « Don’t Listen To The Radio » ?

Non,  « Don’t Listen To The Radio » fait référence à cet épisode de 1938, quand Orson Welles avait fait croire à une invasion extra-terrestre sur les ondes radios de CBS. Cette chanson parle surtout du fait qu’on écoute toujours ce que les médias disent, et qu’au fur et à mesure, cela devient notre opinion. Quand tu écoutes la radio de manière fréquente, tu continues à penser que ton opinion est bonne, car ils l’entretiennent, ils veulent que tu penses ça. Aujourd’hui, tu as des magazines et internet pour t’aider à y voir plus clair. Mais en 1938 ? La radio suffisait pour te faire penser que les martiens arrivaient ! C’est la force des médias ! Un an après cet épisode, Hitler arrivait, et tout le monde croyait ce qu’il disait, car il était à la radio ! Donc, dans la logique générale, tous ceux qui passaient à la radio disaient la vérité. De nos jours, nous sommes plus réservés, tout cela marche avec des mécaniques différentes, mais ça marche toujours. Quand on te dit quelque chose, encore, et encore, et encore, c’est du lavage de cerveau. Et soudainement, tu crois à quelque chose qui ne te serait pas venu à l’esprit de manière naturelle ! Tu ne penses pas à tes propres conclusions, tu ne fais que répéter ce que tu entends. Les médias sont un outil important pour les managers, les banquiers et les politiques, et nous ne sommes toujours pas capables d’arrêter cette merde ! Je ne dis pas que j’ai la solution, je ne fais que dire ce qui est, que ça existe !

La chanson « Last Days Of Rain » est-t-elle une chanson d’amour ? Je dois t’avouer qu’un doute persiste…

Tu peux voir « Last Days Of Rain » comme une chanson d’amour, dans laquelle tu fous tout en l’air car ta vie est à chier, et que tu as été déçu, et surtout, que ce n’est pas la première fois que cela arrive. Cette sensation de « no-future ». Puis, par la suite, la « bonne » fille arrive, et tu commences à voir la vie et le futur de manière plus positive. Et tu crois de nouveau à la vie, le soleil brille à nouveau (sourire). Il y a une autre vision possible concernant l’histoire racontée par ce morceau : ta vie. Tu viens d’acheter ou de louer une maison ou un appartement, et donc, tu deviens esclave de cette possession. Tu dois voir ta mort arriver. Tu dois envisager tes derniers jours, ce qu’il va t’arriver. Tu dois rembourser les banques, tout en essayant de vivre dans ce bien qui te met dans cette situation, mais qui te permet quand même de vivre. C’est un système totalement perverti. Peut-être que tu gagneras au loto, et ainsi tu verras ces derniers jours de pluie. En plus, si tu n’es pas trop con, tu te dépêcheras d’aller aux putes, tu te paieras le meilleur whiskey qui existe et tu achèteras ta Ferrari. Finalement, tu finiras peut-être par redevenir pauvre, bientôt (rires). Mais oui, c’est ainsi que nous sommes.

As-tu tout dit sur cet album ?

Il y a toujours des choses à dire. Ce sera peut-être pour le prochain album ! Tu n’arrêtes jamais de penser, que ce soit toi, lui (ndlr : il désigne Cédric, notre caméraman), moi, tu n’arrêtes jamais. Que ce soit pour trouver des solutions, ou pour reconsidérer certaines choses, voir même pour te forger une nouvelle opinion, encore et encore, quitte à changer d’avis sur les choses ! J’ai souvent changé d’opinions sur pas mal de sujets. Dès fois, tu comprends que ton opinion était vraie à 20%, mais il y a des gens qui te montrent qu’il peut se passer plus de choses que tu ne le crois, et qu’il est stupide de n’avoir qu’une seule opinion. Ça dépend aussi de qui fait quoi. Certaines personnes sont définitivement stupides, dans le sens de « stupide ». Ces gens-là, ce sont des trous du cul. Mais il y a d’autres personnes qui peuvent être stupides sur certaines choses, mais extrêmement malines à propos d’autres sujets. Dans ce cas-là, tu ne peux pas dire de quelqu’un qu’il est tout le temps stupide. Peut-être qu’il l’a été à un certain moment, mais à un autre il ne l’était pas. Dès fois il faut savoir s’asseoir et discuter, car il y a toujours quelque chose à apprendre de leur part, et ils peuvent apprendre de toi également. Mais, nous savons aussi comme je te le disais qu’il y a des abrutis, qui eux sont vraiment cons dans sens général du mot. Heureusement il n’y en a pas beaucoup (rires).

Peux-tu nous en dire plus sur la chanson « Blind » ?

C’est une chanson très intime, qui parle de moi. Si l’on prend comme une vérité le fait que nous soyons tous pareils. Nous avons tous un rêve, un plan que nous aimerions arriver à réaliser dans le futur. Disons que ton rêve est d’acheter une Ferrari. C’est un joli rêve très matérialiste. Pendant des années, tu as rêvé d’avoir cette voiture, et tu fais tout pour que ce soit le cas ! Tu bosses comme un taré pour réunir l’argent, tu regardes des photos de la Ferrari sur internet, tu peux même en louer une pour la conduire et faire vivre ce rêve. Tu te dis que ta vie sera complète lorsque tu auras réussi à te la payer. Mais, à partir du moment que tu seras allé chez le concessionnaire et tu l’auras achetée, tu auras tué le rêve, ce sera devenu la réalité. C’est impressionnant de voir à quel point nous pouvons être étranges, car au bout de un ou deux ans, cette Ferrari est venue une partie somme toutes normale de ta vie ! Tu t’es habitué à elle, il n’y a plus rien de spécial, et donc tu te consacres à un nouveau rêve. Tu n’es jamais satisfait. Moi par exemple, mon rêve était de vivre sur une île. Avoir une sympathique petite maison, avoir un studio, qu’il y ait constamment le soleil autour de moi. Ce qu’est ma vie actuellement ! J’ai eu la chance réaliser ce rêve. Et pourtant, je continue à me plaindre, alors que je continue à vivre ce rêve ! Ça ne m’empêche pas d’être un trou du cul qui se réveille de mauvais-poil en mode : « La vie c’est de la merde », alors que je vis mon rêve. C’est ce que je voulais exprimer à travers « Blind », le fait que la race humaine n’est jamais contente de ce qu’elle parvient à réussir. C’est une chose très étrange ! Lorsque nous vivons notre rêve, quand nous l’atteignons, il y a un jour où tu te réveilles et tu n’es plus content, tu t’y es habitué et tu recommences à avoir des hauts et des bas ! La conclusion de tout cela est que tu ne peux pas acheter le bonheur avec de l’argent.

Mais tu peux acheter un yacht qui te permettra de t’en rapprocher comme dit David Lee Roth (rires) !

Ce qui est une théorie que je ne peux pas réfuter (rires) ! Mais, je crois que tu as tort David ! Je vois où il veut en venir, et je serais très heureux d’avoir un yacht ! Le problème, c’est : « Combien de temps serais-je heureux d’avoir ce yacht ? » Car tôt ou tard, il ne me rendra plus heureux, car je vais m’y habituer ! Et ça ne prendra plus que quelques jours avant que je me lève de mauvais-poil, pensant que la vie est à chier. Nous sommes comme ça.

Un autre point positif concernant ton album, c’est qu’il ne propose pas deux fois la même chose.

C’est une collection de plus de dix ans, c’est normal. Elles ont toutes été écrites à des périodes différentes s’étalant sur dix années. Lorsque je dois écrire de nouveaux titres pour Helloween, le tout est écrit en quatre ou cinq mois. Dans ce cas-là, il est déjà plus compliqué de ne pas te copier, car tout est concentré sur une période donnée et tes pensées vont forcément être dirigées vers cet objectif. Peut-être que tu auras de la chance et te rappelleras de quelque chose que tu avais fait tout seul dans ton coin quelques temps auparavant et qui pourrait marcher, mais sinon, le tout est composé sur une période donnée, et il est très risqué de se copier.

On retrouve la chanson « EnAmoria » que tu avais composée et enregistrée fin-2012 avec Lady's Voice dans le but de lever des fonds contre le cancer. C’était, je suppose, important pour toi de la placer sur l’album.

Je voulais proposer l’enregistrement original, car ce que tu peux entendre actuellement sur internet est l’enregistrement fait avec toutes les personnes ayant collaborées sur ce projet, qui sonne super bien d’ailleurs. Mais la chanson était vouée, et ce depuis des années, à finir sur un album solo. Actuellement, c’est également une bonne et nouvelle chance de faire connaître le site internet et tout le projet formé autour de cette cause, qui regroupe beaucoup de chanteurs et de musiciens, les gens peuvent même faire des dons s’ils le veulent. Tout va à Lady's Voice, l’argent sera donc entre de bonnes mains et servira à une vraie cause. La maman de Danny (ndlr : membre de Lady Voice, elle a été la première élève d’Andi lorsque ce dernier a commencé à donner des cours de chant) est morte d’un cancer, son père également, et c’est ce qui l’a motivée à lancer ce projet. Je souhaite vraiment pouvoir l’aider par tous les moyens.

C’est une très belle initiative.

Oui ! Tu devrais voir ces femmes, elles sont douze, et partent dans la ville pour chanter et danser partout, agitant leurs chapeaux pour collecter un peu d’argent. En un été, elles avaient réussi à collecter 16 000 euros, ce qui est fantastique ! Avec cette chanson, elles peuvent ramener encore plus d’argent, car cela peut toucher plus de personnes prêtes à donner. Je pense à des gens qui habitent au Japon ou en Amérique du Sud. C’est une bonne chose de faire une action qui rapporte et sert à une cause. Il faut dire qu’avec les Bad Bankers, on s’en prend plutôt pas mal au monde tel qu’il est en donnant des noms d’oiseaux à tous ces gens qui essaient de nous enfler, mais ça n’aide personne. C’est donc vraiment génial de pouvoir faire cette chanson et que ça serve à quelque chose. (ndlr : Pour accéder au site de Lady Voice, qui est en Allemand, vous pouvez cliquer ici !)

Peux-tu nous en dire plus concernant ce t-shirt Gene Simmons que tu portes tout le temps ? Sauf aujourd’hui bien sûr, ce ne serait pas marrant sinon (rires) !

Je dois en avoir six ou sept ! C’est comme un talisman à vrai dire. Quand tu commences une tournée  et que tu es habillé d’une certaine manière, bon ça ressemble à de la superstition, mais si le show se passe bien, tu te dis : « Qu’est-ce que je portais ? Oh ! J’avais ce t-shirt Gene Simmons ? J’avais une veste en cuir ? Des bottes ? Okay, je dois les porter encore, car c’était un super concert ! » (sourire) Je sais que c’est stupide, mais j’ai besoin de ça, de mes « trucs ». Si jamais je portais autre chose et que le concert était à chier, je te dirais que c’est parce que je n’avais pas le t-shirt Gene Simmons (rires) ! Je ne crois pas vraiment à ça, mais je ne peux l’expliquer, ça doit être comme ça et c’est tout !

Une tournée est prévue pour The Bad Bankers en 2014 ?

Ce serait un petit rêve qui se concrétiserait, pour moi et surtout pour eux, car ils n’ont jamais quitté l’île pour aller jouer leur musique en dehors. Je suis réaliste, ça n’ira pas plus loin que quelques petits clubs ici et là, ou alors quelques dates tôt dans l’après-midi sur quelques festivals. C’est peut-être trop gros pour eux, mais ce serait définitivement LE moment de leur vie (rires).

Un dernier mot ?

J’étais très triste de ne pas pouvoir jouer à l’Elysée Montmartre lorsque nous sommes venus à l’Olympia avec Helloween. Il faut dire que j’y jouais depuis, et bien, toujours (rires). Malheureusement, la salle n’existe plus, c’est comme si quelqu’un venait chez toi et te disait : « Oh, au fait, ton salon vient de brûler ! » Mais, j’étais très honoré de pouvoir jouer à l’Olympia, et je tenais vraiment à remercier tout le monde pour avoir été là ! Vous nous avez fait vivre une expérience incroyable, et alors qu’actuellement nous tournons aux Etats-Unis et au Canada, nous continuons de parler de l’Olympia. J’espère que vous avez vécus un moment aussi génial que nous, mais bon, j’ai vu que toutes les mains étaient levées ce soir-là, donc je ne m’en fais pas trop. Un grand merci à tous, et j’espère tous vous revoir bientôt dans cette superbe salle.

802 vuesPar Jimmy Jetsam

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