Chronique Amplifier - Echo Street

21 Mars 2013
Amplifier - Echo Street

Après le magistral The Octopus, précédent opus de la bande, auto-produit et filant une claque à toute bonne oreille bien éduquée. Amplifier revient finalement vers nous et ce après une signature chez KScope Music (maison d’Anathema et Steven Wilson pour ne citer qu’eux) avec un album au nom sympathique d’Echo Street. A l’instar des autres locataires de KScope, la musique du combo s’avère être une porte vers un autre monde, grosses ambiances, belles mélodies, tout semble réuni pour nous pondre un album des plus plaisants.

Et ce n’est pas le titre Matmos, chargé d’ouvrir la galette qui me fera dire le contraire, avec ses chœurs envoutants, ses riffs presque Led Zeppiens dissimulés par-ci par-là et surtout son ambiance qui va crescendo tout le long du morceau, offrant un joyeux bordel à la beauté insoupçonnée. Changement de cap dès le deuxième morceau, judicieusement intitulé The Wheel, qui lui part plus vers une ambiance des plus dérangeantes, donnant l’impression de ne jamais se sortir d’un cauchemar, de toujours revenir au point de départ. Le tout est rondement bien mené, pour vous donner un exemple : lorsque pour je ne sais quelle raison, alors que vous êtes à quatre minutes d’écoute, vous décidez de revenir en arrière dans le morceau et choisissez de revenir, je ne sais pas, mettons aux alentours de deux minutes, vous n’avez aucunement la sensation que la nouvelle partie sonore que vous entendez ne colle pas avec ce qui était joué une seconde auparavant. C’est tout de même très fort, rarement une chanson aura été aussi bien nommée. La profondeur de ce morceau n’a aucune limite, Amplifier nous emmène dans une roue et tout n’est qu’un recommencement éternel. Très fort.

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant d’un titre expérimental comme Extra Vehicular qui malgré sa tronche bien sympathique ne parvient pas à refaire décoller l’auditeur après la claque qu’est The Wheel, paraissant purement et simplement fade à côté. Malheureusement, beaucoup de titres de l’album vont souffrir de cette comparaison, presque obligatoire. Des morceaux comme Where The River Goes, Paris In The Spring ou Echo Street parviennent pourtant à tirer leur épingle du jeu, grâce à des qualités de compositions qu’il n’est plus utile de reconnaître à Sel Balamir et à son groupe. Le tout emmène très loin, si bien sur on se laisse prendre par la main. Pourtant, le groupe offre bien trop d’informations à ingurgiter à l’auditeur, on ne sait pas vraiment où ces derniers souhaitent se diriger, et ce malgré plusieurs écoutes. On se souviendra que Balamir avait annoncé des nouveautés pour Echo Street, il n’y a pas à dire, nous sommes servis. The Octopus, précédent album du combo, avait le mérite d’être clair dans sa démarche et offrait véritablement une image de ce qu’allait pouvoir devenir Amplifier dans le futur. Les cartes sont pourtant redistribuées avec ce nouvel opus, là ou l’on pensait voir une confirmation, une finalité, le groupe n’offre que plus de questionnements.

Je ne dis pas qu’Amplifier doit sombrer dans une démarche qui sera la même d’albums en albums, ce n’est pas possible vu l’appétit musical des membres qui composent le groupe. Je parle simplement de ligne directrice, d’un certain attrait pour une chose simple : la clarté. Très franchement, j’applaudis des deux mains sur des titres comme Matmos, The Wheel, Paris In The Spring, Echo Street ou encore Mary Rose, qui à eux tous offrent une certaine violence dans sa beauté la plus pure, ou encore une certaine beauté dans sa pureté la plus simple. Cependant, il y a trop de choses à digérer pour bien comprendre ce qu’est Amplifier, ce qu’est leur univers, ou devrais-je dire leurs univers. Tout se mélange afin de former un tout à la fois cohérent et incohérent.

Amplifier se cherche encore et se cherchera probablement toujours, l’appétit de Sel Balamir et du groupe semble être insatiable. Pour preuve, un cinquième opus est déjà dans les tuyaux. Opus que l’on espère être plus clair dans sa démarche. Car même si ce défaut principal peut venir gâcher l’appréciation d’Echo Street, ce dernier n’en reste pas moins un excellent album, qui saura vous emmener bien loin (attention à ne pas se perdre !), on regrettera peut-être une organisation hasardeuse de la track-list (The Wheel en seconde position n’est clairement pas un bon choix) qui navigue entre l’excellence et les bons moments, on ne sent pas une progression claire, qui monte crescendo et qui aurait pu être l’élément à apporter afin d’offrir à cet album, la cohésion qui lui manque tant.

2322 vuesPar Jimmy Jetsam

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